Les pilotes Mercedes Lewis Hamilton (à gauche) et Valtteri Bottas sont montés sur les deuxième et troisième marches du podium, dimanche.

Bottas a laissé la voie libre à Hamilton à deux reprises à Bahreïn

Pendant les trois ans d'une rivalité parfois acrimonieuse entre les coéquipiers Lewis Hamilton et Nico Rosberg, Mercedes a refusé d'imposer des consignes d'équipe, même lorsque les tensions se sont exacerbées et que les deux pilotes se sont accrochés en piste.
Le but était de les laisser courir, et de laisser la compétition naturelle en décider au détriment de l'harmonie. La seule exception est survenue au Grand Prix de Monaco l'an dernier, disputé sous la pluie, où Rosberg a accepté la directive de laisser Hamilton filer vers la victoire.
Pourtant, après seulement trois courses de cette nouvelle saison, Mercedes a déjà imposé des consignes à Valtteri Bottas en lui disant de céder sa place à Hamilton deux fois en une seule course - au Grand Prix de Bahreïn, dimanche.
L'une de ces demandes a été faite en fin de course, lorsque l'équipe a requis à Bottas de laisser Hamilton passer afin qu'il puisse tenter de rejoindre la Ferrari de Sebastian Vettel - qui a finalement gagné la course et pris l'avance au championnat du monde.
Ce n'est que dans des circonstances extrêmes, comme à Monaco, que Rosberg ou Hamilton ont cédé leur place.
Au dernier jour de la course au titre en 2016 à Abou Dhabi, avec les deux pilotes de Mercedes toujours en lice, le meneur de l'épreuve, Hamilton, a refusé une directive précise de deux responsables de l'équipe pour accélérer vers la fin de l'épreuve. Il a délibérément ralenti pour retarder Rosberg derrière lui, dans l'espoir qu'il recule au classement et ne s'assure pas le nombre de points requis pour remporter le championnat.
Bottas a remplacé Rosberg chez Mercedes après l'annonce de ce dernier, qui a pris le monde de la F1 par surprise, qu'il prenait sa retraite quelques jours après avoir arraché le titre à Hamilton. Cela a mis fin à leur fragile et acrimonieuse relation, empêchant Hamilton de prendre sa revanche cette année.
Repêché chez Williams en urgence, l'arrivée de Bottas a infirmé les rumeurs selon lesquelles un pilote plus performant serait embauché.
Bottas n'a jamais gagné une course et, avant la fin de semaine dernière, il n'avait jamais obtenu une position de tête chez Williams. Son palmarès de 11 podiums ne fait pas le poids comparé aux 107 de Hamilton - qui vient au deuxième rang de l'histoire derrière le septuple champion Michael Schumacher.
La pire chose...
Hamilton a souvent vanté Bottas depuis son arrivée, le qualifiant de «gentleman» pour avoir accepté de le laisser passer à Bahreïn.
Pour Bottas, toutefois, ces consignes d'équipe étaient loin d'être les bienvenues.
«Honnêtement, je pense comme pilote que c'est peut-être la pire chose que vous voulez entendre. Bien sûr, je l'ai fait parce qu'il y avait une possibilité que Lewis puisse défier Sebastian, a déclaré Bottas. À la fin, cela ne s'est pas produit, mais l'équipe a essayé et je le comprends très bien. Mais personnellement, c'est difficile à prendre.»
L'explication a été que la pression des pneus de Bottas était trop forte au début, ce qui l'a empêché de se détacher de Vettel, dimanche, et il a manqué de vitesse en fin de course.
Mais en termes de course pure, on lui a refusé l'occasion de se défendre face à Hamilton et de conserver sa deuxième place.
«Je pense qu'il y aurait eu une possibilité. J'aurais dû défendre ma position avec acharnement et cela aurait pu entraîner certaines situations risquées. Mais l'équipe pensait (Hamilton) avoir l'opportunité de rattraper Sébastian, et nous l'avons essayé, a déclaré Bottas. Je comprends la situation, mais c'est dur quand vous avez obtenu la position de tête et que vous essayez de gagner une course. Mais je suis définitivement un joueur d'équipe, je ne dirais donc pas non à cela (les consignes d'équipe).»
Mercedes n'avait jamais établi publiquement Hamilton ou Rosberg comme pilote no 1. Mais il semble que Mercedes pourrait cette année faire de Hamilton son pilote no 1, ce que le directeur de l'équipe Toto Wolff n'est pas pressé de confirmer.
«Ce n'est pas ce que nous avons fait ces dernières années, mais la situation est maintenant différente. Ça nécessite donc une analyse adéquate, ce que ça signifie et où nous en sommes, a-t-il déclaré après la course de dimanche. Nous aimerions donner à chacun d'eux l'égalité des chances au début de la course. Nous le leur devons. Puis vous voyez ce que nous avons fait en course. Nous avons pris la décision. Nous l'avons fait deux fois.»