Directeur et entraîneur de Team Thetford, Armel Junior Denis Mampouya-Mazinga (veste grise) garde espoir que les sports intérieurs puissent reprendre d’ici le début de la prochaine année scolaire.
Directeur et entraîneur de Team Thetford, Armel Junior Denis Mampouya-Mazinga (veste grise) garde espoir que les sports intérieurs puissent reprendre d’ici le début de la prochaine année scolaire.

Basketball: Team Thetford se croise les doigts

Directeur et entraîneur de Team Thetford, l’organisation de basketball qui a formé l’ailier Chris Boucher des Raptors de Toronto, Armel Junior Denis Mampouya-Mazinga garde espoir que les sports intérieurs puissent reprendre d’ici le début de la prochaine année scolaire.

Autrefois connue sous le nom d’Académie de basketball de Thetford Mines, l’organisation qui a fait l’objet d’un documentaire de Sébastien Rist en janvier se fait maintenant appeler Team Thetford ou Atelier 803.

«On analyse présentement les trois scénarios possibles qui sont une reprise presque «normale» avec des gants et des masques, une reprise orientée vers les exercices individuels en mini-groupes et pas de reprise du tout», indique M. Mampouya-Mazinga en entrevue avec Le Soleil.

«Tous les jeunes sont rentrés chez eux quand toutes les activités ont cessé en mars. On attend maintenant que les directives de la santé publique changent, mais on ne sait pas à quel rythme ça se fera», poursuit-il.

L’entraîneur avoue que si le gouvernement n’autorise pas la reprise des sports intérieurs, son programme sera en danger. «Si c’est encore le confinement et les études à distance en septembre, sans activités sportives, ce sera une catastrophe», laisse-t-il tomber.

Positif

Armel Mampouya-Mazinga demeure cependant positif, rappelant que les activités de basketball en Espagne et en Allemagne reprennent lentement et soulignant que la pandémie n’a pas nui à ses efforts de recrutement.

«Ce n’est pas plus compliqué. On aurait nos trois équipes pour l’an prochain. Je parle régulièrement aux parents de mes joueurs au téléphone. Bien honnêtement, ils sont rassurés, car à Thetford Mines, on vit presque en isolement à l’année parce qu’on est loin des grands centres. Il n’y a d’ailleurs plus aucun cas de COVID-19 dans la région. Ils sont donc plus à l’aise que leurs enfants soient ici que dans les grands centres», explique-t-il.

L’an prochain, les trois quarts des effectifs de Team Thetford proviendront du Canada, essentiellement de la région montréalaise, les autres de la France métropolitaine et des Antilles françaises.

«Nous jouons la plupart de nos matchs à l’extérieur, contre des collèges et des écoles préparatoires américaines et de l’Ontario. Les ligues où nous évoluons ont développé des mesures pour avoir une situation sanitaire optimale. Les matchs se joueront sûrement sans public et à huis clos, les arbitres seront protégés. Nous, on attend seulement le plan du gouvernement, mais, pour le moment, ça semble aller dans le bon sens», indique le directeur de Team Thetford.

«Par contre, le placement de nos joueurs dans les universités est devenu super compliqué en période de pandémie. Les frontières sont fermées, les joueurs ne peuvent pas visiter les campus», poursuit-il. 

Malgré tout, Team Thetford a réussi à placer deux de ses finissants, Tidjane Dioumassi et Djahi Binet, au Angelina Junior College de Lufkin, au Texas. «On a déjà deux finissants sur trois de placés, alors on réussit notre mission», poursuit Armel Mampouya-Mazinga.

Pas que la NBA

D’ailleurs, si l’Académie a pris le nom d’Atelier 803 en février, c’est justement pour marquer l’accent plus grand placé sur les études universitaires qui sont l’objectif de plusieurs jeunes joueurs.

L’organisme dont la devise est «Découvrir pour s’accomplir» se targue maintenant d’employer le basketball élite et le contexte d’apprentissage qu’il offre pour outiller les jeunes dans l’atteinte de leur plein potentiel sportif, académique et humain.

Comme un atelier, il offre à ses étudiants-athlètes un espace où ils ont les outils et l‘appui nécessaire pour découvrir leurs forces et leurs talents dans le but de s’accomplir à leur façon, d’aller au bout de leur potentiel. 

«Nous avions parfois des conflits avec l’ancien directeur qui parlait beaucoup de Chris Boucher dans la NBA alors qu’on voulait aussi démontrer que, grâce au basketball, les jeunes pouvaient aussi aller à l’université et apprendre en vue de leur future carrière.»

«La réussite ne passe pas que par la NBA! Bien sûr, il y en aura d’autres qui feront comme Chris Boucher. On se croise les doigts pour Quincy Guerrier, qui est à l’Université de Syracuse et on espère qu’il soit repêché l’an prochain. Cependant, ceux qui ne se rendent pas là, ça ne veut pas dire qu’ils n’ont pas réussi», conclut-il.