Pierre-Alexandre Bédard a remporté le Championnat de la PGA du Canada, la semaine dernière.

Bédard, l'homme à battre à l'Omnium Bâton Rouge

L’idéal aurait été de faire changement. D’éviter de parler, à l’aube de l’Omnium Bâton Rouge, du même joueur que l’an dernier. Mais par son brio, Pierre-Alexandre Bédard ne nous a pas laissé le choix.

Le golfeur affilié au club de golf Cap-Rouge revient dans ses terres auréolé d’un triomphe au Championnat de la PGA du Canada, acquis vendredi dernier à Toronto. La plus grande victoire en carrière du golfeur de 23 ans. La preuve «que je suis dans le droit chemin», dit-il.

Il aura donc une cible dans le dos, mercredi et jeudi, sur les allées du club dont il est membre depuis cinq ans. «Je suis quelqu’un qui a une chance de gagner à chaque tournoi, depuis l’an dernier. Il n’y a rien de différent, même si je viens de gagner la semaine passée», tempère toutefois Bédard, en toute humilité.

Avant de se pointer à Toronto, il avait pris trois jours de congé sans toucher à un bâton. «Ce que je ne fais jamais, jamais. Je suis allé là l’esprit libre, en ayant aucune attente», raconte Bédard, qui s’est aussi accordé une courte pause avant le tournoi de cette semaine, histoire de se remettre de sa victoire, acquise au terme de sept rondes disputées en cinq jours.

Espoir de premier plan

Selon le président du Circuit Canada Pro Tour (CCPT), Jean Trudeau, il faut remonter aux jeunes années de Carl Desjardins, il y a deux décennies, pour observer un golfeur Québécois aussi prometteur. «Pierre-Alexandre est vraiment voué à une carrière exceptionnelle. On parle souvent de relève : là, on a un pur-sang», déclare-t-il, vantant entre autres la maturité du golfeur. «Je l’ai rarement vu plus loin qu’un top 10. Si on veut miser sur un poulain pour du long terme, c’est un bon.»

Comme il en a l’habitude, Bédard a passé l’hiver en Floride. Mais cette fois-ci, il a profité à la fois du toit et des conseils d’un ancien de la PGA, David Morland IV, aussi présent cette semaine à Cap-Rouge.

Ce dernier se voit comme un guide, un mentor pour le jeune Bédard. «On a parfois disputé les mêmes tournois. Mais on a beaucoup travaillé ensemble en-dehors du terrain. Sur des choses fondamentales par rapport à l’élan, avec du vidéo. […] Il doit effectuer une couple de changements pour atteindre le niveau supérieur, mais il sait maintenant ce qu’il doit faire.»

Le golfeur de 49 ans hébergeait aussi Sonny Michaud (La Tempête) cet hiver. «Ç’a bien fonctionné. Ma femme les a adorés, ils ont aidé dans la maison», a aussi souri le Canadien Morland, un résidant de Palm Coast.

Se démarquer sur le Mackenzie

Bédard pourrait obtenir quelques exemptions pour des tournois du circuit Mackenzie, troisième niveau de golf en Amérique du Nord, derrière la PGA et le Web.com. Mais pour accéder au niveau supérieur à temps plein, il devra se démarquer lors des Q school, tournois de qualification tenus au printemps. À son premier essai, en avril dernier, il était toutefois dans un creux de vague.

«Même si on a un circuit ici [le CCPT] qui est magnifique, qui me permet de me développer pour garder un bon régime de golf, il faut que je m’en aille sur le Mackenzie si je veux atteindre le Web.com et ainsi de suite», a indiqué Bédard, pensant à la PGA sans la nommer.

Le natif de Chibougamau souhaite faire mieux que sa neuvième place à Cap-Rouge l’an dernier, mais le peloton présent cette semaine est encore plus relevé. Parmi les 121 joueurs inscrits à l’Omnium Bâton Rouge, plusieurs peuvent prétendre au titre, dont quatre des cinq derniers gagnants du Championnat de la PGA du Canada.

En plus de Bédard, Jean-Philip Cornellier (2017), Marc-Étienne Bussières (2016) et Dave Lévesque (2014) seront à surveiller. Retenez aussi les noms de Tim Alarie, de Stephane Dubois et de Vaita Guillaume.

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FORTES PROBABILITÉS... DE MOLLETS!

Les golfeurs présents à l’Omnium Bâton Rouge auront vraisemblablement le droit de porter des bermudas, mercredi et jeudi. Une chose rare dans le golf professionnel, où le code vestimentaire des athlètes demeure rigide, tradition oblige. Mais la chaleur accablante déjà bien en place à Québec depuis dimanche devrait se poursuivre jusqu’à jeudi. Et selon les règles du Circuit Canada Pro Tour, les golfeurs ont le droit de se montrer les mollets si la température (avec le facteur humidex) pointe au-delà de 35 °C. Tout ça, même si «ça fait drôle de voir des pros en shorts», dit en souriant le président du circuit, Jean Trudeau, lui-même en pantalon et chemise à manches longues, mardi, malgré la trentaine de degrés au thermomètre.

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MONTÉE EN GRADE

L’Omnium Bâton Rouge profite d’une «promotion» cette année. Le tournoi de 36 trous disputé au club Cap-Rouge est passé de la Division nationale à la Division internationale du Circuit Canada Pro Tour (CCPT). «On a décidé d’amener la majorité de nos événements dans la division internationale», explique le président du Circuit, Jean Trudeau. «Ce fut une excellente décision. On a vu que les contingents ont augmenté. On est allé chercher des pros provenant des États-Unis à chacun des tournois. Ça rehausse le niveau.» L’Omnium Bâton Rouge n’est donc plus réservé aux professionnels canadiens comme l’an dernier. Ils forment toujours la grande majorité des golfeurs en lice, mais se greffent à eux six Américains, un Australien et un Tahitien. La bourse globale de l’Omnium est aussi passée à 50 000 $, soit 10 000 $ de plus que l’an dernier. Le gagnant recevra un chèque de 10 000 $. Le CCPT existe depuis 2016.