L’entraîneur-chef de l’équipe féminine de basketball du Rouge et Or Guillaume Giroux (à gauche) et son homologue du côté masculin Nathan Grant, ont présenté à la presse leur formation respective pour la campagne 2019-2020.

Basketball Rouge et Or: grosse commande pour les filles

Championnes québécoises en titre et finalistes au championnat universitaire canadien, les basketteuses du Rouge et Or de l’Université Laval, qui débutent leur saison jeudi contre les Martlets de McGill, auront une grosse commande à remplir cette année, surtout avec la perte de trois joueuses étoiles, Claudia Émond, Jane Gagné et Sarah-Jane Marois, qui ont complété leur parcours universitaire l’an dernier.

Pour l’entraîneur-chef Guillaume Giroux, entraîneur de l’année au Canada l’an passé, le défi est important, notamment parce que d’autres formations, comme les Gaiters de Bishop’s et les Citadins de l’UQAM, ont passablement amélioré leurs équipes cette année. «De notre côté, nous avons moins de vedettes, mais toutes les filles sont capables de contribuer», a-t-il expliqué en conférence de presse mercredi, bien conscient du fait que les Émond, Gagné et Marois étaient responsables d’une quarantaine de points par match.

Giroux comptera beaucoup sur l’ailière de six pieds trois pouces Khaléann Caron-Goudreau, élue joueuse défensive par excellence au Canada l’an dernier après avoir évolué quelques saisons dans les universités américaines. «Pour nous, c’est un gros morceau», indique-t-il, ajoutant que d’autres joueuses devraient être appelées à jouer un plus grand rôle sur le terrain, notamment Carrie-Ann Auger. «Carrie-Ann a vraiment pris un gros step cette année après avoir passé les dernières saisons derrière Sarah-Jane et Claudia», indique-t-il. Léa Dominique et Djamila Amidou-Triquet, qui commencera cependant la saison sur la liste des blessées, sont deux autres joueuses de deuxième année pour lesquelles les attentes seront plus élevées. 

Sang neuf

Giroux pourra également compter sur de nouvelles venues. Les ailières Maude Archambault et Élise Roy arrivent respectivement des Gaiters de Bishop’s et des Stingers de Concordia pour entreprendre une maîtrise à Laval. «Maude était quatrième compteuse de la ligue l’an dernier et je l’ai déjà dirigée avec les Nomades de Montmorency. Je suis très content de la retrouver ici. C’est une fille qui lance pour trois points, qui attaque le panier et qui court bien. Quant à Élise, c’est une joueuse très hargneuse qui était dans le top 5 pour les vols de ballon et les rebonds», explique-t-il.

Originaire de Lévis, Élise Roy retrouve avec le Rouge et Or son ancienne coéquipière des Panthères de Mérici Marie-Pier Champagne. «Si je m’étais inscrite à Concordia, c’est parce que le programme dans lequel j’avais débuté mon cheminement universitaire ne se donnait que là-bas. J’ai cependant changé d’orientation en chemin», poursuit l’étudiante à la maîtrise en administration des affaires avec spécialisation dans la gestion des services de santé. «Je suis une joueuse qui a beaucoup d’énergie, mais ce n’est pas nécessairement sur la feuille de pointage qu’on verra mon apport», ajoute-t-elle.

Heureuse de retrouver son ancienne coéquipière, Marie-Pier Champagne aimerait bien goûter de nouveau à la finale canadienne. «Y être allé, ça donne le goût d’y aller encore. Là, j’ai deux médailles d’argent et j’aimerais bien en avoir une en or», lance-t-elle, ajoutant qu’elle croit en son équipe malgré le départ de joueuses-clés. «Je pense que je préfère une équipe où toutes les filles peuvent faire dix points qu’une équipe où il y a seulement une All Star, illustre-t-elle.  

Guillaume Giroux misera aussi sur l’arrivée de l’arrière Leslie Makosso et de l’ailière Zahra Douar-Wajih, qui s’amènent de la France. «Leslie aura un grand rôle à jouer dans l’équipe dès le départ. Elle est une meneuse de jeu classique à l’européenne. Quant à Zahra, elle est plus jeune [20 ans] et a des habiletés. Elle devra maintenant aller chercher de la constance», ajoute-t-il à propos de la joueuse de 4 pieds 9 pouces qui ravira à Carrie-Ann Auger (5 pieds 3 pouces) le titre de plus petite joueuse de l’équipe.

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RECRUTEMENT PLUS ARDU

Guillaume Giroux, entraîneur de l’équipe féminine de basketball du Rouge et Or, l’avoue : le recrutement est devenu plus ardu ces dernières années. Le rêve américain que choisissent de vivre certaines joueuses est responsable de cette situation.

«Pour nous, aller chercher des joueuses en France ou à Montréal est devenu vital. Le recrutement est de plus en plus difficile. Les meilleures joueuses des Dynamiques de Sainte-Foy risquent toutes d’aller aux États-Unis. C’est devenu la mode et on ne peut pas vraiment se battre contre ça. Nous, on peut juste payer les frais de scolarité, on ne peut pas payer un appartement ou d’autres choses comme ils font aux États-Unis», a expliqué Giroux.

Le fait que les équipes collégiales disputent de plus en plus de matchs contre des collèges américains stimule l’intérêt des basketteuses québécoises pour le Pays de l’Oncle Sam. «Il y a beaucoup de matchs contre les États-Unis et si les coaches de cégep n’offrent pas cette visibilité à leurs joueuses, elles iront jouer ailleurs. Dans ces matchs, les joueuses entrent en contact avec cette culture et plusieurs l’achètent et ont le goût de l’essayer», analyse Giroux, en précisant toutefois que certaines décident ensuite de rentrer au bercail, comme Khaléann Caron-Goudreau qui s’aligne pour une deuxième année avec le Rouge et Or après avoir évolué dans la NCAA.  

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UNE PERTE QUI FAIT MAL À L'ÉQUIPE MASCULINE

Le nouvel entraîneur de l’équipe masculine de basketball de l’Université Laval, Nathan Grant, n’essaie pas de se défiler : la blessure à un pied qui tiendra son centre Marc-André Fortin à l’écart des parquets toute la saison aura un impact majeur sur le Rouge et Or.

«La perte de Marc-André, ça change tout! On avait tout mis en place en fonction de sa présence. Ce sera difficile de remplacer tout ce qu’il peut faire au niveau défensif, mais on essaiera d’aller chercher des résultats avec le groupe», a résumé Grant à propos de son vétéran de 6 pieds 8 pouces qui soigne une blessure à un pied. 

«On se présentera quand même à chaque match pour gagner. Je suis quelqu’un de vraiment ferme et je veux que tous mes athlètes soient redevables de tout ce qu’ils font sur et à l’extérieur du terrain», indique-t-il, ajoutant que le Rouge et Or devrait présenter un style de jeu complètement différent cette année. «On devrait lancer beaucoup de trois points et avoir un style vraiment rapide», indique-t-il.

Le vétéran arrière Vladimir Thomas, sixième marqueur au Québec l’an dernier, l’ailier recrue Sidney Tremblay-Lacombe, qui revient dans sa ville natale après un passage au collégial avec les Nomades de Montmorency, et l’arrière Steeve Joseph, un ancien des Cheetahs de Vanier, sont des joueurs sur lesquels Grant comptera en plus de miser sur sa notoriété comme entraîneur de l’équipe du Québec pour améliorer le recrutement au cours des prochaines années.

«Je ne suis pas du genre à faire des promesses aux gars, mais je pourrai leur montrer ce qu’il y a, ici et à Laval, il y a vraiment tout», illustre-t-il. Joseph est d’ailleurs un résultat direct de l’arrivée de Grant avec le Rouge et Or. «Si je suis venu ici, c’est parce que je voulais jouer pour coach Nathan, indique-t-il.

Thomas n’avait d’ailleurs que de bons mots pour son nouveau coéquipier. «Steeve est vraiment le meilleur garde défensif. Il est capable de garder n’importe quel gars et il fait des jeux qui font la différence», analyse-t-il. «Nous perdrons un peu de grandeur cette année, et un gars comme Marc-André, ça se remplace avec onze gars, pas avec un seul. Cependant, je pense qu’on aura cinq gars capables de lancer de la ligne de trois points, alors ça risque d’être intéressant», conclut-il.