L’entraîneur de Félix Auger-Aliassime (photo), Guillaume Marx, croit que Milos Raonic a disputé son meilleur match de l’année, dimanche soir, quand il a éliminé le jeune Québécois en deux sets de 6-4 à Indian Wells.

Auger-Aliassime «a été bon», dit son entraîneur

Guillaume Marx dirigeait Milos Raonic à son arrivée sur le circuit ATP. Au même âge que Félix Auger-Aliassime, son protégé actuel. Le duel de dimanche soir entre les deux Canadiens s’est donc avéré «très intéressant» pour l’entraîneur.

«Mais il n’y a pas eu de déchirement», a assuré Marx au Soleil, lundi, au lendemain du revers d’Auger-Aliassime 6-4 et 6-4 aux mains de Raonic, au Masters d’Indian Wells. Le vétéran établi de 27 ans et classé 38e raquette mondiale a eu le dessus sur l’étoile montante de 17, 169e.

«J’ai travaillé deux ans et demi avec Raonic, de 16 à 19 ans. C’était il y a un moment», explique celui qui œuvre au centre national d’entraînement de Tennis Canada à Montréal depuis 2007.

Le Français d’origine y a d’abord pris Raonic sous son aile, puis Auger-Aliassime, parti de L’Ancienne--Lorette, il y a quatre ans. Aussi en chemin Vasek Pospisil, qu’Auger-Aliassime a vaincu vendredi pour décrocher sa première victoire dans le tableau principal d’un tournoi de l’ATP, sans oublier Denis Shapovalov et Peter Polansky.

Ces cinq Canadiens étaient au tableau principal d’Indian Wells. Ils ont appris de mentors français : Louis Borfiga, vice-président au développement de l’élite à Tennis Canada, Marx et maintenant Frédéric Fontang, depuis un an.

Fontang accompagnait justement Auger-Aliassime en Californie. Marx a suivi la rencontre de Montréal. «Félix a besoin de plus d’attention qu’il y a deux ans. Ça représente entre 30 et 35 semaines sur la route dans l’année, alors il faut pouvoir souffler», fait valoir Marx, à propos de sa garde partagée avec Fontang.

Et qu’a-t-il pensé du match? «Milos était difficile à manœuvrer, je l’ai trouvé bon. C’était son meilleur match depuis le début de l’année. Il était mobilisé, concentré et ç’a paru. Au final, le résultat est assez logique», résume Marx.

La différence au service

Le service s’est bien sûr retrouvé au centre du débat, les deux en faisant leur arme de prédilection. «Félix a moins bien servi que contre Vasek. Il faut dire que Milos met beaucoup de pression sur les jeux de service adverses, parce que lui-même sert très bien. Le fait que Félix a passé moins de 50 % [48 %, 27/56] de premières balles a joué pour beaucoup. Au bout d’un moment, il s’est mis en danger.»

Si «Félix a été bon», Marx estime avoir vu le meilleur de Raonic depuis son retour de blessure. «On l’a vu dominant, au milieu du match. Il frappait fort et on sentait que ça faisait mal.» Mais pas encore le Raonic qui a atteint le troisième échelon du classement mondial il y a moins d’un an et demi.

«Ça va prendre encore un peu de temps», estime Marx. «On le voit avec beaucoup de joueurs cette semaine, comme Novak Djokovic», éliminé dès son premier match par le 109e mondial. «Quand tu t’absentes, ce n’est pas facile de retrouver le rythme. Il faut attendre de voir pour Milos», indique le coach.

Avec le Challenger de Drummondville rayé de l’horaire cette semaine, règle de l’ATP oblige parce qu’il a joué dimanche, Auger-Aliassime contemple la suite de sa saison. Il pourrait s’inscrire au Masters de Miami, la semaine prochaine, ou prendre une petite pause avant le début de la saison sur terre battue, dans deux semaines.

L’objectif pour 2018 reste d’entrer dans le top 100 mondial d’ici la fin de l’année.