Bute happé par la tempête Alvarez

Pour la deuxième fois de sa longue et brillante carrière, Lucian Bute a été mis hors de combat, vendredi soir, au Centre Vidéotron de Québec. Une tempête nommée Eleider «Storm» Alvarez l'a soufflé au tapis avec deux solides droites au visage, au cinquième round.
«Je retourne chez moi avec ma famille, j'ai besoin de repos. Je vais ensuite m'asseoir avec mon équipe. Mais je ne peux pas dire que je prends ma retraite. Dans deux mois ça pourrait changer, mais en ce moment, j'ai le goût de continuer», a commenté le perdant par knock-out technique à 2 min 22 de la cinquième reprise.
Un combat livré devant 7842 spectateurs dont Bute (32-4-1, 25 K.-O.) n'avait pas à rougir jusque-là. L'ancien champion du monde IBF des 168 lb envoyait plus de coups qu'Alvarez (22-0, 11 K.-O.), en quantité. Il était en avance sur la carte de deux des trois juges. Mais en puissance, Alvarez avait l'ascendant.
À la boxe, ça ne prend qu'un coup de poing, a répété Bute. Là, c'est deux lourdes droites en pleine tronche qui l'ont envoyé valser. Le vétéran qui aura 37 ans mardi a réussi à se relever avant la fin du compte, mais l'arbitre Marlon B. Wright ne l'estimait pas assez solide sur ses jambes et a mis fin à la soirée.
Alvarez demeure champion silver de la WBC et s'installe encore plus confortablement dans le siège qu'il occupe depuis 15 mois d'aspirant obligatoire au titre mondial des 175 lb du WBC, détenu par Adonis Stevenson.
Le promoteur Yvon Michel promet maintenant que son prochain combat en sera un de championnat du monde, que ce soit contre Stevenson, aussi de l'écurie menée par Michel, ou encore celui qui pourrait le battre le 29 avril, à New York.
Comme Stevenson, Alvarez est un mi-lourd naturel, contrairement à Bute, d'ordinaire un super-moyen. La différence s'est révélée dans la puissance des coups, qu'Alvarez encaissait sans trop broncher.
Bute vient de la Roumanie et Alvarez est Colombien d'origine. Les deux Québécois d'adoption portaient la culotte bleue et blanche ornée de la fleur de lys, Bute avec le blanc prédominant et Alvarez, le bleu.
«Mon cadeau de Noël»
Alvarez, 32 ans, vit à Montréal sans sa femme et sa fille. Qu'il n'a même pas visité à Noël, question de se consacrer entièrement à sa préparation pour Bute. «Je viens de trouver mon cadeau de Noël!» a lancé le vainqueur aux spectateurs, qu'il a remerciés même si la majorité supportait Bute.
Contrairement à son habitude, son entraîneur, Marc Ramsay, s'est montré très démonstratif à la confirmation de la victoire de son protégé. Celui qui a tenté de déranger l'adversaire dans les jours précédents avec ses commentaires, dont il se serait d'ailleurs excusé dans le ring, a rappelé une promesse faite à Alvarez au début de leur association, en 2009. «J'avais promis un titre de champion du monde à Eleider et on se rapproche du but», a commenté Ramsay.
La dernière fois que Bute n'a pas pu retrouver ses esprits à temps comme vendredi soir, c'était lors de sa retentissante défaite aux mains de Carl Froch, en mai 2012, en Angleterre. Aussi au cinquième round. Bute n'a depuis gagné que deux fois en six combats.
Dans l'assistance, les visages les plus connus de la boxe québécoise étaient Jean Pascal, hué par une partie de la foule, Artur Beterbiev, Kevin Bizier et le légendaire Fernand Marcotte.
Pascal pourrait ensuite se mesurer à Bute, comme l'a suggéré le promoteur Yvon Michel, cette semaine. Avant de défier Alvarez, Bute négociait d'ailleurs une revanche avec Pascal, présent à la conférence de presse d'après-combat.