La résurgence d'une blessure a tenu Antony Auclair loin du terrain durant trois des cinq semaines d'entraînement tenues par les Bucs, en mai et juin.

Auclair a 38 jours pour faire ses preuves

«Veux, veux pas, c'est une gang d'hommes matures qui se battent pour une job et c'est plate à dire, mais certains n'en auront pas à la fin. Alors ça va vraiment être intense.»
Antony Auclair repart lundi pour Tampa Bay, en Floride. L'ancien du Rouge et Or de l'Université Laval participera à son tout premier camp présaison de la NFL avec les Buccaneers, équipe qui l'a embauché comme joueur autonome au terme du repêchage d'avril.
Du 25 juillet au 31 août, l'ailier rapproché originaire Notre-Dame-des-Pins, en Beauce, tentera de convaincre l'entraîneur-chef Dirk Koetter et ses acolytes qu'il a sa place au sein du circuit sportif le plus prestigieux en Amérique. Même s'il vient du Canada et qu'il n'a pas été formé dans la NCAA.
«Je dois juste penser à ce que je peux contrôler», se répète-t-il comme un mantra appris durant ses quatre années passées sous la gouverne des Glen Constantin, Justin Ethier et Mathieu Bertrand à Québec.
D'abord, se présenter en pleine forme. La résurgence d'une blessure au muscle ischio-jambier l'a tenu loin du terrain durant trois des cinq semaines des organized team activites (OTA) tenues par les Bucs, en mai et juin. Il s'agit d'entraînements légers sans équipement, journées où Auclair assistait néanmoins aux réunions d'équipe tout en continuant d'ingérer le contenu du volumineux livre de jeux.
«J'avoue que ça m'inquiétait un peu, parce que quand tu es blessé, tu ne compétitionnes pas avec les autres. Mais à la fin, c'était même eux qui ne voulaient pas que je participe pour ne pas risquer d'aggraver ma blessure», explique-t-il.
Polyvalence
Puis montrer qu'il apprend vite, et beaucoup. Sa provenance du football universitaire canadien ne fait pas que le désavantager aux yeux de ses nouveaux patrons, croit-il. «Ils se disent que je serais un projet, qu'ils me laisseraient une chance de plus étant donné que je n'ai pas pratiqué ce style de jeu avant.»
«Mais ils s'attendent malgré tout à ce que j'assimile vite la matière et que je comprenne assez rapidement les jeux, insiste-t-il. Ce que j'ai vu dans les OTA, c'est qu'ils ont beaucoup d'estime pour moi et s'attendent à ce que je fasse de grandes choses.»
Aussi démontrer toute sa polyvalence en se rendant utile au sein des unités spéciales. Et jouer à fond la carte du gars bon à la fois pour bloquer au bout de la ligne et attraper une passe quand le besoin s'en fait sentir.
Avec une recrue issue du système canadien à trois essais, 12 joueurs et 110 verges de terrain, la voie de contour pour Koetter pourrait être de placer Auclair dans l'équipe de réserve.
Au total, 90 joueurs batailleront pour les 53 postes de l'alignement officiel, des nombres réglementés par la NFL. Six sont en lice pour les quatre ou cinq emplois d'ailier rapproché à Tampa.
Horaire chargé
En plus de séances d'entraînement quotidiennes, dont 13 ouvertes au public, une réservée aux militaires et deux aux abonnés de saison, le camp des Bucs inclut surtout quatre matchs préparatoires. L'équivalent d'une moitié de saison régulière pour le Rouge et Or!
La grande réduction de 90 à 53 joueurs s'effectuera au lendemain de la dernière rencontre hors concours, disputée le 31 août à Tampa, contre les Redskins de Washington. Les équipes ont jusqu'au 3 septembre, 16h, pour statuer sur leur alignement officiel.
Pendant ses cinq dernières semaines passées à Québec, Auclair en a profité pour visiter parents et famille en Beauce. «Parce que peu importe ce qui arrive, je pense qu'on va moins se voir dans la prochaine année», conclut celui qui a également été un choix de repêchage des Roughriders de la Saskatchewan, dans la LCF.
***
Winston humble et gentil
Avant de signer avec Tampa Bay, Antony Auclair avait entendu de bons échos en provenance du vestiaire des Bucs. Le tout s'est confirmé depuis qu'il y a son casier. «Les joueurs sont respectueux les uns envers les autres», souligne-t-il, disant avoir été bien accueilli. Pour un, le quart-arrière vedette Jameis Winston s'avère «vraiment gentil. Il fait des blagues, il te met à l'aise. C'est un bon leader et une bonne personne, en plus d'être un bon joueur. Il est resté humble». L'organisation a en outre organisé quelques activités pour permettre aux recrues de se familiariser avec la ville de Tampa. «Ce n'est pas un endroit stressant. Tu le vois dès que tu arrives à l'aéroport, ce n'est pas comme à New York où tout le monde court partout. Ici, le monde est relaxe, il fait beau, c'est une super belle ville.»
***
D'autres Québécois dans les camps de la NFL
Laurent Duvernay-Tardif
• Équipe : Chiefs de Kansas City
• Position : garde à droite
• École : Université McGill
• Ville : Mont-Saint-Hilaire
• Repêché en 6e ronde en 2014
-----
Élie Bouka 
• Équipe : Cardinals de l'Arizona
• Position : demi de coin
• École : Université de Calgary
• Ville : Laval
• A signé comme joueur autonome en 2016
-----
Justin Senior 
• Équipe : Seahawks de Seattle 
• Position : bloqueur
• École : Université Mississippi State
• Ville : Montréal 
• Repêché en 6e ronde en 2017
-----
Mehdi Abdesmad 
• Équipe : Titans du Tennessee
• Position : ailier défensif
• École : Boston College
• Ville : Montréal
• A signé comme joueur autonome en 2016
-----
Louis-Philippe Ladouceur 
• Équipe : Cowboys de Dallas
• Position : spécialiste des longues remises
• École : Université de la Californie
• Ville : Pointe-Claire
• A signé comme joueur autonome en 2005