Bo Jackson en novembre 2017, avant le Iron Bowl, qui opposait son alma mater, l'Université Auburn, et le Crimson Tide de l'Alabama.

Bref retour aux sources pour Bo Jackson

SURPRISE, Ariz. — Voir Bo Jackson dans l’uniforme des Royals de Kansas City ravive de bons souvenirs pour les amateurs de baseball.

C’est ce que les fans ont pu revivre dimanche dernier, alors que l’ancien joueur vedette de deux sports était au camp de l’équipe pour agir comme entraîneur invité. Jackson a engraissé un peu, mais il s’est senti quand même confortable. «J’ai juste eu à changer de grandeur de chemise», constate l’ex-joueur de baseball et de football, maintenant âgé de 55 ans. 

Et quel est le rôle exact de Jackson au camp des Royals? «Je fais ce que je veux», dit-il en riant. «C’est juste vraiment plaisant d’être ici, car c’est ici que tout a commencé pour moi.»

Athlète d’exception, Jackson a tout de même glissé jusqu’en quatrième ronde au repêchage de 1986, moment où les Royals ont pris un risque en le sélectionnant. Et personne ne croyait vraiment que le diplômé de l’Université Auburn signerait un contrat pour jouer au baseball. En effet, plusieurs observateurs et plusieurs équipes étaient convaincus que celui qui venait de remporter le trophée Heisman (joueur universitaire par excellence) aux États-Unis opterait pour le sport dans lequel est remis ce prix : le football.

Tout premier choix du repêchage de la NFL en 1986, Jackson a pris tout le monde par surprise en refusant de négocier avec les Buccaneers de Tampa Bay, optant donc pour le baseball. Ce n’est que l’année suivante qu’il a finalement décidé d’utiliser ses talents dans les deux sports, alors qu’il a signé avec les Raiders de Los Angeles, qui avaient pris la chance de le choisir au septième tour du repêchage. 

Athlète d'exception, Bo Jackson a brièvement mené de front une carrière de baseball et de football.

Forcément, l’effort physique exigé par deux sports a eu raison de Jackson. C’est, sans surprise, le football, qui lui a asséné le plus dur coup, alors qu’il s’est gravement blessé à la hanche pendant un match des séries en janvier 1991 avec les Raiders. Il ne rejouera jamais dans la NFL ensuite.

Quant à sa carrière de baseballeur, elle s’est étirée jusqu’au 10 août 1994. Ce jour-là, dans l’uniforme des Angels, Jackson a frappé deux coups sûrs et volé deux buts... contre les Royals. Quelques jours plus tard, les joueurs déclenchaient la grève qui a mis fin à la saison. 

Beaucoup de changements

«Plusieurs joueurs qui sont ici étaient bébé ou n’étaient même pas nés quand j’ai joué», indique Jackson.

Revenant sur son rôle au camp des Royals, Jackson précise simplement qu’il désire transmettre une partie de son expérience aux jeunes joueurs. «Je suis ici pour les conseiller, pour leur parler de mon vécu, de la façon j’ai traversé les obstacles.»

Même s’il a l’oreille attentive des joueurs qui le connaissaient de réputation sans l’avoir vu en action, Jackson n’hésite pas à dire que le baseball a beaucoup changé depuis qu’il a pris sa retraite.

En 1985, avec l'Université Auburn, Bo Jackson a remporté le trophée Heisman, remis au meilleur joueur universitaire américain.

«Le jeu n’est plus le même. Les joueurs sont plus gros, plus forts, plus rapides. Certains d’entre eux ont le physique qui leur permettrait de jouer avec les Chiefs, et non avec les Royals», lâche-t-il. 

«Au-delà de l’aspect physique, l’approche technique a beaucoup changé. Les joueurs peuvent utiliser les ordinateurs pour s’améliorer et étudier leurs adversaires. Tout est analysé avec beaucoup de précision, maintenant», constate celui qui, en neuf saisons dans les majeures, a porté l’uniforme des Royals, des White Sox et des Angels. 

Sans avoir cumulé des statistiques impressionnantes au baseball (une moyenne de ,250 et 141 circuits en neuf saisons), Jackson a laissé sa marque dans le monde du sport par ses talents athlétiques. Sur le losange, il aura eu le temps d’être nommé joueur le plus utile du Match des étoiles de 1989, grâce à une longue claque de 450 pieds et un but volé lors de ce match disputé à Anaheim.

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RATTRAPÉ PAR UNE BLESSURE... 25 ANS PLUS TARD

En 1990, Bo Jackson a réussi un exploit peu commun avec les Royals de Kansas City : frapper un circuit lors de quatre apparitions au bâton consécutives. Les trois premiers ont été cognés le 17 juillet au Yankee Stadium, mais il avait dû quitter la rencontre après s’être disloqué une épaule en plongeant pour capter une balle frappée par un autre athlète qui aura réussi à jouer dans le baseball majeur et dans la NFL : Deion Sanders. Au retour de sa blessure, le 26 août, Jackson a expédié la balle de l’autre côté de la clôture à sa première présence. Un exploit dont il est fier. «J’ai frappé ces circuits sur une période de six semaines, mais je l’ai fait!»

Souvent blessé lorsqu’il était joueur au baseball et au football, Jackson a dû être opéré à l’épaule l’an dernier à cause de... la blessure subie sur la frappe de Sanders, en 1990. «Ç’a fini par me rattraper», dit Jackson. «J’ai recommencé à avoir mal à l’épaule il y avait environ deux ans et demi. Puis, c’est passé d’un léger malaise au point que je n’étais plus capable de lever mon bras pour me mettre du déodorant...»