Taylor Brennan des Aigles de Trois-Rivières a frappé neuf circuits en 16 matchs et 54 apparitions au bâton depuis le début de la saison.

Boum boum Brennan

Taylor Brennan domine outrageusement la Ligue Can-Am pour les circuits, en ce début de saison. À ce rythme, le gros cogneur des Aigles de Trois-Rivières se dirige vers une saison de… 56 bombes!

Ok, ok. Le baseball est loin de se résumer à une vulgaire règle de trois. Mais convenez que neuf circuits en 16 matchs et 54 apparitions au bâton, c’est quelque chose, comme disait l’autre.

«À date, ça va bien», a reconnu l’Américain de 26 ans derrière ses lunettes fumées, rencontré durant la série de trois matchs que les Aigles viennent de livrer aux Capitales à Québec.

Vrai que malgré un départ du tonnerre, la cinquantaine s’avère illusoire. Il est le premier à l’admettre. N’empêche qu’avec encore trois mois complets au calendrier régulier, effacer le record de la Can-Am de 35 circuits établi l’an dernier par Joe Maloney constitue un objectif réaliste.

«Il est encore trop tôt pour le dire. J’espère poursuivre sur cette lancée, continuer à trouver le chemin jusque par-dessus la clôture et on verra ce qui va arriver», répond-il, ajoutant vouer un grand respect à Maloney, avec qui il est en contact.

Brennan fait profil bas, en entrevue. Mais sur un terrain, impossible pour le troisième-but de passer inaperçu. Sa chevelure bouclée dans le cou ajoute à ses bras musclés couverts de tatouages. Sa sœur, sa mère et sa grand-mère (!) ont aussi des tatouages.

«Taylor, c’est l’alpha! Tout le monde veut se rassembler autour de lui», résume le gérant des Aigles, qui en a fait la pierre d’assise d’un solide alignement de frappeurs. T.J. Stanton l’avait acquis des Jackals du New Jersey l’an dernier, en fin de saison, en échange de son meilleur releveur, Kyle Hansen.

Samedi, au 15e match de l’année, Brennan a égalé ses neuf circuits de toute la campagne 2017. Celui qui n’a jamais affiché une moyenne de puissance supérieure à ,500 sur une saison complète montre en ce moment un taux étourdissant de ,889!

«J’ai pas mal changé mon approche au marbre, explique-t-il. Je sélectionne mieux mes lancers et j’ai consacré mon hiver à la salle de poids.»

Muscles de culturiste

L’athlète de six pieds et 220 lb arbore une musculature de culturiste qui, souhaitons-lui, ne le rendra pas trop prompt aux blessures. Celui qui se dit religieux, à preuve les versets bibliques burinés sur sa peau, entre dans le gymnase comme à l’église.

«Être dans le gym me rend heureux, c’est un endroit paisible. Tu fais juste t’entraîner, le stress ne te suit pas. C’était la première fois que j’étais aussi dédié, avec la diète et tout. Je me suis dit que si je voulais une autre chance, une dernière chance, je devais le faire comme du monde», finit-il par sourire.

Dernière chance d’être rappelé dans le baseball affilié et, un jour, atteindre les ligues majeures. Le rêve de tout joueur de baseball professionnel qui se respecte. L’ancien espoir des Brewers de Milwaukee (2012, 37e ronde) n’a jamais surpassé le niveau A fort.

Si le record de ligue de 31 circuits d’Eddie Lantigua a tenu 11 ans, la marque de Maloney, qui avait claqué son neuvième coup de quatre buts l’an passé le 9 juin, est déjà en sérieux danger.