Bouchard (16-1, 6 K.O.) a vaincu Janjanin (24-3, 18 K.O.) par arrêt de l’arbitre à 2 min 8 s du deuxième round.

Bouchard expéditif à Toronto

Sébastien Bouchard avait hâte de rentrer retrouver ses chéries. Le boxeur de Québec a pris moins de deux rounds pour vaincre Sladan Janjanin, samedi soir, à Toronto, en prélude du choc entre Adonis Stevenson et Badou Jack.

Nouveau papa depuis 15 jours, Bouchard n’avait pas livré de combat officiel depuis 15 mois. Le poids mi-moyen de 31 ans n’a pas paru rouillé face à un adversaire de quatre ans son cadet et qui se battait pour la troisième fois en moins de trois mois.

Bouchard (16-1, 6 K.O.) a vaincu Janjanin (24-3, 18 K.O.) par arrêt de l’arbitre à 2 min 8 s du deuxième round, après quelques chutes au plancher du perdant.

«Un knock-out, c’est très bon pour la fiche. C’est bon pour tout!» s’est réjoui le natif de Baie-Saint-Paul, quand Le Soleil l’a joint par téléphone au Centre Air Canada quelques instants après sa descente du ring.

«J’ai été capable de m’installer plus rapidement que je le croyais. J’ai trouvé ma distance dès la fin du premier round, où je l’ai pincé comme il faut. Puis j’ai repris au même endroit au deuxième round et je ne sais même pas si lui m’a touché une seule fois comme il faut», a-t-il ensuite expliqué, avec la voix d’un gars frais et dispos.

Bouchard est davantage reconnu pour son intelligence entre les câbles que pour sa force de frappe. Mais cette fois, un puissant coup aux côtes à la fin du premier round ou au début du deuxième a été le début de la fin pour son opposant.

«On avait demandé à Sébastien d’être très patient et de choisir ses coups de poing. Il a suivi le plan à la lettre. Il a très, très bien boxé», a insisté de son côté l’entraîneur-chef François Duguay, qui épaulait Bouchard à Toronto avec Maxime Simard et le préparateur physique Jonathan-Dale Huard.

Le Bosniaque Janjanin en était à sa deuxième visite au Canada. En mars 2016, il s’était incliné au troisième round contre le Montréalais Steven Butler.

Bouchard rentre à la maison en fin de journée dimanche pour retrouver dans son petit paradis de L’Ange-Gardien sa douce Natacha et la petite Amanda, née le 4 mai.

Tout indique que Bouchard remontera dans le ring bien avant 15 autres mois. Sa victoire éclatante donnera assurément des idées à son promoteur Yvon Michel, qui a programmé au moins trois galas dans les prochaines semaines.

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À Trois-Rivières en juillet, Zewski espère défendre sa ceinture devant ses partisans.

ZEWSKI MET LA MAIN SUR LA CEINTURE WBC INTERNATIONALE

Après trois ans d’attente, Mikaël Zewski n’allait certainement pas rater sa chance de mettre la main sur sa deuxième ceinture depuis qu’il évolue chez les pros.

Le Trifluvien s’est emparé de la couronne WBC internationale des 147 livres samedi en s’imposant par décision unanime aux dépens de Diego Gonzalo Luque (21-6, 10 K.-O.), en sous-carte du combat de championnat du monde entre Adonis Stevenson et Badou Jack à Toronto.

Grâce à une défensive sans bavure et à de beaux élans offensifs, Zewski a empoché sa 31e victoire en 32 sorties. Il a bien failli aussi ajouter un 23e K.-O. à sa fiche, Luque ayant visité le plancher dès le deuxième assaut. Luque a par la suite encaissé plusieurs bons coups, sans broncher.

Par contre, il n’a jamais été en mesure d’inquiéter le protégé du Groupe GYM, trop mobile pour lui. Zewski a été solidement pour la première fois au dixième et dernier assaut, alors que la cause était entendue.

«C’est une bonne performance. J’ai gagné tous les rounds, je me suis imposé techniquement. L’un des objectifs, c’était d’utiliser plus mon jab ce soir et je l’ai fait. Ça va me prendre ça pour là où je veux aller», mentionne Zewski, assuré de grimper dans le top 15 mondial du WBC, une position qui le place en position de se battre en championnat du monde.

«Ça faisait un bout de temps que j’attendais cette opportunité. Je l’ai saisie, sans trop prendre de chances. J’ai fait un combat intelligent.» Touché solidement à son dernier combat, Zewski en a aussi profité pour montrer qu’il pouvait être plus efficace en défensive. «Tu n’es pas toujours obligé de revenir à la maison défiguré! J’ai respecté la distance, je me suis servi du fait que j’étais plus grand que lui. Ça s’est bien passé de ce côté.»

Fait inusité, le combat a dû être stoppé pendant plusieurs minutes lors du huitième round, puisqu’un spectacteur a tenté de se faufiler sur le ring! La sécurité a eu beaucoup de mal à maîtriser le type, qui s’est déshabillé aux abords de l’arène alors que l’officiel avait stoppé les hostilités dans le ring.

«C’est du jamais vu comme incident. C’est plate, je sentais à ce moment que j’étais sur le point de stopper mon rival. Je sais que c’est facile à dire, mais c’est réellement ce que je sentais dans le ring. Je lui ai fait mal plusieurs fois, il avait ralenti pas mal. Mais bon, tout peut arriver en boxe, je ne me suis pas trop laissé déconcentrer par la pause. Je voulais la ceinture, j’ai continué à gagner mes rounds et je repars avec. J’ai fait un bon camp d’entraînement, ce fut payant. J’ai eu en masse de jus jusqu’à la fin», sourit-il.

À Trois-Rivières en juillet, Zewski espère maintenant la défendre devant ses partisans. «Ça fait longtemps que je veux me battre à Trois-Rivières, ça pourrait se faire très bientôt. Je sais que rien n’est réglé, mais il y a de sérieuses discussions à ce sujet. J’espère vraiment que ça va se concrétiser.»  Steve Turcotte (Le Nouvelliste)