«Pour moi, c’est un privilège de me retrouver avec les futurs espoirs canadiens», a déclaré Boris Bede au Soleil.

Bede toujours heureux d’encourager la relève

THETFORD MINES — Le botteur des Alouettes de Montréal et ancien du Rouge et Or de l’Université Laval Boris Bede garde toujours un oeil sur le football scolaire, collégial et universitaire. Celui qui effectuait samedi le botté protocolaire du Bol d’or collégial de première division au Cégep de Thetford Mines avoue avoir un faible pour ceux qui représentent la relève de son sport.

«Pour moi, c’est un privilège de me retrouver avec les futurs espoirs canadiens», a déclaré Bede au Soleil. D’ailleurs, peu de temps après le début de notre entrevue, Bede s’esquivait quelques minutes, histoire d’aller féliciter Adam Mahrouse et Ben MacDonald, les botteurs des Cheetahs de Vanier et des Cougars du Collège Champlain/Lennoxville, avant qu’ils ne quittent le terrain au terme de la période d’entraînement.

«C’est une marque de respect envers eux, c’est important pour moi de le faire, car, peu importe le niveau, on est un peu comme une confrérie, nous, les botteurs. C’est comme les gardiens de but au hockey: quand ça va bien, personne ne parle de nous, mais quand ça va mal, tout le monde parle de nous!», illustre-t-il.

Filière française

Le Français n’a pas eu à se faire prier pour se pointer à Thetford Mines, où son ami et compatriote Félix Lechasseur, un autre ancien du Rouge et Or, fait partie du personnel d’entraîneurs de l’équipe de football collégiale, les Filons.

Vainqueurs du Bol d’or de troisième division en 2015, les Filons évoluent maintenant en deuxième division et alignent toujours, bon an, mal an, une bonne quantité de footballeurs français qui effectuent leurs premiers pas sur un terrain en Amérique.

«Moi, quand je suis arrivé au Québec, je n’ai pas joué au niveau collégial et il n’y avait pas autant de Français au football universitaire. Les Français ont commencé à arriver en masse à ma troisième année avec le Rouge et Or», raconte celui qui, comme plusieurs botteurs originaires d’Europe, avait un pedigree de joueur de soccer avant de s’initier au ballon ovale suite au déménagement de sa famille vers les États-Unis.

«C’est vraiment bien ce qu’ils font ici à Thetford Mines en accueillant plusieurs joueurs de France. Ça permet à des footballeurs de chez nous de pratiquer leur sport à un niveau compétitif dans un super beau pays», poursuit-il.

Le coeur avec le R&O

Bede garde également toujours une place dans son coeur pour Québec, la ville qui l’a accueilli à son arrivée dans la province, et pour le Rouge et Or, avec qui il a évolué de 2011 à 2014.

«Ça fait cinq ans que j’ai quitté l’équipe, mais je continue toujours à suivre leurs activités même s’il n’y a plus aucun de mes ex-coéquipiers dans l’alignement. La dernière génération avec qui j’aie joué, celle d’Hugo Richard, a terminé son parcours l’an dernier!», enchaîne celui qui considère comme une fierté le fait d’avoir évolué à Laval.

«C’est dommage que le Rouge et Or ait perdu la Coupe Dunsmore cette année. Les Carabins ont été très bons et je sais que pour les joueurs de Laval, c’est un apprentissage. Ils doivent avancer avec ça et, après ça, ils ne peuvent que devenir meilleurs. Je le sais, car j’ai perdu et gagné avec cette équipe», analyse-t-il.

Le botté de 2014

Celui qui a deux bagues de la Coupe Vanier se souvient toutefois encore du botté de placement de 47 verges qu’il a raté en prolongation en 2014 et qui aurait permis à son équipe d’égaler le pointage. Le Rouge et Or avait alors perdu la Coupe Dunsmore par la marque de 12 à 9 aux mains de ses grands rivaux des Carabins de l’Université de Montréal.

«Des défaites comme celle-là, ça fait toujours très mal. Je m’en suis voulu longtemps d’avoir raté ce botté, mais, après la saison, les Alouettes étaient là et m’ont quand même embauché», raconte Bede, illustrant qu’après la pluie vient souvent le beau temps.

D’ailleurs, le botteur entrevoit de belles années pour les Alouettes, éliminés des séries la semaine dernière par les Eskimos d’Edmonton. «Je crois que ce sera encore mieux l’an prochain si on réussit à garder la majorité de nos joueurs. Khari (Jones) est un excellent entraîneur. C’est un gars d’équipe et un gars de famille et il a réussi à tisser des liens avec les joueurs d’une façon que j’ai rarement vue dans ma carrière», a-t-il terminé.