Le gardien de l’Armada, Émile Samson, n’a accordé qu’un seul but. Les Remparts ont eu un sursaut d’énergie en fin de troisième, mais ils n’ont jamais réussi à le déjouer.

Blainville-Boisbriand 3/Québec 1: du hockey «en dentelle»

Les Remparts seraient-ils allergiques au Centre Vidéotron? Opposés à l’Armada de Blainville-Boisbriand, la troupe québécoise a subi une sixième défaite en neuf rencontres à la maison, un revers de 3 à 1 dans un match qui a laissé un goût très amer à l’entraîneur-chef Patrick Roy.

«On n’a pas été bons, a lancé le coach québécois. On a été très mauvais même. Je n’ai pas aimé notre match du tout, du tout. On s’est fait dominer au niveau de l’éthique de travail, j’ai trouvé que l’on a pris de mauvais lancers, surtout sur des situations où on entrait en zone offensive. On manquait le filet et ça donnait des surnombres de l’autre côté. Honnêtement, je suis vraiment déçu pour nos partisans. Ils méritent pas mal mieux que ce que l’on leur offre. Et il va falloir que des gars réalisent qu’il faut jouer du meilleur hockey que ça.»

Parlant de la mauvaise séquence des siens au Centre Vidéotron, Roy a mentionné que lors de celle-ci, ses joueurs n’avaient compté que 20 buts. «On marque sur la route parce que l’on va au filet. Ce soir on n’était pas concentrés. On a joué en dentelle.»

Questionné si la présence de plusieurs nouveaux joueurs — des jeunes qui pourraient sentir une pression à évoluer dans un amphithéâtre comme celui de la Vieille Capitale — pouvait expliquer les contre-performances des siens à la maison, l’entraîneur-chef s’est fait cinglant.

«C’est à Dubé [Pierrick], Bibeau [Félix], Gagnon [Anthony], St-Laurent [Édouard], Caron [Thomas] et Kieb [Darien] de traîner cette équipe-là. Peu importe qui va se greffer, peu importe qui va rentrer. Aujourd’hui, soyons honnêtes : quand j’ai mis Audette [Hugo] avec Sato [Yu] et Filion [Xavier], ils ont dominé. Pourquoi? Parce qu’ils ont travaillé.»

Interrogé sur l’absence d’Andrew Coxhead qui devait effectuer un retour au jeu après avoir manqué les huit derniers matchs des siens à cause de symptômes reliés à une commotion cérébrale, Roy a indiqué que le personnel médical de l’équipe avait décidé qu’il valait mieux pour le vétéran de retarder son retour au jeu.

Bon départ

Premier à s’inscrire au pointage sur un but de Thomas Caron (4e) en début de deuxième, les Remparts ont ensuite joué avec beaucoup moins de cohésion. Les visiteurs en ont profité pour renverser la vapeur avec deux buts, ceux de Miguël Tourigny et Stéphane Jr Huard. Les locaux ont eu un sursaut d’énergie en fin de troisième, mais ils n’ont jamais réussi à déjouer le gardien Émile Samson. Benjamin Corbeil a marqué le troisième filet des siens dans une cage déserte. Pour Bruce Richardson, l’entraîneur-chef de l’Armada, la victoire contre les Remparts était très satisfaisante.

«Quand on commence un trois en trois avec du voyagement — on jouait ce soir à Québec, nous serons demain à la maison contre Saint John’s et dimanche on s’en va à Sherbrooke —, c’est une grosse fin de semaine. D’aller chercher deux points lors du premier match, ça bâti du momentum.»

NOTES : Le site sportif theathletics.com a envoyé un journaliste torontois pour la fin de semaine; il réalisera un reportage sur Yu Sato qui a quitté le Japon pour jouer à Québec... Les Diables rouges seront de retour devant leurs partisans dimanche (15h) afin de se mesurer aux Foreurs de Val-d’Or...

Frédérick Roy assistait son père pour une deuxième fois cette saison.

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«ÇA TE TENTE-TU DE COACHER

Ayant terminé ses examens à l’Université d’Ottawa et désireux de se changer les idées, Frédérick Roy a décidé de profiter du passage des Remparts à Gatineau, il y a une semaine, pour assister à un match de son ancienne équipe. Il ne se doutait cependant pas que son père allait lui proposer de le seconder derrière du banc.

«C’était pendant le souper, explique le cadet de la famille Roy, dont la seule expérience de coaching était via son implication dans des écoles de hockey pendant la saison estivale. On jasait et c’est là que je lui ai fait part de mon intention d’être au match. Il m’a simplement dit : “Ça tente-tu de coacher?”. J’ai répondu : “Pour vrai?” Il a ajouté : “Ben oui, pourquoi pas!” C’est comme ça que l’idée est venue et que tout est parti.

«C’est plaisant, c’est le fun. Le hockey, c’est une passion. Mais ce qui me fait triper surtout, c’est d’avoir la chance de faire quelque chose de spécial avec mon père et de me retrouver avec lui derrière le banc des Remparts avec qui j’ai joué mon hockey junior. Si à l’époque on m’avait dit que je vivrais une telle expérience, j’aurais dit : “Peut-être pas là”. On a du plaisir, il faut en profiter. Ça va me faire de beaux souvenirs.»

Même si sa carrière avec les Remparts s’est terminée au printemps de 2012, Roy est débarqué en terrain connu au Centre Vidéotron, la grande majorité des membres du personnel de l’équipe qu’il avait connus étant toujours à l’emploi des Diables rouges. Et même si le hockey a beaucoup changé depuis son départ de Québec, Frédérick est d’avis que les hockeyeurs d’aujourd’hui ont davantage développé leurs habiletés. Il a retrouvé un système de jeu avec lequel il était très familier.

Questionné sur le travail qu’on lui avait demandé de faire, l’étudiant en droit a lancé à la blague : «J’ai dit à mon père que j’allais faire comme Claude Lefebvre dans le temps et que je serais là pour la confiance des joueurs.» 

Là pour motiver

Plus sérieusement, il a ajouté : «C’est surtout que je voulais faire attention. Si quelqu’un me pose une question, je ne veux pas contredire mon père ou Ben [Desrosiers]. Mon travail touche plus les décisions que les joueurs prennent dans le feu de l’action et les choses qu’ils auraient pu faire différemment. Mon expérience chez les professionnels me permet aussi de donner des conseils aux gars sur les techniques avec lesquelles j’étais le plus à l’aise comme bloquer des lancers.»

Reconnu pour son intensité quand il était hockeyeur, Frédérick laissera cependant à son père et aux autres coachs de l’équipe le soin de faire sentir à certains leur insatisfaction pour un manque d’énergie au jeu. «Je vais plus les motiver avec des pep talk et des encouragements.»

Questionné si son expérience avait allumé la flamme du coaching, Frédérick n’a pas caché qu’il en savourait chaque moment. Il a cependant insisté sur l’importance de ses études en droit en ajoutant qu’à la fin de celles-ci, ce qu’il vit présentement avec les Remparts pourrait lui servir. Jean-François Tardif