Il y a 25 ans, le 1er février 1993, Gary Bettman entrait en fonction comme commissaire de la LNH. Depuis, sept équipes se sont ajoutées, la Ligue a décrété trois lock-out et une seule équipe canadienne a remporté la Coupe Stanley : le Canadien en 1993.

Bettman, commissaire depuis 25 ans

MONTRÉAL — Gary Bettman, qui a remplacé Gil Stein le 1er février 1993 à titre le commissaire de la LNH, célèbre son 25e anniversaire à la tête de la ligue qu’il a vue grandir de 24 à 31 équipes. Voici un aperçu des principaux événements survenus durant son règne.

Hausse des revenus

Les revenus de la LNH étaient d’environ 400 millions US$ en 1993. Les recettes projetées pour la saison 2018-2019 s’élèvent à 4,54 milliards $. La valeur de la LNH est encore bien inférieure à celle des autres sports majeurs en Amérique du Nord, mais elle compte plus d’équipes, de plus grands amphithéâtres et de meilleurs contrats de télédiffusion depuis l’arrivée de Bettman. Même s’il est hué et critiqué par plusieurs partisans, il est très populaire auprès de ses employeurs : les propriétaires.

Trois lock-out

On se rappellera surtout de Bettman comme étant le commissaire qui a présidé à trois lock-out, perdant un total de 146 matchs de saison régulière par équipe, dont une saison complète. En 1994-1995, le lock-out de 104 jours a été un désastre, les joueurs refusant de plier. Les équipes ont disputé un calendrier de 48 matchs cette saison-là. Dix ans plus tard, ce sont les propriétaires qui ont causé la perte d’une saison complète. À l’issue du conflit, les deux parties ont finalement instauré le plafond salarial et le système de partage des revenus. Après le conflit qui a réduit la saison 2012-2013 à 48 matchs, le partage des revenus est passé de 56 % aux joueurs à 50-50. .

Expansion et remaniement

Sous Bettman, l’expansion s’est poursuivie avec l’arrivée de nouvelles équipes : Floride, Anaheim, Nashville, Atlanta (devenus les Jets de Winnipeg), Minnesota et Columbus. Cette saison, les Golden Knights de Las Vegas sont devenues la 31e concession de la LNH. L’idée de placer des équipes dans des marchés non traditionnels a présenté des résultats peu concluants. Les Jets de Winnipeg ont été transférés à Phoenix en 1996, là où le hockey éprouve encore des difficultés. Québec a perdu ses Nordiques bien-aimés au profit du Colorado. Les North Stars du Minnesota ont déménagé à Dallas, tandis que les Whalers d’Hartford ont pris la direction de Raleigh, en Caroline du Nord. Seattle devrait accueillir la prochaine équipe d’expansion.

Le contrat de télédiffusion

L’une des grandes motivations derrière l’idée d’expansion était évidemment de décrocher une entente nationale de télédiffusion. Ce fut long. Dans les années 1990, la Ligue s’était entendue avec Fox sur un contrat de cinq ans et de 155 millions $, suivi d’une entente de cinq ans et de 600 millions avec ESPN-ABC. L’avenir s’annonçait sombre après le lock-out de 2004-2005, alors que la LNH était diffusée sur une chaîne appelée Outdoor Life Network, qui est devenue Versus, détenue par Comcast. Finalement, en 2011, NBC/Comcast a offert un contrat de 10 ans et 2 milliards $.Rogers a pour sa part offert un contrat de 12 ans et 5,2 milliards $ pour les droits canadiens en 2013.

Pauvre Canada...

À sa première saison en tant que commissaire, le Canadien a remporté sa 24e Coupe Stanley. Aucun autre club canadien n’a mis la main sur le gros trophée. Bettman a été dénigré à plusieurs reprises au pays, pas seulement pour les dossiers concernant le déménagement des Jets en 1996 et l’équipe d’expansion promise à Québec. À l’époque, il semblait prendre les équipes canadiennes et les partisans pour acquis, tout en concentrant ses énergies sur les marchés qui n’en avaient rien à faire du hockey. Il a cependant appuyé le retour d’une équipe à Winnipeg. Après tout, le Canada contribue lui aussi au partage des revenus.

À trois contre trois

Vous vous souvenez des bagarres? Elles sont toujours là, mais sont loin d’être aussi présentes que par le passé. Le sport a drastiquement changé depuis l’arrivée de Bettman. La ligne rouge a disparu, la période de prolongation se dispute à trois contre trois. L’équipement a également beaucoup évolué, surtout celui des gardiens de but. Le sport est de plus en plus rapide, mais de moins en moins de buts sont marqués. Le dossier des commotions cérébrales demeure un sujet chaud.