Artur Beterbiev, installé à Montréal avec sa famille, défendra son titre unifié contre le coriace boxeur chinois Meng au Centre Vidéotron le 28 mars.

Beterbiev voudrait bien une ceinture de plus [VIDÉO]

Même s’il devra auparavant affronter l’aspirant obligatoire Fanlong Meng (16-0, 10 K.-O.) le 28 mars au Centre Vidéotron, le Russe Artur Beterbiev (15-0, 15 K.-O.) a avoué lundi qu’il ne détesterait pas ajouter une autre ceinture de championnat des mi-lourds à celles du World Boxing Council (WBC) et de l’International Boxing Federation (IBF) qu’il possède déjà.

«Vous savez, j’oublie vite... Je me suis rappelé que j’avais deux titres mondiaux quand j’ai revu les ceintures. Oui, je veux un troisième titre, mais ne le dites pas trop fort, c’est un secret!» a lancé Beterbiev, sourire en coin, lors de la conférence de presse du Groupe Yvon Michel et de Top Rank qui avait lieu au Capitole de Québec pour annoncer officiellement le prochain gala. Beterbiev pourrait éventuellement viser le titre vacant de la World Boxing Organization (WBO) ou celui de la World Boxing Association (WBA), où Dmitry Bivol est le «super champion» et Jean Pascal, le champion.

Le Russe installé à Montréal depuis 2013 défendra son titre unifié contre Meng, un boxeur chinois moins connu en Amérique, mais néanmoins coriace.

«C’est un nouveau combat, un nouveau livre que j’ouvre. Je ne peux pas dire l’avenir, mais je vais travailler fort, c’est tout.»

Adversaire crédible

Même s’il a remporté tous ses combats professionnels par K.-O. jusqu’à maintenant, Beterbiev jure qu’il ne planifie jamais de l’emporter par mise hors de combat. «Je ne le planifie jamais. Je ne planifie jamais de blesser ou tuer les gens, je fais simplement de mon mieux», a-t-il ajouté. Son entraîneur Marc Ramsay abondait dans le même sens. «Artur se prépare toujours pour des combats difficiles de 12 rounds.»

Ramsay a ajouté qu’il connaissait Meng depuis les rangs amateurs, où il avait remporté l’or aux Jeux asiatiques en 2010.

«C’est un adversaire crédible, je le comparerais à Lucian Bute. Il a une très bonne force de frappe, il est très bon en contre-attaque. Avec Oleksandr Gvozdyk, ce sera le meilleur boxeur qu’Artur aura affronté. Il est grand, il est gaucher et il est un boxeur assez complet qui n’a pas beaucoup de failles. Ce sera à nous d’imposer nos forces», a-t-il analysé.


« Je ne planifie jamais de blesser ou tuer les gens, je fais simplement de mon mieux »
Artur Beterbiev

Quant à Meng, qui assistait à la conférence de presse par vidéoconférence à partir du New Jersey avec son entraîneur Shaun George, il a été bref dans ses propos relayés par un traducteur.

«La seule chose que je peux dire, c’est que je travaille très fort dans un camp d’entraînement strict. J’ai un plan de match pour Artur, mais je ne peux pas donner les détails. Vous verrez!» a-t-il lancé. George, lui, a qualifié Beterbiev de combattant remarquable, très fort et très confiant, mais a mis en garde ceux qui seraient tentés de sous-estimer son poulain.

«C’est un des meilleurs au monde et tout est une question de style : Artur Beterbiev est un cogneur, mais Fanlong Meng est un boxeur», a-t-il résumé.

Rivas et Zewski au programme

Le Groupe Yvon Michel a aussi profité de la conférence de presse pour annoncer la présence de deux autres boxeurs au gala : le poids lourd colombien Oscar Rivas (26-1, 18 K.-O.) et le Trifluvien Mikaël Zewski (34-1, 23 K.-O.), qui combattra chez les mi-moyens. Les deux guerriers connaissent leurs adversaires, mais ces derniers n’ont pas encore été annoncés, car la carte de la soirée n’a pas encore été déposée à la Régie des alcools, des courses et des jeux.

«J’ai été avec Top Rank pendant quelques années et, pour moi, ce gala est une occasion de leur montrer qu’ils se sont trompés en me laissant partir. Ce sera aussi une occasion pour moi de me remontrer au public des États-Unis puisque le gala sera diffusé sur ESPN», a déclaré Zewski. Rivas, surnommé «Kaboom», tentera de poursuivre sa route vers un combat de championnat après une première défaite contre Dillian Whyte à Greenwich en juillet.

«J’espère que la nouvelle année sera meilleure pour moi. Je suis content d’avoir une nouvelle opportunité de montrer mon talent», indique celui qui, comme Beterbiev, est installé à Montréal depuis quelques années.

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UNE PREMIÈRE CANADIENNE

Selon les promoteurs, le choc Beterbiev-Meng sera le premier combat au Canada mettant en jeu un titre mondial unifié et auquel prendra part un boxeur installé au Canada.

«Ça ne s’est jamais vu avec des boxeurs de chez nous», assure l’un des promoteurs, Yvon Michel. «Bien sûr, il y a eu le combat entre Kendall Holt et Timothy Bradley Jr pour le titre unifié des super-légers au Centre Bell en 2009, mais il s’agissait de deux boxeurs des États-Unis», poursuit-il.

Michel a aussi rappelé le cas de l’ex-champion du monde canadien Lennox Lewis, qui a déjà cumulé quatre titres et est donc le dernier poids lourd à avoir été champion incontesté. «Lennox est parti boxer au Royaume-Uni, car il n’y avait aucun promoteur qualifié pour le gérer ici. Si on avait été là à l’époque, on ne l’aurait pas laissé partir! C’est ce qu’on veut éviter avec un gars comme Artur Beterbiev. On ne veut pas que les boxeurs démarrent leur carrière au Canada pour ensuite partir, car il n’y a pas les ressources suffisantes ici», a-t-il indiqué.

Ainsi, Michel espère accueillir entre 7000 et 8000 spectateurs pour son gala du 28 mars.

«Il faut attirer des gens pour éviter que nos boxeurs doivent défendre leurs titres sur la route quand ils seront rendus de niveau international», poursuit-il. Il place d’ailleurs beaucoup d’espoir en son poulain russe qui a grandement amélioré son anglais et son français depuis quelques années. 

«Il y a des gens qui embarquaient moins dans la personnalité de certains champions, mais je crois que les gens aimeront Artur, car il a une belle histoire. C’est un bon père de famille qui a choisi d’avoir ses enfants au Québec et qui n’a aucun squelette dans le placard», a-t-il conclu.