À l'entraînement public tenu au centre commercial Fleur de Lys, dimanche, Michael Bisping n'a pas fait pas de cachette sur la haine que lui inspire son adversaire Tim Kennedy. «Je dois l'humilier pour qu'on n'en entende plus parler», a-t-il déclaré.

Bisping c. Kennedy: un combat d'ennemis jurés

La grande finale du gala UFC de mercredi, au Colisée de Québec, mettra aux prises deux combattants qui se haïssent. Vraiment. «Quand j'aurai réglé son cas, on n'entendra plus parler de Tim Kennedy pour longtemps», promet Michael Bisping, le favori.
Bisping (25-5) est un Britannique de 35 ans, Kennedy (17-4), un Texan de 34 ans. Le premier est classé cinquième aspirant au titre des poids moyens de l'Ultimate Fighting Championship (UFC), l'autre arrive huitième. Les deux espèrent attenter bientôt à la ceinture des 185 lb détenue par Chris Weidman, mais en même temps, tout les oppose.
Dimanche, pour l'entraînement public tenu au centre commercial Fleur de Lys, pas question qu'ils se croisent. Chacun respecte l'athlète qui se dressera devant lui, mais pas l'individu. Une réelle animosité existe entre eux. Et ils alimentent cet antagonisme par médias interposés depuis plusieurs semaines.
«Michael Bisping est une mauvaise personne. Il est un combattant salaud. Il triche. Il a déjà craché sur mon ami. Je ne l'aime pas», résume Kennedy, référant au duel de 2011 entre Bisping et Jorge Rivera. Bisping avoue avoir craché, mais sur le tapis, pour démontrer tout son mépris à l'endroit de l'homme de coin de Rivera. Cet ami en question occupe le même emploi auprès de Kennedy.
«Il se moque de moi sans relâche, de ma façon de parler, de ma famille, de mes origines. Si j'étais Noir, ce serait considéré comme du racisme!» déplore le résidant de Manchester, qui a acquis une réputation de spécialiste des injures au fil des ans.
Un chapeau qu'il aime porter, mais qui s'explique selon lui par le fait que l'UFC est basé aux États-Unis et que sa nationalité anglaise en fait l'ennemi parfait. «Ils me dépeignent comme le méchant et je ne déteste pas ça. Mais avec le temps, les gens ont réalisé que je ne suis pas un trou du cul tant que ça.
«Je dois l'humilier pour qu'on n'en entende plus parler, tranche-t-il. Je vais en faire un exemple. Et quand j'aurai fini avec lui, il devra appeler l'armée pour venir le chercher», lance Bisping, à propos du militaire membre des forces spéciales américaines et ancien béret vert qui a été déployé en Irak et en Afghanistan.
Kennedy et son équipe ont mis en ligne des vidéos moqueuses, dont la dernière représente Bisping en hamburger avec des mains en oreillers. Kennedy s'y déguise en pirate-chanteur. «Il fait ça pour attirer l'attention. S'il n'avait pas fait ça, tout le monde s'en foutrait parce que Tim Kennedy est un inconnu !» croit Bisping.
«Nous sommes des personnes différentes, nous avons des vies différentes. Il se moque de tout ce que je suis», insiste Kennedy. «Peut-être est-il venu à Québec pour se sauver durant 25 minutes [cinq rounds de cinq min]. Mais si Bisping est venu pour se battre, vous aurez toute une bagarre.»
«Il va essayer de tirer mes shorts, il va essayer de s'accrocher à la cage, il va essayer de me mettre un doigt dans l'oeil. Quand il va être fatigué, il va essayer de me donner un coup de pied dans les parties. Mais s'il me frappe dans les parties, je vais répondre par un coup au visage, et un autre!» jure l'Américain.
Bisping ne s'est pas battu depuis un an, victime d'un décollement de la rétine à la suite de sa victoire contre Alan Belcher. Il assure que son oeil droit est redevenu en parfaite santé et se dit prêt à reprendre où il avait laissé.