«Tu le prépares pour un style, mais tu as beau analyser ça comme tu veux, au bout du compte, on a juste affronté un gars qui était meilleur que nous», a admis l'entraîneur de Kevin Bizier, Marc Ramsay, après le combat.

Bizier, pas dans la même ligue

ENVOYÉ SPÉCIAL À SHEFFIELD / Le constat est cruel, mais simple. Kevin Bizier n'est pas dans la même ligue que Kell Brook. Point, barre.
«Kevin n'est pas dans cette ligue-là. Il a payé tous les prix qu'il fallait, a eu la meilleure préparation, mais il n'est pas de ce niveau-là», a résumé le promoteur Yvon Michel, après la volée encaissée par son poulain à Sheffield, samedi soir.
Michel admet qu'il s'«attendait à plus». Mais «il n'a pas de honte à avoir. Il a donné tout ce qu'il fallait dans sa préparation. Il a manqué l'examen final, mais il n'a pas manqué de volonté.»
Et le promoteur répète que Bizier n'a pas volé sa place dans le même ring que le roi des 147 lb de l'IBF. Le résidant de Stoneham était l'aspirant obligatoire à la ceinture du Britannique.
«Il n'y a pas grand-chose à dire», a pour sa part laissé tomber l'entraîneur Marc Ramsay. «On a beau faire des grandes analyses, le gars était juste trop fort pour nous autres. Il y a des fois où on se questionne pourquoi ci, pourquoi ça, mais dans ce cas-ci, on ne fera pas de suranalyse. Le gars était meilleur que nous, félicitations.»
Michel et Ramsay continuent de croire que Bizier s'est préparé avec les meilleurs outils possibles. «Mais premièrement, quand on rencontre un gars de ce niveau là, trouver un partenaire d'entraînement de ce niveau-là, ça ne se fait pas. Le champion du monde!
«Tu le prépares pour un style, mais tu as beau analyser ça comme tu veux, au bout du compte, on a juste affronté un gars qui était meilleur que nous», poursuit le coach, qui dirige aussi David Lemieux et auparavant, Jean Pascal. «Quand tu tentes d'imposer quelque chose dans un combat de boxe et l'adversaire est meilleur que toi à ton propre jeu, il reste quoi par la suite?
«Brook est complet», est-il forcé de constater. «Il est rapide, a un bon jab, une bonne vitesse, cogne très lourd, est bon en contre-attaque, est précis. C'est beaucoup d'outils, beaucoup de choses à se préoccuper. Même au jeu physique, on a vu la grosseur des bras, la grosseur du gars, alors même sur le terrain où on voulait l'amener, il était supérieur à nous», ajoute Ramsay.
Le cîur, pas les os
Jeudi, en conférence de presse, Brook avait promis de «briser le coeur de monsieur Bizier et de briser les os de monsieur Bizier». Même s'il avait le cou croche en montant à sa chambre, conséquence du coup qui l'a envoyé au tapis la première fois, les os du sympathique pugiliste semblent saufs.
Moins sûr pour le coeur, toutefois, alors qu'il ne s'est pas avéré une meilleure opposition que Jo Jo Dan, le plancher psychologique qu'il avait dû se fixer.
La retraite? Michel et Ramsay lui laissent la décision, bien sûr. Mais sans se consulter, les deux ont assuré être volontaires pour continuer sur la route de la boxe professionnelle aux côtés de Bizier si tel est son désir.
«S'il veut continuer à boxer, je vais avoir des combats pour lui, a d'abord indiqué Michel. Kevin est un bon kid, un bon père de famille. Il a une vie parallèle à la boxe et s'il continue ce sera pas intérêt, pas par obligation.»
«Je vais toujours être là pour lui, ça, c'est clair, clair, clair», a aussi confirmé Ramsay, qui l'entraîne depuis ses débuts chez les pros, en 2008. «C'est l'un des boxeurs que j'ai eu le plus de plaisir à entraîner. Il est vraiment une bonne personne avec qui j'ai eu du plaisir dans le gymnase.»