Bruno Langlois heureux comme s'il avait gagné

Plus de 180 km sur 200. Autrement dit, le coureur de Québec Bruno Langlois a passé presque toute la course en tête, vendredi. Peut-être son dernier Grand Prix de Québec et sans contredit son meilleur.

Oubliez sa 76e position, qui se range en fait au sixième rang sur ses sept participations à cette épreuve World Tour, et son retard à l’arrivée de 1min35 sur le vainqueur Michael Matthews. Langlois, 39 ans, toutes ses dents, mais plus tous ses cheveux, a connu «une journée exceptionnelle», selon ses propres dires.

Avec son coéquipier de l’équipe canadienne Alex Cataford, d’Ottawa, d’un autre Canadien de la Saskatchewan, Rob Britton, aussi vétéran de l’équipe Rally, du Sud-Africain Nicolas Dougall (Dimension Data) et de l’Israélien Guy Sagiv (Israël Cycling Academy), Langlois a offert un spectacle splendide du premier à l’avant-dernier des 16 tours du circuit de 12,6 km.

«Enfin, finalement! Mission accomplie! C’est la première fois que je suis dans l’échappée au Grand Prix de Québec. C’était toujours mon objectif et je n’avais jamais réussi. Pour moi, c’est un peu comme une victoire», a commenté après la course celui que ses amis et admirateurs surnomment affectueusement Bru.

Ils étaient d’ailleurs nombreux à scander son nom en bordure du parcours où une importante foule s’est massée tout au long de l’après-midi. Là est peut-être la raison pourquoi Langlois et Britton se sont même offert une courte prolongation en compagnie du Britannique Peter Kennaugh, qui les avaient rattrapés, avant de se ranger tous deux dans le peloton.

«Si c’est mon dernier, je vais finir ça sur un bon souvenir», s’est ensuite réjoui celui qui n’ose plus annoncer la fin de sa carrière sportive professionnelle, comme il l’a déjà fait par le passé.

«Je vais continuer à faire du vélo, c’est ma passion, ma vie.» Il est coach d’entraînement et propriétaire du café-boutique Vélo Cartel, à Vanier. «Mais faut voir à quel niveau et quelle sera ma motivation, l’an prochain. Je vais y aller au jour le jour, comme cette année, si encore le goût et encore sélectionné, je vais sûrement dire oui», admet Langlois, qui se promettait de très bien dormir vendredi soir «après une bonne bière ou deux».

D’un Peter à un autre

Kennaugh a pour sa part tenté le grand coup vers la fin, mais pour être avalé par le peloton à un peu plus de 500 mètres de l’arrivée. S’en est suivi un sprint entre les grosses pointures.

Quand le représentant de l’équipe battant pavillon allemand Bora-Hansgrohe Kennaugh s’est échappé au 15e tour sur 16, juste devant le traversier sur son élan pour grimper la côte de la Montagne, on a cru que peut-être, ce serait d’un Peter à un autre. Son coéquipier de la Bora-Hansgrohe Peter Sagan a gagné à Québec en 2017 et en 2016.

Kennaugh a finalement pris le 53e rang, à 22 s. Il a quand même décroché le titre de meilleur grimpeur de l’épreuve et, de la scène, a lancé ses fleurs dans la foule réunie sur Grande Allée, bouquet attrapé par... un spectateur d’âge mûr.

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BOIVIN FREINÉ AU SPRINT

Guillaume Boivin a beau porter le maillot de l’équipe Israël Cycling Academy, le Montréalais de 29 ans a encore terminé premier chez les Canadiens. Mais il se sentait mieux qu’une 21e place. Une collision devant lui entre coéquipiers de Groupama--FDJ dans le sprint massif de la fin de course l’a empêché d’avancer. Dommage, mais pour un gars qui s’est «cassé le tibia il y a trois mois, je suis content de ma journée. On va récupérer et revenir pour Montréal».

De son côté, Hugo Houle semblait déçu de la tournure des événements pour lui et son équipe, Astana. La fierté de Sainte-Perpétue aurait aimé pouvoir tenter sa chance au final, mais même en l’absence du sprinteur Magnus Cort, resté à l’hôtel pour maladie, il a dû travailler en amont pour ses coéquipiers Michael Valgren (9e) et Jakob Fuglsang (46e, à 7 s). Houle tenait néanmoins à franchir l’arrivée, ce qu’il a fait au 123e et dernier rang, 9min35 après le gagnant. 

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