Arsène Wenger, porté en triomphe par ses joueurs après le titre remporté en FA Cup en 2014, a annoncé vendredi que son règne de 22 saisons à la barre de l’Arsenal prendra fin.

Arsène Wenger quitte l'Arsenal après 22 saisons

LONDRES — C’est la fin d’une ère en Premier League anglaise de soccer : après 22 années passées sur le banc d’Arsenal, le Français Arsène Wenger a décidé vendredi de s’arrêter en fin de saison avec un ultime objectif : remporter l’Europa League pour sauver une saison catastrophique.

C’est par un communiqué intitulé «Merci Arsène», en français dans le texte, accompagné d’une photo de Wenger sourire aux lèvres, que le club londonien a annoncé la décision de l’Alsacien de 68 ans de mettre fin au plus long règne parmi les entraîneurs actifs en Angleterre. «Je suis reconnaissant d’avoir eu le privilège de servir le club pendant tant d’années mémorables», a souligné Wenger dans le communiqué.

Trois titres de champion d’Angleterre, sept victoires en Coupe d’Angleterre, 19 participations à la Ligue des champions, dont une finale perdue en 2006 contre Barcelone... L’empreinte laissée par le technicien du côté de Highbury aura été énorme. Et pas seulement sur un plan strictement sportif.

Approche «scientifique»

Plutôt inconnu à son arrivée en 1996 en provenance du Japon, Wenger est entré en poste en octobre à titre de premier entraîneur étranger d’Arsenal. Il a rapidement gagné le respect de ses pairs en aidant à moderniser le football anglais dans les premières années de la Premier League, notamment en apportant de nouvelles méthodes basées sur la science du sport.

L’ajout des Patrick Vieira, Nicolas Anelka, Emmanuel Petit et Thierry Henry a fait en sorte qu’Arsenal se hisse tout au haut du sommet du football anglais. Il y est demeuré jusqu’à ce que Wenger subisse les contrecoups économiques du déménagement en 2006 de Highbury, le mythique stade de 38 000 places, vers l’Emirates Stadium (60 000 places), qui coïncide avec l’arrivée massive d’investisseurs étrangers, notamment à Chelsea et Manchester City, transformant la composition de ces clubs.

Ces dernières saisons, Arsenal s’est vu dépassé sur la scène nationale. Le dernier titre de champion des Gunners remonte à 2004, où ils ont été invaincus en championnat. La saison dernière, pour la première fois de l’ère Wenger, le club a quitté le top 4. Une cinquième place synonyme de non-qualification pour la Ligue des champions, une première depuis 1998!

Un dernier titre en vue

Arsenal connaît actuellement sa plus mauvaise saison sous le règne de Wenger. Le club occupe la sixième place de la Premier League.

«J’appelle les supporters à rester derrière l’équipe, pour finir sur un sommet», a lancé Wenger, alors que se profile jeudi prochain une rencontre face à l’Atletico Madrid, match aller d’une demi-finale d’Europa League, compétition qui offre à Arsenal sa dernière chance de se qualifier pour la Ligue des champions en cas de victoire. Un succès éventuel qui permettrait à Wenger de partir la tête haute.

Wenger a réuni ses joueurs vendredi pour leur annoncer son départ. «Ça a été une rencontre émotive et ça prendra du temps avant de digérer tout ça. Mais pour l’instant, c’est de la tristesse qu’on ressent», a déclaré le capitaine Per Mertesacker. «C’est la figure de proue de ce club. Plus de 20 ans, c’est impressionnant.»

Parmi les favoris à la succession se trouvent les Allemands Thomas Tuchel, qui a quitté le Borussia Dortmund l’an dernier, ainsi que l’entraîneur de l’équipe nationale Joachim Löw. Si Arsenal décide d’y aller avec un choix populaire, le club pourrait bien se tourner vers Vieira.

Le milieu de terrain français de 41 ans, une des premières acquisitions de Wenger en 1996, a gagné trois titres de Premier League aux côtés du mythique entraîneur. Il fait actuellement ses classes à la tête du New York City FC de la Major League Soccer.

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UNE ANCIENNETÉ PAS PRÊTE DE SE RÉPÉTER

La pression et notamment celle émanant des réseaux sociaux ne devraient pas permettre aux 22 années d’ancienneté d’Arsène Wenger à Arsenal d’être dépassées de si tôt, a estimé vendredi Pep Guardiola, l’entraîneur de Manchester City. «C’est difficile. Sir Alex Ferguson [26 ans à la tête de Manchester United] et Arsène Wenger ont réussi, mais c’est si compliqué», a réagi Guardiola après l’annonce du départ du technicien français. «Les réseaux sociaux et les opinions des supporters sont si rapides [...], la pression sur les entraîneurs si forte avec les sommes engagées que la patience des présidents de club a des limites», a ajouté le Catalan, dont le contrat de trois ans se termine la saison prochaine.