Eugenie Bouchard a démontré du caractère et de la persévérance dimanche face à une adversaire plutôt coriace, notamment en repoussant quatre balles de bris lors du cinquième jeu au troisième set.

Bouchard a fait le travail à la Coupe Fed

Même si on ne peut pas affirmer qu’Eugenie Bouchard a retrouvé ses airs d’antan, on peut certainement dire que son passage à la Coupe Fed fut un pari réussi pour l’athlète de 24 ans.

Contrairement à son dernier passage en Coupe Fed en 2015 face à la Roumanie, Bouchard a signé deux importants gains pour permettre à l’unifolié de battre l’Ukraine 3-2 en rencontre de barrage du Groupe mondial II.

Après quelques années de vache maigre sur le circuit de la WTA, Bouchard souhaitait profiter de ce week-end pour regagner confiance en ses moyens et c’est ce qu’elle a fait.

«Pour moi, je suis venue ici avec un job à faire et je l’ai fait, a affirmé Bouchard en conférence de presse. J’ai gagné mes deux matchs, j’ai eu du plaisir sur le terrain. Je ne pouvais pas demander mieux.»

Après un peu moins de trois heures dimanche midi, la joueuse vedette de Westmount qui se trouve au 117e échelon du classement de la WTA, a finalement fait tomber la 41e raquette mondiale, Lesia Tsurenko, en trois manches de 4-6, 6-2, 7-6 (5). La veille, elle avait aussi fait fi du classement de sa rivale, défaisant Kateryna Bondarenko (78e) 6-2, 7-5.

Disons que Bouchard avait connu un parcours bien différent qu’il y a trois ans, alors qu’elle avait perdu ses deux matchs de simple contre les Roumaines.

Cette fois, pas question de repartir bredouille.

Malgré les blessures subies par Françoise Abanda et Bianca Andreescu lors de la première journée de compétition, Bouchard a été en mesure de tenir la pression pour permettre au Canada de niveler la marque 1-1 lors de son premier match.

Elle est par la suite revenue en force dimanche, offrant tout un spectacle aux 1483 partisans réunis au stade IGA. Tirant de l’arrière au set initial, Bouchard a une fois de plus démontré du caractère et de la persévérance face à une adversaire plutôt coriace, notamment en repoussant quatre balles de bris lors du cinquième jeu au troisième set.

«C’est important pour moi de gagner un match 7-6 au troisième set, a-t-elle souligné. Un match vraiment difficile physiquement et mentalement, ça donne confiance. Je suis très fière de la façon dont je me suis battue aujourd’hui et je veux que ça me donne de la confiance pour le futur.»

Il est difficile de dire si l’expérience de ce week-end s’avérera salvatrice pour Bouchard, mais une chose est certaine: l’athlète de Westmount demeure confiante et croit en ses chances d’un jour redevenir l’une des meilleures joueuses du circuit féminin.

«J’ai confiance que je peux revenir», a affirmé Bouchard, sans hésitation.

Le capitaine de l’équipe canadienne, Sylvain Bruneau, croit également au potentiel de Bouchard et n’a pas de doute sur son apport à la formation canadienne durant le tournoi.

«Je pense que le fait d’avoir des expériences positives et d’avoir des bonnes sensations sur le terrain, elle me disait qu’elle se sentait super bien, qu’elle se sentait au combat et je pense que c’est ce dont elle a besoin, a admis Bruneau. J’étais vraiment content de l’entendre dire ça, elle me disait ça même lorsqu’elle était menée.

«Je crois énormément en Eugenie [Bouchard], lorsqu’elle rencontre des difficultés, je continue de croire en elle. Je pense qu’avec sa persévérance et en faisant les choses comme il le faut, que le vent va tourner éventuellement.»

Le prochain défi de Bouchard se tiendra au Maroc, alors qu’elle participera au tournoi disputé à Rabat.

Un triomphe dans l’adversité

Il n’y a pas seulement Bouchard qui a fait preuve de résilience en fin de semaine. Malgré de nombreuses blessures et un parcours rocambolesque, le Canada a tenu le fort et est parvenu à battre l’Ukraine, grâce à un gain de 6-3, 4-6, 6-3 lors du match de double décisif.

«Je ne peux pas être plus fier de mon équipe, de la façon que les filles ce sont battues», s’est exclamé Bruneau, le meneur de la formation canadienne.

Tout a commencé avec l’absence inattendue d’Abanda, qui avait signé deux gains en simple l’an dernier devant le Kazakhstan. La joueuse de 21 ans a été victime d’une vilaine chute lors de la séance d’échauffement avant le premier duel en simple, samedi.

En remplacement d’Abanda, ce fut au tour d’Andreescu de tomber au combat. La jeune athlète de 17 ans a été contrainte de se retirer de son match face à Tsurenko après avoir subi une crampe au mollet gauche.

«Nous savions que nous avions des adversaires difficiles avec l’Ukraine, nous le savions dès le début, mais il est arrivé des événements auxquels nous n’étions pas préparés, à commencer par la blessure d’Abanda samedi matin avant le match, a raconté Bruneau.

«Les filles ont démontré énormément de courage, je suis content pour chacune d’entre elles, qui sont allées au combat, de la façon dont elles ont joué avec conviction. Je suis extrêmement, extrêmement content en tant qu’entraîneur de l’effort d’équipe et de la façon dont les filles ont joué.»

Tout comme en 2013 lors de la première rencontre de barrage entre les deux nations, le duel s’est rendu jusqu’à la limite. Gabriela Dabrowski, 10e mondiale en double, et Andreescu ont uni leur force devant Bondarenko et Olga Savchuk pour procurer la victoire au Canada, in extremis.

Les Ukrainiennes ont trimé dur, forçant la tenue d’un troisième set, et ont sauvé une balle de match en fin de rencontre, mais en vain.

Tout juste avant de disputer le dernier match du week-end, la spécialiste du double Dabrowski, classée 364e en simple, avait été appelée à disputer le match de simple, en relève à ses coéquipières blessées.

«Je suis heureuse d’avoir pu aider l’équipe à l’emporter, a lancé Dabrowski à l’issue de la rencontre de double. Ce fut difficile pour moi, c’était seulement mon quatrième match en simple cette saison, et de devoir disputer le double décisif par la suite, si peu de temps après, c’est quelque chose à laquelle je ne suis pas habituée.»

En vertu de ce gain, le Canada demeurera au sein du Groupe mondial II, composé des nations classées du neuvième au 16e rang.