Après avoir envoyé son adversaire Jaime Herrera au tapis trois fois au cours du combat, Steven Butler (23-1-1, 20 K.-O.) a finalement forcé l’arbitre Yvon Goulet à stopper le combat après 2:00 au 10e et dernier round.

Butler règle ses comptes avec Herrera

MONTRÉAL — Toute la semaine, Steven Butler a dit avoir des comptes à régler face à Jaime Herrera. Il a remis les pendules à l’heure, samedi, au Casino de Montréal.

Les deux hommes s’étaient livré un nul majoritaire le 20 juin 2015, au Centre Bell. Deux juges avaient donné 75-75, mais le troisième avait octroyé le combat 77-74 à l’Américain. Butler avait ce résultat sur le cœur.

Après avoir envoyé son adversaire au tapis trois fois, Butler (23-1-1, 20 K.-O.) a finalement forcé l’arbitre Yvon Goulet à stopper le combat après 2:00 au 10e et dernier round d’un combat au cours duquel le Montréalais aura beaucoup appris.

Herrera (15-6-1, 8 K.-O.) venait d’essuyer une combinaison de crochets de la gauche et de la droite au visage, qui, sans l’envoyer au tapis, l’a fait vaciller. Butler a senti l’occasion et a pourchassé son adversaire jusqu’à l’autre bout du ring, où il a continué de le marteler, jusqu’à ce que Goulet s’interpose.

Ce combat a également laissé des traces. Butler n’a pas pu rencontrer les médias après la soirée, devant recevoir des points de suture à l’œil gauche. Il s’est également blessé à l’épaule, ce qui l’a empêché de lever les bras au ciel à la suite de sa victoire.

«D’habitude, on ne parle pas de blessures, je ne devrais peut-être pas vous dire cela, a souligné son entraîneur, Rénald Boisvert. Je ne sais pas s’il est blessé au haut du corps ou au bas du corps!» a-t-il ajouté à la blague, en imitant les méthodes utilisées dans la LNH.

Butler a dominé ce combat de bout en bout, sauf peut-être pour un bref moment au cinquième. Ça ne veut pas pour autant dire qu’il a livré un combat parfait: Boisvert avait plusieurs choses à reprocher à son protégé quand il a rencontré les journalistes.

«Bien que je sois inspiré par cette victoire, je suis aussi un peu déçu, a-t-il admis. Il y a encore beaucoup de choses que nous devrons améliorer. C’était un combat facile par moment, mais difficile en d’autres occasions.

«Quand il a suivi le plan de match — jabs, aller de haut en bas — c’était facile pour lui, il se donnait des ouvertures pour les coups en puissance. Mais quand il perd sa concentration, il ne lance plus son jab ou il se laisse emporter.»

Boisvert souhaiterait également que son protégé ne croie pas que le combat est terminé avant qu’il ne le soit vraiment.

«Son histoire de push-ups au troisième round, je n’ai pas aimé ça. [...] Il ne faut jamais prendre ses adversaires à la légère. Ce n’est jamais terminé tant que ce n’est pas terminé.»

Départ canon

Il avait amorcé le combat en force, lançant plusieurs jabs incisifs dès le premier round, fracturant le nez de son adversaire. Au round suivant, il a envoyé l’Américain deux fois au tapis. La première fois à la suite d’un percutant crochet du gauche, lancé sans avertissement. La deuxième, avec à peine une seconde à faire dans l’affrontement, après avoir essuyé une pluie de coups.

Butler a varié les plaisirs au troisième, boxant en position gaucher une bonne partie de l’assaut, remportant la grande majorité des échanges. Boisvert a toutefois précisé que sa blessure à l’épaule n’était peut-être pas étrangère à ce changement de tactique.

Après un quatrième plus tranquille, mais de nouveau dominé par Butler, Herrera a connu ses meilleurs moments au cinquième, atteignant solidement le Montréalais en quelques occasions, notamment d’un puissant crochet du gauche, qui a assurément fait réfléchir son adversaire. Ce cinquième assaut a d’ailleurs laissé des marques: Butler est revenu avec l'œil gauche tuméfié au sixième.

Au septième, Herrera a visité le tapis une troisième fois en tombant dans le piège tendu par Butler, qui lui a asséné une solide droite qui a laissé l’Américain «knocké» debout. Un crochet de gauche l’a finalement envoyé au tapis, mais Herrera s’est de nouveau relevé.

Même s’il a paru fatigué, Butler a disposé de suffisamment d’énergie pour continuer son travail de démolition jusqu’au 10e.

Maintenant, Camille Estephan, président d’Eye of the Tiger Management, souhaite donner un combat significatif à Butler le 23 juin — s’il est en mesure de reprendre rapidement l’entraînement — avant de lui offrir un combat revanche contre Brandon Cook en septembre.

Butler retirera beaucoup 

Rénald Boisvert n’était pas le plus satisfait des entraîneurs à la suite de la victoire de Steven Butler, samedi, au Cabaret du Casino de Montréal.

Pourtant, Butler (23-1-1, 20 K.-O.) venait de signer une divertissante victoire par arrêt de l’arbitre à 2:00 du 10e round face à l’Américain Jaime Herrera (15-6-1, 8 K.-O.) pour mettre la main sur le titre international des super mi-moyens de l’International Boxing Organization (IBO).

Boisvert en avait surtout contre l’attitude de son protégé au cours de ce combat, qui n’a pas suivi le plan de match à la lettre.

«On s’était entendu sur un plan de match: Steven devait le suivre», a-t-il souligné en plusieurs occasions après le combat de samedi. Mais le vétéran entraîneur est ravi d’une chose: Butler aura emmagasiné un bon bagage d’expérience.

«C’est une bénédiction du ciel (d’avoir fait un si long combat). Nous, on voulait voir ça. Si l’arbitre avait arrêté ça au deuxième (après les deux chutes au tapis d’Herrera), ça aurait été trop parfait. Je n’aurais pas vu ce que j’ai vu. Donc, les huit autres rounds qu’il a faits nous ont montré ce qui devait être fait. Il doit encore travailler sa discipline.

«C’est certain que ce combat-là, ça va être un gain énorme pour Steven. Les pompes qu’il a faites: c’était mauvais. La mentalité qu’il avait à partir du troisième: c’était mauvais. Le prochain combat, il ne fera pas ces ‘niaiseries’-là. Il va avoir la même attitude tout au long du combat. C’est la seule façon d’éviter les problèmes. On doit respecter nos adversaires: un combat ce n’est jamais fini. On a beau envoyer quelqu’un au plancher, qu’il soit plein de sang, presque mort même: il peut revenir de ses cendres. C’est ce qu’a fait Herrera. C’est ce qu’il avait fait dans le premier combat.»

Dans ce premier affrontement, en juin 2015, Butler avait - comme samedi - dominé la première portion du combat. Mais Herrera était parvenu à soutirer un verdict nul majoritaire, l’un des trois juges le voyant même gagnant.

«Je pense qu’il a appris maintenant, a dit Boisvert. Certains prennent plus de temps à comprendre. Steven, je pense, après ces 10 rounds-là, il va avoir appris quelque chose.»

Blessé à l’épaule et coupé à l’oeil gauche pendant le combat, Butler devra prendre quelques semaines pour se remettre d’aplomb. Mais déjà, Camille Estephan, président d’Eye of the Tiger Management (EOTTM) a des projets pour lui.

«Brandon Cook (qui lui a infligé sa seule défaite en carrière) se bat en mai. De notre côté, Steven va se battre le 23 juin. On va annoncer de quoi pour lui bientôt, a affirmé Estephan. Cook, j’aimerais le voir en septembre. Steven est prêt pour lui. La dernière fois, il l’a battu. Félicitations, bravo pour lui. Mais sur 10 combats, il gagnerait une fois et c’est le combat qu’il a livré la dernière fois.»

Braidwood-Kean

Le promoteur est également revenu sur l’éventuel choc des poids lourds entre Simon Kean et Adam Braidwood, qui a participé au gala de samedi.

«On attend que Simon gagne la semaine prochaine (contre Ignacio Esparza). On va faire ce combat-là le 16 juin, au Québec. Le contrat est signé. Ça va être à Shawinigan, Montréal ou Québec», a dit Estephan, avant d’ajouter que la Place Bell de Laval serait aussi considérée.

Ce combat, EOTTM et le clan Braidwood en salivent depuis que celui-ci a passé le K.-O. à Éric Martel-Bahoeli à Québec, en février 2017. Le Britano-Colombien doit entre-temps affronter Hugo Leon, le 28 avril.

Lemieux: ça augure mal

Ça augure moins bien pour le prochain combat de David Lemieux. Le Québécois devait assurer la demi-finale du combat d’unification des moyens entre Saul «Canelo» Alvarez et le Kazakh Gennady Golovkin lors du traditionnel gala du Cinco de Mayo, mais le Mexicain a échoué un test antidopage en février, confirmé par l’analyse de son échantillon B.

Alvarez doit rencontrer la Commission athlétique du Nevada le 10 avril et il risque une suspension. Estephan croit qu’il devra se tourner vers son «plan B».

«Il faut toujours regarder d’autres options, mais ça ne regarde pas bien (pour le Cinco de Mayo). On va annoncer de quoi bientôt. C’est possible qu’on rapatrie David au Québec. Quand il se bat ici, c’est un ‘happening’. Il fait partie du 1 pour cent des boxeurs mondiaux. Ce serait le ‘fun’ de le voir ici.»

Reste maintenant à connaître le nom de son adversaire, la date et le lieu de ce combat. Si le duel entre Adonis Stevenson et Badou Jack a lieu tel que prévu le 19 mai au Centre Bell - l’événement n’apparaît plus au calendrier d’evenko -, il reste peu d’options pour placer un autre gala d’envergure en mai.

Par contre, si Stevenson gagne sa bataille face à Groupe Yvon Michel et que le combat n’a pas lieu à Montréal, soudainement, le Centre Bell deviendrait disponible. Des dossiers à suivre.