L’ancien secondeur intérieur des Bears de Chicago, Brian Urlacher, sera intronisé au Temple de la renommée de la NFL, samedi.

Brian Urlacher rejoindra d’autres légendes des Bears au Temple

La barre était haute pour Brian Urlacher lorsque les Bears de Chicago l’ont repêché en première ronde en 2000.

Pourquoi haute? Car, chez les Bears, la position de secondeur intérieur est synonyme d’excellence. Succéder à Bill George, Dick Butkus et Mike Singletary, tous intronisés au Temple de la renommée, peut amener son lot de pression. 

Samedi, à Canton, en Ohio, Urlacher recevra l’ultime confirmation qu’il a su marcher dans les pas de ces grands joueurs, lui qui rejoindra le trio chez les immortels du football. 

«Être admis au Temple de la renommée ne m’a jamais effleuré l’esprit quand je jouais», souligne Urlacher, qui a reçu son laissez-passer en février dernier, à sa première année d’éligibilité. «Tous les astres doivent être alignés. Tu dois demeurer en santé, bien jouer avec constance et faire préférablement partie d’équipes gagnantes.»

Urlacher, maintenant âgé de 40 ans, s’est surtout illustré grâce à sa grande vitesse, ce qui lui a permis de se glisser à merveille dans le schéma défensif de son ancien entraîneur, Lovie Smith, qui demandait régulièrement à son secondeur de jouer un rôle similaire à un demi de sûreté en couverture de passe. 

«J’ai eu le privilège de diriger plusieurs bons secondeurs, et Brian était taillé sur mesure pour mon système», a dit Smith, qui a atteint le XLIe Super Bowl avec Urlacher (défaite de 29-17 contre les Colts d’Indianapolis). 

Un défenseur qui attaque

Smith le savait déjà lorsqu’il est devenu entraîneur-chef des Bears en 2004, alors qu’Urlacher venait de participer au Pro Bowl à chacune de ses quatre premières saisons dans la NFL. Puis, Smith a immédiatement découvert la mentalité d’attaque du secondeur natif de Pasco, dans l’État de Washington. 

«Il m’a dit : “Coach, si on veut obtenir de nombreux revirements et mener la ligue à ce chapitre, est-ce qu’on doit attendre que l’adversaire nous donne le ballon? Non, on doit aller le chercher”», se souvient Smith. «Brian considérait que le boulot de la défense était de voler le ballon à l’attaque adverse. C’est sa façon de penser qui a inspiré toute notre unité défensive.»

D’ailleurs, aucune défensive n’a soutiré le ballon plus souvent que les Bears pendant les neuf saisons au cours desquelles Urlacher et Smith ont fait équipe. 292 fois, plus précisément, ce qui veut dire que les Bears ont «volé» le ballon plus de 32 fois par saison pendant cette période, donc deux fois par match. Urlacher, lui, a réussi 22 interceptions et recouvré 16 échappés pendant sa carrière, des chiffres qui ne sont inférieurs qu’à ceux de celui qui entrera en même temps que lui au Temple : Ray Lewis (31 interceptions, 20 échappés recouvrés). 

En 13 saisons, Urlacher a également récolté 41,5 sacs et terminé sa carrière au premier rang de l’histoire des Bears pour les plaqués. Ajoutons à ces statistiques, pour comprendre pourquoi il été élu, son titre de recrue défensive de l’année en 2000 et de joueur défensif de l’année en 2005, ses cinq sélections sur l’équipe d’étoiles de fin de saison et ses huit participations au Pro Bowl. Un palmarès qui suscite l’admiration.

«Brian était le meilleur», confie le quart-arrière des Packers Aaron Rodgers, qui a souvent joué contre Urlacher, Chicago et Green Bay étant des rivaux de division. «Il est possiblement le joueur le plus intelligent que j’ai affronté. Il lisait bien le jeu et avait un instinct incroyable. Puis, il jouait le jeu proprement, dans le respect de ses adversaires.»

Pourtant, Urlacher ne semblait pas destiné à devenir une légende du football, lui qui n’a pas reçu d’offre d’une université importante, lui qui a disputé sa carrière dans la NCAA au Nouveau-Mexique. 

Mais son entraîneur, après avoir brièvement hésité à le faire jouer comme secondeur, a rapidement décelé le talent de son nouveau joueur. 

«Il était un véritable missile dès son arrivée avec nous», se souvient l’entraîneur des Lobos à l’époque, Dennis Franchione. «En plus, il était un jeune homme très intelligent, très facile à diriger. Il a rendu ses coéquipiers meilleurs. Et je pourrais vous dire ce genre de choses pendant plusieurs heures...»