Natif de Californie, Tom Brady rappelle toujours fièrement que sa mère, Galynn Johnson, est originaire de Browerville, une petite bourgade de 793 habitants située à 200 kilomètres de Minneapolis.

Brady fier de ses racines

MINNEAPOLIS — Tom Brady n’a jamais perdu au Minnesota, mais il n’a jamais disputé un aussi gros match dans cet État que celui qu’il disputera dimanche.

Outre ses succès reliés au football, Brady a d’autres souvenirs rattachés à l’État aux 10 000 lacs, dont certains sont un peu douloureux. Et ces souvenirs remontent à son enfance, sur la ferme familiale située dans la petite municipalité de Browerville.

Le premier souvenir concerne le chien de son grand-père, un certain Tippy. Ignorant les conseils de ses grands-parents, le petit Tom a décidé de donner un os à Tippy. 

«Je me suis penché pour l’embrasser, puis il m’a mordu la lèvre», se souvient le quart des Patriots. «C’était vraiment douloureux.»

C’est aussi au Minnesota que le jeune Brady a expérimenté pour la première fois le tabac à chiquer, alors qu’il a réussi à convaincre ses oncles de lui laisser tenter l’expérience pendant une balade de voiture. 

Le quart des Patriots s’est toujours fait un devoir de visiter Browerville chaque année, même lorsqu’il évoluait à l’Université du Michigan, comme le montre la photo tenue par sa tante, Linda Johnson.

«Ils m’ont dit : ‘‘Si on t’en donne, tu ne pourras pas le recracher dans la voiture, tu devras attendre qu’on soit de retour à la ferme’’. Ce qui devait arriver arriva : après cinq minutes, je demandais à sortir de la voiture pour vomir au bord de la route», raconte Brady. «Ce fut mon premier et dernier essai de tabac à chiquer.»

Outre ces deux expériences plus ou moins concluantes, Brady a passé beaucoup de temps au Minnesota avant de devenir la légende sportive qu’il est maintenant. Et il se fait un devoir de visiter sa famille du Midwest lors de chaque entre-saison avec sa femme et ses enfants.

«Je viens passer du temps ici depuis que je suis bébé. Enfant, je venais au Minnesota été comme hiver et j’adorais ça. Plusieurs de mes plus beaux souvenirs d’enfance sont reliés au Minnesota, au temps que je passais avec mon grand-père. C’était cool de s’occuper des vaches et de passer du temps dans les silos ou dans la grange. J’allais aussi à la pêche avec mes oncles. Je suis toujours fier de dire que ma mère vient d’ici.»

Maman reine de l’école

La mère de Tom Brady, Galynn Johnson, a été nommée reine de l’école secondaire de Browerville en 1961 avant de déménager en Californie, où elle a rencontré un certain Tom Brady, qui a été obligé plus tard d’ajouter la mention «senior» après son nom de famille afin de se distinguer de celui qui allait remporter plus tard cinq Super Bowl. Le couple s’est marié en 1969 à quelque 2h30 de route du nord-ouest de Minneapolis. 

Bien sûr, les membres de la famille Brady seront dans les gradins du stade U.S. Bank dimanche pour voir les Patriots disputer la victoire aux Eagles. «C’est difficile d’obtenir des billets pour tout le monde, mais comme c’est une soirée spéciale pour ma famille, je dois m’assurer qu’ils aient tous une place au stade», explique le numéro 12.

Le cousin de Brady, Paul Johnson, a passé la semaine à étaler certains de ses souvenirs reliés au célèbre numéro 12.

Parmi eux se trouvera un dénommé Paul Johnson, 50 ans : il est le cousin de Tom Brady. L’entrepreneur, qui a toujours vécu au Minnesota, a eu à donner plusieurs entrevues cette semaine après que le commentateur Jim Nantz, du réseau CBS, eut parlé de Browerville à Brady pendant les célébrations qui ont suivi la victoire des Patriots contre les Jaguars de Jacksonville, il y a deux semaines. Un cirque médiatique auquel ne sont pas habitués les 793 habitants de cette petite ville paisible.

«C’était amusant, toutes ces entrevues», dit Paul Johnson. Mais ça m’a confirmé que je ne voudrais pas devenir une célébrité. Tom est une célébrité, et on est vraiment fiers de lui.»

Les Johnson de Browerville sont des fans des Patriots depuis 2000, année où l’équipe du Massachusetts a sélectionné en sixième ronde celui qui est considéré meilleur quart de l’histoire de la NFL par plusieurs. La famille tournait ainsi le dos aux favoris locaux, les Vikings. 

Un événement

Son fils, Benton, 22 ans, est un des chanceux de la famille qui a obtenu un billet de la part de l’as passeur des Patriots. Ce sera la première fois qu’il assistera en personne au Super Bowl.

«Je ne me gêne pas pour dire à tout le monde que je suis le cousin de Tom Brady», déclare fièrement Benton, avant d’expliquer qu’il traîne toujours sur lui des preuves photographiques afin de remettre à leur place ceux qui doutent de ses dires à l’Université St. Thomas, à St. Paul, où il étudie. 

Tom Brady ne rate une occasion pour mentionner à quel point il est proche de sa mère et de rappeler qu'elle a combattu avec succès un cancer du sein.

Il rappelle également que lorsqu’il était plus jeune, une visite de son cousin Tom était un grand événement.  «Je demandais toujours à ma mère : ‘‘Quand Tom et sa famille vont-ils venir? ’’» se remémore Benton Johnson. «Je disais à mes parents que je voulais déménager en Californie parce que je voulais passer plus de temps avec lui.»

À travers cette litanie de souvenirs, Tom Brady tient à rappeler que sa mère a subi des traitements contre le cancer du sein en 2016. Lorsqu’il parle de sa famille, il se fait un devoir de souligner que sa mère a remporté son combat. 

«Mes parents sont tout pour moi. Ils ont toujours été à mes côtés, à toutes les étapes de ma vie.»

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JOUEUR LE PLUS UTILE POUR LA TROISIÈME FOIS

Tom Brady a ajouté une ligne à sa longue liste d’exploits, samedi, lorsqu’il a été nommé joueur par excellence de la NFL pour la troisième fois. Il est le deuxième joueur parmi les quatre sports professionnels majeurs à remporter ce titre à 40 ans après Barry Bonds, au baseball, en 2004. Le receveur éloigné Julian Edelman, contraint de s’absenter toute la saison en raison d’une blessure un genou, a accepté le prix à la place du quart-arrière, qui a complété 385 de ses 581 passes (66,2 %) pour des gains aériens de 4577 verges. Les Rams de Los Angeles ont également brillé lors du gala lorsque Sean McVay (entraîneur de l’année), Todd Gurley (meilleur joueur offensif) et Aaron Donald (joueur défensif de l’année) ont été honorés. Le tour du chapeau des Rams n’était pas sans précédent. En 2003, Ray Lewis, Jamal Lewis et Terrell Suggs (Baltimore) avaient tous récolté des honneurs individuels. En 1999, les Rams, alors établis à St. Louis, comptaient également trois de leurs membres parmi les lauréats : Kurt Warner, Marshall Faulk et l’entraîneur Dick Vermeil.