Les nouvelles venues Leslie Makosso et Zahra Douar-Wajih ne sont ni grandes ni costaudes. Mais leur vitesse au jeu et leur ardeur en défensive permettent peuvent surprendre.

Basketball: deux joueuses françaises pas venues «cirer le banc»!

«On n’est pas venues de France pour cirer le banc!»

Au Québec, on dit «réchauffer le banc», elles l’apprendront assez vite. Mais l’expression est claire. Leur intention aussi. L’équipe féminine de basketball du Rouge et Or vient d’ajouter deux gros morceaux avec la venue des Françaises Leslie Makosso et Zahra Douar-Wajih à l’Université Laval.

Gros morceaux pas par leur gabarit, les deux gardes ne sont ni grandes ni costaudes. Mais leur vitesse au jeu et leur ardeur en défensive permettent à l’entraîneur-chef Guillaume Giroux de leur prédire une bonne utilisation.

Et qu’en conséquence, malgré le départ de quatre régulières, dont la joueuse par excellence au pays Sarah-Jane Marois, et sept finissantes au total, la formation vice-championne canadienne universitaire devrait se maintenir parmi les meilleures pour la campagne 2019-2020.

C’était l’un des critères de ces recrues d’outre-Atlantique. «On ne s’est pas embarquées à l’aveugle», atteste Makosso, qui avait aussi eu une offre de l’Université de la Saskatchewan.

La possibilité de conjuguer études universitaires et sport d’élite constitue la raison première de leur présence chez nous, mariage impossible en France après l’âge de 20 ans et la sortie du centre national de formation. Puis l’équipe et la ville sont entrées en ligne de compte.

Makosso, de Lyon, a 23 ans et a roulé sa bosse aux quatre coins de l’Hexagone. Douar-Wajih, 20 ans, vient de Paris. Elles ne se connaissaient pas avant de dire oui à Giroux, chacune de leur côté.

Taxes et pourboire

Les deux s’affirment très heureuses de l’accueil chaleureux de leurs nouvelles coéquipières, depuis une semaine. Comme cette agréable soirée dans le Vieux-Québec, samedi, où Douar-Wajih croyait d’abord s’être fait arnaquer par l’ajout des taxes et du pourboire sur sa facture au restaurant!

Autre chose à laquelle elles devront s’habituer, c’est le jeu plus physique qui se pratique de ce côté-ci de l’océan. «Ça joue dur aussi en France, faut pas croire qu’on a peur des contacts. Mais ici, les arbitres sifflent moins», explique Makosso, qui a de la famille à Montréal.

«On amène notre basket», promet de son côté Douar-Wajih. «On fait plus de placements, on peut ralentir le rythme du jeu. On est très rapides si la situation le commande, mais en Amérique, on dirait qu’elles sont tout le temps dans le rush», illustre-t-elle.

Lundi, elles ont travaillé une longue première journée au camp d’été de basket du Rouge et Or pour les 12 à 17 ans, avant d’entreprendre la séance d’entraînement d’équipe en début de soirée. Alors, comment sont nos ados québécois? «Des ados, c’est des ados!» laissent-elles tomber, sans jamais perdre le sourire.

Deux bons transferts

En plus des deux Françaises, les filles du Rouge et Or basket enrichissent leur alignement de deux autres gardes d’expérience en provenance d’autres clubs du circuit universitaire québécois.

Maude Archambault, transfert des Gaiters de Bishop’s, était quatrième marqueuse de la Ligue l’an dernier avec 13,8 points en moyenne par rencontre. Elle apparaissait de plus dans le top 10 provincial pour les aides (2,4 par match) et le pourcentage de réussite aux lancers francs (83 %).

De son côté, Élise Roy arrive de Concordia. Elle était partante l’an dernier avec les Stingers, pointant au quatrième rang des universitaires québécoises pour les vols (1,6) et neuvième au chapitre des rebonds (5,8).

Les deux viennent de la région, Roy de Lévis et Archambault de Saint-Augustin. Comme elles entrent à la maîtrise, elles ne sont pas privées de jeu durant un an comme lorsqu’un athlète au baccalauréat passe d’une université à l’autre.

La saison officielle commence en novembre avec des matchs préparatoires dès septembre.