Mathieu Betts était tout sourire en recevant le trophée J.P. Metras pour la troisième fois.

Betts entre dans l’histoire du football canadien

Pour une troisième année consécutive, le joueur de ligne défensive Mathieu Betts a été sacré joueur de ligne par excellence au Canada, remportant jeudi soir le trophée J.P. Metras lors du banquet des étoiles canadiennes tenu en marge de la finale de la Coupe Vanier.

Le redoutable numéro 9 du Rouge et Or devient le premier joueur de l’histoire à remporter cet honneur trois fois. En tenant compte de son trophée Peter Gorman (recrue de l’année) en 2015, Betts est aussi le premier footballeur à remporter quatre prix majeurs U Sports, l’autorité qui supervise le sport interuniversitaire au Canada.

«Je me souviens encore de mon premier banquet et c’est incroyable que je sois encore ici cette année. C’est le travail de plusieurs personnes», a déclaré Betts.

L’ancien des Spartiates du Vieux-Montréal et du Cactus du Collège Notre-Dame a avoué avoir beaucoup progressé depuis son arrivée avec le Rouge et Or. «C’est le jour et la nuit en terme de compréhension du jeu. À ma première année, je faisais beaucoup de jeux seulement sur mon instinct et mes capacités athlétiques.»

La finale de la Coupe Vanier de samedi pourrait être le dernier match universitaire de Betts, qui suscite de l’intérêt de la part d’équipes de la NFL. «J’en suis conscient. On dit souvent que ça passe vite, un cheminement universitaire, mais c’est vrai. C’est un privilège de faire partie de cette semaine. On en parle depuis janvier.»

Dans l’histoire du football universitaire canadien, seul le quart-arrière Chris Flynn (Huskies de St. Mary’s) a gagné un prix majeur trois ans d’affilée (1988, 1989 et 1990), soit le trophée Hec Crighton remis au joueur par excellence de la saison.

Cette année, c’est le quart-arrière Adam Sinagra (Dinos de Calgary) qui a décroché le Hec Crighton, lui qui a établi un nouveau record avec 3233 verges par la passe. Il a notamment devancé son homologue du Rouge et Or, Hugo Richard.

Le Rouge et Or s’est également démarqué en faisant élire huit de ses représentants parmi les étoiles, un sommet. Betts, le plaqueur Vincent Desjardins, le centre Samuel Lefebvre, le garde Samuel Thomassin et le bloqueur Kétel Assé font partie de la première équipe. Richard, le demi de coin Émile Chênevert et le botteur de précision David Côté ont quant à eux été élus au sein de la deuxième équipe.

Regimbald honoré

Le réseau U Sports a également remis le trophée Gino Fracas pour l’entraîneur adjoint de l’année à Peter Regimbald des Stingers de Concordia qui vient tout juste de prendre sa retraite après 50 ans sur les lignes de côté. «C’est très émotif, c’est comme si c’était hier que j’avais commencé à coacher au football», a-t-il déclaré, heureux de voir la progression du sport au Québec.

«Le football a grandi, les jeunes sont mieux coachés, les organisations mieux rodées. Et je suis heureux que les universités francophones aient embarqué pour donner une chance aux Canadiens français de faire leur place aussi», a résumé le vénérable entraîneur qui restera associé à l’organisation des Stingers.

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Hugo Richard cachait une côte cassée en 2017

Hugo Richard a disputé le match de la Coupe Vanier 2017 avec une côte cassée. C’était la révélation de l’entraîneur-chef Glen Constantin jeudi matin, l’air de rien. Le principal intéressé a ensuite confirmé. «Je me suis fêlé une côte à Calgary [en demi-finale], puis elle a cassé dans le premier quart contre Western. J’ai joué avec une côte cassée tout le match, ce qui n’est pas le plus confortable, surtout pour courir», a expliqué le quart-arrière de cinquième et dernière saison, qui avait alors cumulé 20 verges en six courses.

Douze mois plus tard, c’est «le jour et la nuit» au bulletin de santé. Même chose pour le reste de l’équipe. À pareille date l’an dernier, les joueurs de ligne offensive partants Kétel Assé, Samuel Lefebvre et Samuel Thomassin étaient ralentis par une blessure ou carrément absents de l’alignement. Jeudi soir, ils ont tous trois été étoilés sur la scène canadienne et semblent en pleine possession de leurs moyens. En défensive, le retour au jeu du vétéran plaqueur Clément Lebreux fera une solide différence.

Constantin ajoute que pour une rare fois cette saison, aucun de ses joueurs n’a subi d’intervention chirurgicale cet automne. La semaine de congé pour conclure le calendrier régulier a aussi été très profitable.

«Je serai dans le plan par la passe et par la course, comme toujours. Le ballon voyage toujours plus vite que moi, mais si c’est nécessaire, je vais courir», confirme Richard, qui disputera son dernier match universitaire et, sans doute, à vie.

«J’essaie de ne pas me mettre trop de pression sur les épaules. Mais c’est mon dernier match et je me suis préparé le mieux possible pour m’assurer que je ne laisse rien au hasard et que je vais arriver là en plein contrôle, samedi. Et je sais que tous les gars autour de moi ont fait la même chose, de leur propre initiative», termine celui qui semblait jeudi avoir déjà enfilé son visage de match, sans sourire et le feu dans les yeux.  Olivier Bossé