Khaléann Caron-Goudreau (à droite), une ancienne du Blizzard du Séminaire Saint-François, évoluait la saison dernière en division 1 de la NCAA avec les Longhorns de l’Université du Texas.

Basketball: Khaléann Caron-Goudreau, un élément clé

Classées premières au pays, les basketteuses du Rouge et Or de l’Université Laval ont de grandes ambitions cette saison. Et elles ont une nouvelle arme dans leur arsenal pour les réaliser avec l’arrivée de l’attaquante de 6’4” Khaléann Caron-Goudreau, qui évoluait l’an dernier avec les Longhorns de l’Université du Texas.

Certains se souviendront de la jeune femme de Gatineau pour l’avoir vue évoluer avec le Blizzard du Séminaire Saint-François, il y a quelques années. «On avait gagné la finale par 40 points en secondaire IV!» se souvient celle qui a ensuite pris le chemin des écoles préparatoires américaines. Elle y a passé deux ans avant d’être recrutée par l’Université Vanderbilt, où elle a joué une saison avec les Commodores avant de quitter pour le Texas.

«Dans la division 1 de la NCAA [le plus haut niveau de sport universitaire aux États-Unis], il y a beaucoup de surentraînement. J’ai dû composer avec des blessures et je n’ai pas vraiment été chanceuse au niveau du temps de jeu», a expliqué Khaléann, qui était sur le terrain seulement 6,9 minutes par match en moyenne l’an dernier et 10,5 minutes par match l’année précédente avec les Longhorns.

«J’ai gradué et je voulais faire une maîtrise en administration des affaires, mais on ne m’offrait qu’un double baccalauréat. Cet été, je ne pensais pas revenir au Québec, mais le Rouge et Or m’a contactée et j’avais la possibilité de jouer deux ans de plus, en plus de faire ma maîtrise.»

Nouvelle donne

Il faut dire que l’entraîneur-chef du Rouge et Or, Guillaume Giroux, et son adjoint François Patenaude connaissaient bien la longiligne athlète blonde. «Elle a joué dans l’équipe du Québec dont j’étais l’entraîneur adjoint et François l’a coachée au Séminaire Saint-François», indique Giroux, qui considère sa nouvelle acquisition comme un élément clé de son équipe.

«Son arrivée va changer la donne parce que c’est une fille hors norme pour notre niveau. C’est une grande fille mobile et, normalement, ce genre de joueuse évolue aux États-Unis. Elle peut courir, elle peut lancer de l’extérieur. L’an passé, je devais faire jouer mes ailiers comme Jane Gagné très proche du panier. Avec Khaléann dans l’alignement, je pourrai les éloigner un peu.»

Elle domine déjà l’équipe pour les revirements après sept parties hors concours. «Il ne faut cependant pas qu’elle se mette trop de pression», avertit Giroux. «À son premier match, elle a été exceptionnelle, mais je n’ai jamais pensé qu’elle ferait la même chose à tous les matchs.»

Plus physique

Se décrivant comme une perfectionniste, Khaléann dit avoir appris beaucoup de ses six ans au pays de l’Oncle Sam. «Dans la NCAA, j’ai développé une bonne éthique de travail et je suis aussi devenue une joueuse plus physique. On s’entraînait avec l’équipe des gars, alors je ne me suis jamais gênée pour frapper. Maintenant, je suis toujours intense et il faut que je me contrôle. Je cours bien le terrain et je manipule bien la balle.»

Sa coéquipière Claudia Émond, qui en est à sa dernière année d’admissibilité, espère aussi que l’arrivée d’une nouvelle joueuse de haut calibre aidera le Rouge et Or à aller chercher un titre québécois et peut-être aussi un championnat canadien après une deuxième place au niveau provincial et une sixième position au Canada l’an dernier.

«C’est un gros défi, mais je veux gagner à ma dernière année. J’ai bien bâti ma confiance et je pense que l’arrivée de Khaléann améliorera beaucoup l’équipe. D’abord pour son expérience prise aux États-Unis, mais aussi à cause de l’effet de surprise. Comme ça fait cinq ou six ans qu’elle était là-bas, les autres équipes ne l’ont pas beaucoup vue jouer», a expliqué l’ancienne des Dynamiques du Cégep de Sainte-Foy.

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L’entraîneur-chef Jacques Paiement Jr

L'OEIL SUR UNE DES DEUX PREMIÈRES PLACES

Les basketteurs du Rouge et Or ont des attentes moins élevées que leurs consœurs. Ils espèrent terminer en première ou en deuxième place au Québec afin d’avoir au moins un match des séries à domicile, ce qui n’est pas arrivé depuis quatre ans. 

L’entraîneur-chef Jacques Paiement Jr estime cet objectif réalisable avec une formation mature qui compte trois joueurs de cinquième année, deux de quatrième année et six de troisième année. «Les dernières saisons, nous avions démarré fort pour éprouver des difficultés après les Fêtes. Cette année, nous nous préparons davantage en vue d’un objectif global pour la saison», a-t-il expliqué, mercredi.

Malgré le départ de l’ailier Frantson Démosthène et des blessures au centre Marc-André Fortin, qui ne reviendra pas avant les Fêtes, à l’ailier Christian Redmond-Kannon et à l’arrière Nicolas Desjardins, Paiement croit avoir entre les mains un noyau capable de faire face à la musique. «Comme nous avons un système basé davantage sur le travail d’équipe, nous sommes moins à la merci de l’absence d’un joueur», poursuit--il, ajoutant qu’il aime beaucoup son équipe rapide, agressive et qui marque plus de points que par les années passées.

Samedi, ses protégés auront d’ailleurs des adversaires de taille pour un match hors concours présenté au PEPS, alors qu’ils affronteront une équipe formée d’anciens basketteurs du Rouge et Or, dont le président du conseil d’administration de l’équipe, Charles Fortier. La formation sera complétée par le centre Boris Hadzimuratovic, les ailiers Samuel Audet-Sow, François-Olivier Hébert et René-Pier Mathieu et les arriè-res Xavier Baribeau, Jean-François Beaulieu, David Brownrigg et Karl Demers-Bélanger.