En 2017, Philippe Aumont a été fort utile aux Champions.

Aumont, mature et en contrôle

CHRONIQUE / Trois frappeurs affrontés, trois frappeurs facilement retirés. Le premier qui fend l’air sur une troisième prise. Le deuxième qui frappe une chandelle à l’avant-champ. Le troisième ne peut faire mieux qu’un faible roulant au deuxième but.

Ainsi, par cette courte manche parfaite, se résume le parcours de Phillippe Aumont dans la Ligue des pamplemousses, cet hiver.

L’observateur pessimiste dirait que le grand Gatinois n’a pas trop fait parler de lui au camp d’entraînement des Tigers de Détroit.

L’observateur optimiste répondrait que c’est possiblement une bonne chose. Il paraît que tout s’est passé lors de ses présences en match simulé, en compagnie d’autres joueurs destinés aux ligues mineures.

On m’a dit qu’il maîtrise bien ses lancers. Le contrôle est au rendez-vous.

Entre le pessimiste et l’optimiste, l’observateur pragmatique se dira que, de toutes façons, Aumont aurait difficilement pu espérer mieux.

Après deux années complètes de ressourcement, loin des stades des ligues majeures, il doit être prêt à s’armer de patience.

Il a reçu dans les dernières heures la meilleure nouvelle qu’il pouvait espérer. Il entreprendra la saison au niveau AAA, à Toledo, en Ohio.

C’est là, dans une dizaine de jours, qu’il pourra vraiment profiter de sa dernière chance d’accéder aux majeures.

Parlons un peu de « ressourcement ».

On ne sait pas trop ce qui se passait dans la tête et dans la vie d’Aumont, en juin 2016, quand il a quitté sans avertissement son poste dans l’organisation des White Sox de Chicago.

Il a donné signe de vie, deux mois plus tard, pour laisser savoir à tout le monde qu’il se portait bien. Qu’il ne regrettait pas sa décision. Il disait surtout qu’il n’avait pas complètement fermé la porte. Il n’était pas trop vieux. Il pouvait évoluer, changer d’idée et choisir d’effectuer un retour au jeu.

Il a eu de la chance. Une petite équipe de baseball des ligues indépendantes existe, à une quinzaine de kilomètres du quartier ou il a grandi. Ses dirigeants lui ont ouvert les bras bien grands. Un ancien choix de première ronde, c’était bon pour la crédibilité de l’organisation. Un Québécois, ça pouvait aider à vendre des billets de l’autre côté de la rivière. Bref, tout ça était bon pour les affaires.

En 2017, Aumont a été fort utile aux Champions.

Les Champions ont bien aidé Aumont, aussi.

Le 7 juin, il a obtenu son premier départ sur le chemin Coventry. Moins de 10 jours plus tard, on lui a confié une double tâche. On lui demandait, tout d’un coup, de remplacer l’entraîneur des lanceurs qu’on venait de congédier.

Ça pouvait sembler gros pour un joueur qui cherchait d’abord à relancer sa propre carrière. En fin de compte, ce fut une bénédiction déguisée. La responsabilité des autres lanceurs de l’équipe l’a poussé à développer de meilleures habitudes de travail. Il était, bien malgré lui, devenu le modèle de tous ses coéquipiers. Ça l’a fait grandir et gagner en maturité.

Cette maturité pourrait lui être drôlement utile, dans les prochains mois. Une grosse sortie dans la Ligue des pamplemousses, c’est bien. Il faudra en aligner plusieurs autres, dans l’enclos à Toledo, pour obtenir son casier à Comerica Park.

Aumont pourra se motiver en consultant le sommaire, en ligne, de sa bonne performance dans le calendrier préparatoire.

Le troisième et dernier frappeur qu’il a retiré s’appelle Jesus Sucre.

Jesus Sucre. Y a-t-il un meilleur nom à porter durant le week-end pascal ?

La saison est bien entamée dans les majeures. Les équipes de calibre AA et AAA suivront, dans une dizaine de jours.

Pour la Ligue Can-Am, il faudra patienter pendant sept semaines. D’ailleurs, on célébrera cet été le 25e anniversaire du parc RCGT. Le temps passe tellement vite...