Charles Rousseau

Brousseau, le pilier d'une jeune défensive

Le match de dimanche contre le Rouge et Or pourrait être le dernier de Charles Brousseau dans sa région natale. Véritable «machine à plaquer», aux dires de son coach, le secondeur du Vert & Or de Sherbrooke espère toutefois obtenir un essai professionnel avant d’accrocher ses crampons.

L’athlète de 24 ans originaire d’Issoudun, dans Lotbinière, mettra bientôt fin à cinq saisons de football avec le Vert & Or. Mais avec 31 plaqués enregistrés en six rencontres, il se classe troisième de la conférence et connaît ses meilleurs moments individuels, malgré les difficultés de son équipe (1-5).

«C’est moi le gars qui mène la défensive depuis le début de l’année», atteste avec humilité l’ancien du Cégep de Lévis-Lauzon, joint au téléphone en préparation pour la visite du Vert & Or au stade de l’Université Laval. En cinq ans, son rôle a changé, l’équipe aussi.

«J’ai vécu deux ères. Quand je suis arrivé en 2014, on avait l’ambition de gagner chaque match. On avait une équipe mature, avec Jérémi Roch, Vincent Cléroux, Olivier Goulet-Veilleux. Mais ensuite, le recrutement n’a pas été super fort et j’arrive à ma dernière année avec une équipe très, très jeune. C’est complètement différent», dit Brousseau, sans s’en plaindre.

Il s’applique à enseigner auprès de ses coéquipiers plus jeunes et de «leur léguer plus qu’un nombre de victoires et de défaites. On essaie de faire de notre mieux sur chaque jeu et on regardera le pointage à la fin», résume celui qui se voit devenir entraîneur.

«Pas pris dans un pain»

Mais d’ici là, le bonhomme de 6’ et 235 livres travaille à «ouvrir les yeux d’équipes professionnelles», selon l’entraîneur-chef Mathieu Lecompte.

Même s’il a participé à un camp d’évaluation régional de la Ligue canadienne de football (LCF), en mars, puis a eu des pourparlers avec certaines formations, aucun club n’a retenu ses services lors du repêchage ou après. «Ça m’intéresse encore, mais je ne base pas 100 % de mes plans là-dessus», répond avec réalisme celui qui sera bachelier en kinésiologie en décembre 2019.

Le patron, lui, croit en son numéro 48. Il vante son éthique de travail irréprochable et son leadership. Et plus. «Charles occupe une position demandée pour des joueurs canadiens. Il est très mobile, il n’est pas pris dans un pain. Sa mobilité va lui ouvrir des portes sur les unités spéciales, qui représentent le tiers de la game au football canadien.»

Brousseau gagne à côtoyer Kevin Régimbald, coordonnateur des unités spéciales chez le Vert & Or. Régimbald a joué comme secondeur à Sherbrooke avant de faire le saut dans la LCF.

Brousseau s’inscrit en fait dans une longue lignée de joueurs de ce type développés au fil des ans à l’Université de Sherbrooke qui ont ensuite enfilé un gilet de la LCF. Pierre-Luc Labbé, un autre gars de la région de Québec, a été le premier, avec Winnipeg. Alexandre Gagné et Alexandre Chevrier font actuellement leur place au sein des unités spéciales en Saskatchewan. Olivier 

Veilleux-Goulet suivait aussi cette trajectoire, à Ottawa, avant de se casser une jambe en plein match, en 2016.