Dimanche dernier, contre les Chargers de Los Angeles, le quart des Chiefs de Kansas City Patrick Mahomes a lancé quatre passes de touché contre aucune interception dans un gain plutôt convaincant de 38-28.

«Blitzburgh», un bon défi pour Mahomes

KANSAS CITY — Une vidéo circulant sur Internet depuis deux ans montre Patrick Mahomes, qui était à ce moment quart-arrière à l’Université Texas Tech, s’agenouiller et lancer le ballon 65 verges plus loin, sans grand effort.

Cette vidéo a évidemment répondu à toutes les questions concernant la puissance de son bras. 

Ce que ces années universitaires n’ont pas démontré, c’est si l’ancien passeur des Red Raiders pouvait performer avec constance, en se fiant sur autre chose que sa force brute. 

Dimanche dernier, contre les Chargers de Los Angeles, Mahomes a probablement convaincu plusieurs observateurs en lançant quatre passes de touché contre aucune interception dans un gain plutôt convaincant de 38-28 des Chiefs de Kansas City. 

«Il [Mahomes] a fait un excellent boulot, mais maintenant il doit prouver que ce n’était pas un coup de chance», a affirmé mercredi l’entraîneur-chef des Chiefs Andy Reid. «Mais, ça, il sait. Il sait qu’il y a toujours place à amélioration. Il travaille fort là-dessus.»

Reid souligne notamment que le quart de 22 ans doit apprendre à éviter les coups, à glisser lorsqu’il est sous pression plutôt que de se faire frapper. Mahomes, qui a été rudoyé à quelques reprises contre les Chargers, sera sans l’ombre d’un doute mis à l’épreuve à ce chapitre dimanche, alors que les Chiefs visiteront les Steelers de Pittsburgh, qui alignent une défensive physique et féroce.

Mahomes devra aussi être plus prudent, lui qui hésite rarement à lancer en direction d’un receveur qui fait l’objet d’une double couverture. Contre les Chargers, aucune de ces passes n’a été coûteuse, mais comme le passé ne garantit pas l’avenir...

«Cette approche vient avec des bons et des mauvais côtés, on doit faire avec. Mais, dimanche, il a généralement pris de très bonnes décisions», souligne Reid. «Il y a bien sûr quelques jeux qu’il reverra en se disant : ‘‘J’aurais dû lancer le ballon à un autre endroit’’. C’est comme ça qu’on apprend. Oui, il n’a pas lancé d’interception, mais il peut encore faire mieux contre certaines formations défensives.»

Honneur collectif

À Los Angeles, Mahomes a été impressionnant. Il a démontré ce dont il est capable, particulièrement sur un relais très puissant qui a pavé la voie à un touché de 58 verges de Tyreek Hill et sur une longue passe de 38 verges près des lignes de côté au centre-arrière Anthony Sherman qui s’était faufilé derrière la défense pour inscrire le majeur. Des jeux qui ont aidé le fils de l’ancien releveur du baseball majeur Pat Mahomes à être nommé joueur offensif de la première semaine dans la Conférence américaine. 

«Ça m’a aidé d’avoir autour de moi des joueurs si talentueux», estime Mahomes, modeste. «Tyreek [Hill] a été fantastique, la ligne offensive a fait un excellent travail. Je suis content d’avoir reçu cet honneur, mais pour moi, c’est davantage un honneur collectif.»

Ayant peu joué comme recrue la saison dernière — il a obtenu le départ lors du dernier match de la saison régulière, une victoire de 27-24 à Denver —, il est difficile de mesurer la progression de celui qui a été repêché au 10e rang au total en 2017. Sur cet aspect, le bloqueur Mitchell Schwartz n’hésite pas à dire que le jeu du jeune joueur a évolué à tous les niveaux. Le vétéran appuie ses dires sur l’approche que son jeune coéquipier a adoptée pendant les sessions de travail de l’entre-saison et son comportement dans la salle vidéo.

«Il est défivitement confortable avec tous les aspects de notre système offensif», assure Schwartz. «C’est cool de le voir à l’œuvre.»

Le défi «Blitzburgh»

Malgré ce concert d’éloges, la victoire contre les Chargers n’était qu’un match. Comme l’a dit Reid, Mahomes devra maintenant composer avec de nouveaux adversaires. 

Et ces adversaires, les Steelers, sont loin d’être commodes, eux qui sèment la confusion chez les Chiefs depuis quelques saisons. En effet, depuis 2011, Pittsburgh a remporté six des sept affrontements entre les deux clubs, incluant une victoire en séries. 

Même le cérébral Alex Smith, gestionnaire de matchs par excellence, a toujours paru confus face à la défensive agressive des Steelers, une unité qui varie à merveille les schémas de blitz. 

«Je me sens de mieux en mieux face au blitz et j’ai confiance d’être bien protégé. Puis, nous avons un bon plan de match», dit Mahomes. «Je sais que Pittsburgh mise beaucoup sur le blitz, mais nous avons souvent joué contre eux ces dernières années, on sait donc un peu à quoi s’attendre.»