Mike Trout, des Angels de Los Angeles, est devenu en 2016 le premier joueur de l'Américaine à être nommé le joueur le plus utile au sein d'une équipe perdante depuis Alex Rodriguez (Texas), en 2003.

Briller dans une équipe perdante

Bien après que ses coéquipiers eurent quitté le terrain, Joey Votto poursuivait l'entraînement en captant des roulants ou en effectuant des relais. Au sein des Reds de Cincinnati, une équipe en reconstruction, l'un des meilleurs joueurs des majeures reprend le boulot.
«Tant que je suis sur le terrain, j'ai le sentiment que je suis un des joueurs pouvant créer une atmosphère gagnante ici», a mentionné Votto. «Même si j'ai des objectifs personnels et des responsabilités, la priorité reste la victoire et la chance de vivre de grandes choses en octobre.»
Les derniers mois d'octobre ont été plutôt ternes pour les Reds, même si Votto est considéré comme un des meilleurs frappeurs du baseball. Le joueur de premier but est un des nombreux joueurs à présenter d'excellentes statistiques au sein d'une formation perdante.
Votto, Nolan Arenado (Colorado) et Freddie Freeman (Atlanta) ont terminé dans le top 7 pour le titre du joueur le plus utile de la Nationale, la saison dernière. Si on combine la fiche de leurs équipes, elles ont terminé 63 parties sous la barre de ,500.
Dans le cas de Mike Trout (Angels de Los Angeles), il est devenu le premier joueur de l'Américaine à être nommé le joueur le plus utile au sein d'une équipe perdante depuis Alex Rodriguez (Texas), en 2003. Il est également le cinquième à réussir l'exploit avec Ernie Banks (1958 et 1959, Cubs de Chicago), Andre Dawson (1987, Cubs de Chicago) et Cal Ripken (1991, Oriole de Baltimore), tous des membres du Temple de la renommée du baseball.
«Je déteste perdre. Ce n'est pas plaisant et c'est difficile. J'ai eu des honneurs individuels, mais je suis plus intéressé à gagner la Série mondiale», a insisté Arenado, qui a frappé 41 circuits et produit 133 points la saison dernière.
Dans un groupe sélect
Selon le site Baseball-Reference, qui compile des statistiques datant de 1871, Votto et Trout sont les seuls membres actifs d'un groupe de 23 joueurs à avoir maintenu en une saison une moyenne au bâton de ,300, un pourcentage de présence sur les sentiers de ,400 et une moyenne de puissance de ,500 avec un minimum de 400 apparitions au marbre. Ça n'a toutefois pas été suffisant pour permettre à leur équipe de grimper au classement.
Âgé de 25 ans, Trout a maintenu une moyenne de ,315 avec 29 circuits, 100 points produits et 30 buts volés, mais les Angels ont terminé au quatrième rang de la section Ouest de l'Américaine. Il a marqué 17 % des points de sa troupe, le plus haut pourcentage de l'Américaine depuis Rickey Henderson (Yankees de New York), en 1985.
Le voltigeur de centre a aussi été nommé le joueur le plus utile en 2014 et il a terminé deuxième lors de trois de ses cinq premières saisons dans les majeures. Il n'a cependant pris part qu'à une seule série, lorsque les Royals de Kansas City ont balayé les Angels, il y a trois ans.
«C'est évidemment très frustrant», a avoué Trout. «Tu veux participer aux séries parce que c'est amusant. Vous avez vu la Série mondiale cette année, tout le monde veut vivre cette atmosphère.»
Votto et les Reds ont quant à eux participé aux séries trois fois en quatre ans, entre 2010 et 2013, mais leur présence a été de courte durée. Depuis, les succès se font attendre à Cincinnati. L'équipe a perdu 98 matchs en 2015  et 94 l'année dernière.
Pendant que les Reds s'effondraient, Votto maintenait une moyenne de ,326 avec 29 circuits et 97 points produits, l'année passée. Son pourcentage de présence sur les buts de ,434 a été le meilleur de la Nationale pour une cinquième fois.