Félix Auger-Aliassime a défendu avec succès son titre acquis sur la même terre battue l’an passé, alors son premier triomphe dans la catégorie des tournois Challengers.

Auger-Aliassime toujours champion à Lyon

Son adversaire servait pour le match. Félix Auger-Aliassime en arrachait. Puis le vent a tourné. La jeune raquette de L’Ancienne-Lorette s’est ressaisie pour filer vers une victoire de 6-7 (3), 7-5 et 6-2 en finale du Challenger de Lyon, dimanche, en France.

Auger-Aliassime a défendu avec succès ce titre acquis sur la même terre battue l’an passé, alors son premier triomphe dans la catégorie des tournois Challengers. Le Québécois de 17 ans et 10 mois en compte dorénavant trois à son tableau de chasse.

Mais autant le chemin jusqu’en finale s’était révélé presque facile, Auger-Aliassime n’avait perdu aucune manche, autant l’ultime affrontement face au Français de 22 ans Johan Tatlot, issu des qualifications, n’a vraiment pas été de tout repos pour le maintenant double champion en titre.

«Il y avait énormément de nervosité de part et d’autre. Pour être honnête, il y a eu des matchs où j’ai pris plus de plaisir! Mais gagner un match comme ça, c’est encore plus satisfaisant», a commenté le vainqueur au site Internet du tournoi, parvenant à rire de ses déboires après deux longues heures et demie d’effort.

Cela aurait pu être bien plus court, en sa défaveur. Tatlot menait 7-6 et 5-3 avec la balle en main. Dans des conditions venteuses, Auger-Aliassime n’était pas au beau fixe, péchant entre autres sur cinq doubles fautes au total de la rencontre.

Mais Tatlot a croulé sous la pression. Auger-Aliassime en a vu la brèche et s’est lancé dedans à corps perdu, bouclant d’ailleurs la deuxième manche sur un as. Le prédateur a senti le sang. «Je me demande encore comment je suis revenu, très franchement! Je me suis accroché… Il faut dire que c’est très émotionnel, ces finales. Il faut aller les gagner!» a-t-il affirmé.

Son entraîneur Guillaume Marx, qui rejoint Auger-Aliassime la semaine prochaine alors que Frédéric Fontang l’accompagnait à Lyon, estime que son protégé a souffert de fatigue en cette dernière journée de tournoi. 

«Félix y a toujours cru, il s’est bien battu. L’autre devait conclure et s’est peut-être un peu crispé, alors Félix s’est bien accroché et il en a profité. Il n’a pas joué son meilleur tennis sur la fin du tournoi et il est d’autant plus fort d’être quand même parvenu à gagner», a analysé le coach.

Nouveau défi

Avant la finale, Tatlot avait passé plus du double du temps qu’Auger-Aliassime sur le court dans ce tournoi.

Défendre un titre, fait rare dans les catégories jeunesse comme les Challengers, constituait un nouveau défi pour Auger-Aliassime, lui qui depuis quelques années avance de première en première. Marx y voit là un bon augure autant du côté de son jeu qu’au plan mental.

«J’ai très mal servi tout le match. J’ai dû puiser très, très loin pour aller la chercher! Crispation, manque de jambes… On est en fin de semaine, il y a beaucoup d’explications possibles. Il faudra évidemment rectifier lors du prochain tournoi. Je retiens l’essentiel, le résultat», a résumé aux gens de l’Open Sopra Steria celui que les Français surnomment «le petit prince», du haut de ses 6’ 3”.

Le public de Lyon était d’ailleurs déchiré entre son champion de l’an passé, classé 172e au monde dans ce tournoi, et un compatriote, 259e.

Auger-Aliassime reste en France et jouera le Challenger de Blois à compter de mardi. Puis ce sera l’Italie et bientôt la fin de sa saison sur terre battue.