Brian McKeever, que l’on voit ci-dessus guidé par Graham Nishikawa, a remporté une troisième médaille d’or paralympique de suite au 20 km en ski de fond (catégorie déficience visuelle), mercredi à PyeongChang.

Brian McKeever, roi des athlètes paralympiques

PYEONGCHANG — Brian McKeever a écrit une page d’histoire en remportant une 14e médaille paralympique en carrière, lundi aux Jeux paralympiques de PyeongChang.

Porte-drapeau du Canada lors de la cérémonie d’ouverture, l’Albertain de 38 ans a enrichi son palmarès en remportant la médaille d’or au 20 km hommes, catégorie déficience visuelle, en ski de fond, avec ses guides Graham Nishikawa et Russell Kennedy.

McKeever a surpassé la skieuse Lana Spreeman, qui avait remporté 13 médailles en carrière. Il est ainsi devenu l’athlète canadien le plus décoré de l’histoire des Jeux paralympiques d’hiver.

Participant à ses cinquièmes Paralympiques, McKeever compte 11 médailles d’or dans sa collection, soit trois de plus que Lauren Woolstencroft, l’athlète paralympique d’hiver canadienne qui le suit au classement des athlètes les plus décorés.

«Je n’étais pas au courant de ce record, mais c’est vraiment formidable», a dit McKeever. «Je pense qu’avant tout, cela témoigne de la qualité de notre programme dans son ensemble. Il y a tellement de grands skieurs qui nous ont ouvert la voie, notamment mon frère Robin qui est maintenant notre entraîneur, et Colette Bourgonje.

«Aujourd’hui, c’est formidable de faire partie de la nouvelle génération avec Mark [Arendz], Collin Cameron et des jeunes femmes comme Emily [Young], Brittany [Hudak] et Natalie [Wilkie], qui sont prêts à prendre le flambeau. Je suis tellement heureux d’être auprès d’eux cette semaine et de les encourager.»

Ce n’est pas la première page d’histoire que McKeever écrit. En 2010, il avait été nommé dans les équipes olympique et paralympique canadiennes. Il n’avait finalement pas été appelé par les entraîneurs à participer à une des épreuves des Jeux olympiques de Vancouver. Un mois plus tard, guidé par son frère Robin, il avait gagné trois médailles d’or aux Jeux paralympiques.

Autre jeu blanc

En hockey sur luge, le Canada a continué à mener la vie dure à ses adversaires. Il a terminé la ronde préliminaire sans accorder de but. Mercredi, le gardien Dominic Larocque (Shannon) a signé un jeu blanc de 8-0 contre la Norvège. Plus tôt dans le tournoi, le Canada avait rossé la Suède 17-0 et l’Italie 10-0.

«Nous avons plutôt bien joué, même si cela nous a pris un peu de temps avant de décoller, peut-être parce que nous avons fait face à moins de résistance à nos deux premiers matchs, contrairement à cette fois-ci», a confié Larocque à l’agence Sportcom. «La Norvège est une équipe qui joue très bien défensivement. Une fois que nous trouvé la façon d’entrer dans leur zone, c’est là que le score a commencé à débouler.»

Cible de 27 tirs, le Norvégien Kjell Christian Hamar en a eu plein les bras, tandis que Larocque n’a été mis à l’épreuve que cinq fois. «J’ai dû garder ma concentration jusqu’en fin de troisième période avant de recevoir quelques lancers.»  La Presse canadienne

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LENA A FAIT SA PLACE DANS UN MONDE D'HOMMES

La Norvégienne Lena Schroeder est la seule femme dans la discipline la plus physique des Jeux paralympiques :  le hockey sur luge. Contrairement aux Jeux olympiques, le Comité international paralympique ne distingue pas un tournoi masculin et un tournoi féminin.

«Je veux être prise au sérieux ici en tant que joueuse et non en tant que femme», a martelé la Norvégienne de 24 ans avant le début du tournoi paralympique à PyeongChang, en Corée du Sud.

Pays traditionnel du ski nordique, la Norvège n’en est pas moins une nation forte sur la glace. Habituée aux podiums aux Paralympiques, elle est la nation la plus médaillée, montée à cinq reprises sur six sur la «boîte» depuis l’apparition au programme de la discipline en 1994, dont une fois en or en 1998. Toutefois, elle a raté son début de compétition sud-coréenne, battue d’entrée à la surprise générale par l’Italie (3-2), puis par le Canada (8-0).

La Norvégienne Lena Schroeder est la seule femme à participer au tournoi olympique de hockey sur luge.

«Je suis habituée à être la seule femme de l’équipe et tout le monde ne s’étonne plus de ma présence depuis de si longues années», lance Schroeder, en banalisant sa performance. Appelée pour la première fois en sélection en 2014 pour une série de matchs amicaux, elle est toutefois une spécificité pour la discipline : sur les 135 parahockeyeurs aux Paralympiques, répartis en huit équipes, elle est la seule femme.

Elle n’est toutefois pas pionnière en hockey sur luge. En 1994 à Lillehammer (Norvège), Brit Mjaasund Ojen avait été la première femme à participer à un tournoi paralympique avec des coéquipiers masculins, décrochant l’argent.

Pas d’entrée gratuite

Aux yeux de Schroeder, l’essentiel c’est «de s’être battue pour gagner sa place, et que l’on ne me l’a pas offerte». «Nous n’offrons pas d’entrée gratuite. Si elle est présente, c’est qu’elle fait partie des meilleurs joueurs», avait d’ailleurs prévenu le sélectionneur Espen Hedge en annonçant le groupe retenu à la télévision norvégienne NRK.

Pour les autres joueurs, elle n’est qu’un membre de l’équipe parmi d’autres. «Il n’y a pas de différence. Si vous êtes dans le vestiaire, vous êtes dans le vestiaire», a expliqué son coéquipier Magnus Bogle. 

Schroeder, qui a dû mettre entre parenthèses ses études universitaires de médecine pour s’assurer l’une des 18 places norvégiennes pour la Corée du Sud, espère que son exemple permettra de montrer à d’autres hockeyeuses «qu’elles peuvent aussi jouer à haut niveau, avec les gars et cela sans jamais poser de problème, parce que vous êtes une joueuse».

Née avec le spina bifida, une malformation de la colonne vertébrale et de la moelle épinière, elle a perdu l’usage de ses jambes. Après s’être essayée à plusieurs sports pour athlètes handicapés, elle s’est finalement dirigée vers le hockey sur luge à l’âge de 15 ans.

En plus des équipes nationales et d’Oslo, elle joue dans une équipe européenne composée de joueurs de plusieurs pays qui affrontent les poids lourds des États-Unis et du Canada, les deux grands favoris du tournoi paralympique. Les États-Unis sont les champions en titre, alors que le Canada est champion du monde 2017.  Sam Reeves (Agence France-Presse)