Aujourd’hui, Becker se concentre sur ses activités liées au tennis, notamment celle de commentateur, et essaie de marchander sa notoriété.

«Boum-Boum» à la chasse aux trophées

Des États-Unis à l’Australie, en passant par la Suisse, l’Espagne ou encore les îles Anglo-Normandes, le cabinet qui gère la banqueroute de Boris Becker explore de nouvelles pistes pour remettre la main sur les trophées perdus de l’ex-gloire du tennis.

Plus jeune vainqueur de l’histoire de Wimbledon, à 17 ans en 1985, six fois titré en Grand Chelem, numéro 1 mondial, double lauréat de la Coupe Davis... Becker a brillé sur les courts.

Mais sa gestion de l’après-carrière a viré au cauchemar au point qu’un tribunal londonien a déclaré l’Allemand de 50 ans, vainqueur de 49 titres et de plus de 20 millions d’euros de gains (30,6 millions $CAN), en faillite en juin dernier.

«Boum-Boum», surnommé ainsi pour son service ravageur et son fort caractère, a tenté de rassembler des trophées et récompenses afin de les vendre pour éponger ses dettes. Mais il a égaré les plus prestigieux, notamment cinq de ses six trophées majeurs qui restent introuvables.

«Nous étudions de nouvelles pistes d’investigation en Allemagne, Suisse, Espagne, à Guernesey, aux États-Unis, en Australie et à Jersey», explique à l’AFP Mark Ford, l’un des trois administrateurs judiciaires du cabinet londonien Smith et Williamson, chargés de réduire la dette de Becker.

L’Allemand n’aurait conservé pour seul trophée majeur que celui remporté en 1989 lors des Internationaux des États-Unis. Il ne sait pas où sont passés ceux de ses victoires en Australie (1991 et 1996), tout comme les trois conquis à Wimbledon (1985, 1986 et 1989) qu’il espère revendre pour plus d’un million d’euros.

Aucun document

«Boum-Boum» a appelé à l’aide, mais, jusqu’ici, les recherches piétinent. «Nous avons eu des entretiens avec près d’une vingtaine d’anciens conseillers de M. Becker et écrit à plus d’une douzaine de banques. Mais il y a encore beaucoup à faire», affirme Mark Ford.

«S’il a fait don de l’un de ses trophées, c’est une piste à explorer via des entretiens et des investigations poussées, parce que nous ne disposons d’aucun document», ajoute-t-il.

«En général, ces trophées sont prêtés à des institutions du tennis», souligne Mark Ford. Le Temple de la renommée du tennis, situé à Newport, au Rhode Island, possède ainsi plusieurs de Becker dans son musée.

Le hic, c’est que les institutions du tennis sollicitées ne semblent pas en possession des trophées majeurs, ceux qui ont le plus de valeur.

Mariage impayé

Lors de l’audience en juin dernier, l’avocat de la légende allemande du tennis avait tenté d’obtenir un sursis pour éviter d’écorner davantage l’image de son client. En vain. «Il aurait dû y penser il y a longtemps. C’est une dette historique. On a l’impression qu’on traite avec un individu qui a choisi la politique de l’autruche», avait estimé le juge en évoquant le passif de Becker.

L’ex-première raquette mondiale avait eu des déboires judiciaires pour des dettes impayées avec la justice espagnole, concernant des travaux dans sa villa de Majorque, et la justice suisse, pour ne pas avoir payé le pasteur qui l’avait marié en 2009.

En 2002, la justice allemande l’avait condamné à deux ans de prison avec sursis ainsi qu’à 500 000 euros d’amende pour quelque 1,7 million d’euros d’arriérés d’impôts.

Aujourd’hui, Becker se concentre sur ses activités liées au tennis, notamment celle de commentateur, et essaie de marchander sa notoriété. 

Une notoriété qui peut rapporter quelques sommes d’argent, en attendant de, peut-être, retrouver ses trophées perdus.