Les anciens joueurs des Alouettes de Montréal Matthieu Proulx (au centre) et Tim Fleiszer (à droite) ont annoncé mercredi à l’Université Laval le projet «Avec toute ma tête», qui mise sur la prévention et à la sensibilisation au danger des commotions cérébrales. Les ex-footballeurs étaient accompagnés de Simon Poulin, fondateur du Défi Tête la Première, qui fait la promotion du port du casque en vélo.

«Avec toute ma tête» à l'assaut des commotions cérébrales

Quand Matthieu Proulx s’alignait avec le Rouge et Or, de 2001 à 2004, et avec les Alouettes de Montréal, de 2005 à 2010, les commotions cérébrales «n’existaient pas». «En fait, elles existaient, mais ce n’était pas quelque chose qu’on gérait», explique l’ancien demi de coin maintenant commentateur au Réseau des sports.

Proulx et un autre ancien des Alouettes, le joueur de ligne Tim Fleiszer, étaient à l’Université Laval mercredi afin d’annoncer le lancement du projet «Avec toute ma tête».

Le projet vise à donner en français les services offerts par la Concussion Legacy Foundation, un organisme lancé en 2007 par l’ex-lutteur de la WWE Chris Nowinski, un ancien camarade de classe de Fleiszer à l’Université Harvard. Plus de 100 activités de prévention des commotions cérébrales seront offertes au cours des sessions d’automne et d’hiver.

Gestion déficiente

«Des commotions, j’estime en avoir eu cinq en carrière, mais la gestion était très déficiente. Je n’en garde pas de séquelle, mais j’avoue que j’ai des craintes en raison des liens qui sont faits entre les commotions et les problèmes cognitifs, des impacts que j’ai eus et de la gestion qui en était faite à l’époque», poursuit Proulx.

Même si plusieurs choses ont changé au football et dans les autres sports en une décennie, l’ancien du Rouge et Or estime qu’il reste encore des améliorations à apporter. «Oui, il y a la helmet rule dans la NFL, les techniques de plaqué ont changé, il n’y a presque plus de contact à l’entraînement et on sévit davantage pour les coups à la tête. Cependant, je crois qu’il faut maintenant changer la ‘‘culture du guerrier’’», poursuit-il.

«C’est correct de jouer blessé si c’est une cheville ou un genou et que c’est un match important, mais pas si tu as une blessure à la tête! Il faut que les entraîneurs, les coéquipiers et tout l’entourage soient sensibilisés à ça, mais la responsabilité revient d’abord au joueur. Plusieurs ne veulent encore ne pas en parler quand ils ont une commotion pour ne pas être retirés du match et nuire à l’équipe, déplaire à leur entraîneur ou perdre leur poste», explique Matthieu Proulx.

De son côté, Fleiszer a subi trois commotions qui ont été diagnostiquées durant ses neuf saisons chez les pros. «J’en ai peut-être fait plus... On appelait ça des bellringers [se faire sonner les cloches] dans le temps. Et même si mon père est un ancien médecin des Canadiens et des Alouettes de Montréal, chez nous, on n’entendait à peu près pas parler des commotions. On ne savait pas à l’époque que ces blessures avaient un potentiel si catastrophique. Aujourd’hui, on comprend beaucoup mieux.»

Pas seulement au football 

Malgré tout, Matthieu Proulx considère que le football a été injustement ciblé comparativement aux autres sports depuis que la société est plus sensibilisée aux dangers des commotions. «J’ai vu plusieurs fédérations sportives qui étaient contentes de regarder le football être persécuté. Pourtant, en réalité, aucun sport n’est épargné. En gymnastique, en cheerleading, au soccer, au rugby, au baseball et au hockey sur glace, il y a des commotions.» 

Proulx conclut cependant que le sport apporte toujours davantage d’éléments positifs que négatifs dans la vie des jeunes. «Il n’a jamais été aussi sécuritaire de faire du sport qu’aujourd’hui. Il ne faut pas retirer nos enfants du sport à cause des commotions. Ils peuvent en faire une en glissant sur une plaque de glace!»