Le président des Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal, Serge Arsenault, estime que les deux courses ne sont pas en danger avant... 2050 ou 2055.

Arsenault croit en l'avenir des Grands Prix de Québec et de Montréal

Le président des Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal, Serge Arsenault, a assuré mardi qu’il croyait à l’avenir des deux courses québécoises malgré les bouleversements qui secouent le monde du cyclisme sur la planète.

«Il y a des projets qui se parlent, et moi je crois qu’un jour, il y aura un circuit de classiques comme Québec et Montréal, et un circuit de grands tours. Le circuit des classiques pourrait être limité à 16 ou 18 courses», a expliqué Arsenault en point de presse avant l’arrivée des coureurs à l’Aéroport Jean-Lesage.

«Et si je n’avais pas la conviction que Québec et Montréal allaient faire partie des 16, je ne serais pas ici! Ce sont les deux courses les plus flamboyantes en Amérique!» a ajouté celui qui rencontrera dimanche le président de l’Union cycliste internationale (UCI), David Lappartient, dans la métropole.

«Les vraies réponses devront être données par le président de l’UCI. Il sera ici pour 24 heures et, oui, il y a des points de la réforme à discuter», affirme Arsenault. 

Celui-ci estime aussi que pour le bien du cyclisme, il ne faut plus qu’un seul organisateur contrôle presque tout le sport, comme c’est le cas avec Amaury Sport Association (ASO), organisateur du Tour de France, de la Vuelta d’Espagne et du Paris-Nice. Il faut avoir le courage de ses idées, il faut travailler pour le cyclisme. Le sport a besoin d’un plan de développement commun et d’un partage des revenus.».

«Une farce»

«Il pourrait donc y avoir une division dans le World Tour, mais il faudrait aussi qu’on cesse de se moquer des gens et prétendre qu’un événement comme le Tour de Californie fait partie du World Tour de niveau 2. C’est une farce, c’est la confusion partout! Il n’y a que six équipes et huit grands coureurs là-bas», note Arsenault.

Il verrait très bien de six à huit courses européennes, les Grands Prix de Québec et de Montréal, et des courses aux États-Unis dans un nouveau circuit des classiques d’une journée avec l’ajout d’une course de haut calibre en Asie et d’une autre en Australie.

«Il est prématuré de dire quelle épreuve pourrait être là ou non, mais le cahier de charges devra être très sérieux. En cyclisme moderne, une grande compétition ne tient pas au nombre de kilomètres de course. Il faut plutôt avoir la course la plus excitante! Il y a des courses qui sont là depuis 80 ou 90 ans qui ne pourront pas faire partie du groupe, car elles n’ont pas les moyens financiers et organisationnels nécessaires.»

Jusqu’en 2050

Convaincu de l’attrait des Grands Prix de Québec et Montréal, Arsenault va jusqu’à avancer que les deux courses ne sont pas en danger... d’ici 2050 ou 2055. «Même avec certains retards, les retombées pour nos partenaires sont importantes et les coûts sont moindres que pour plusieurs sports en plus d’avoir la gratuité pour les spectateurs. Je suis content d’être dans le domaine du cyclisme et non au hockey!

«Le cyclisme est un beau sport pour montrer une ville. C’est même le sport le plus photogénique. J’encourage d’ailleurs tous nos partenaires à faire leurs études. Moi, je ne suis pas demandeur, je suis offreur», poursuit-il, indiquant que la Ville de Montréal a déjà signé pour 2019, que les négociations s’achèvent avec Québec et que les relations sont excellentes avec les gouvernements canadien et québécois.

«Pourquoi signer pour cinq ans si, dans deux ans, on augmente de quatre échelons la qualité du produit?»

+

PLUS OUVERT SANS SAGAN

Le champion cycliste de France, Anthony Roux, est l'un des nombreux cyclistes à avoir affirmé mardi que l'absence du Slovaque Peter Sagan ouvrait la porte à plusieurs prétendants à la victoire.

L’absence de Peter Sagan, gagnant du Grand Prix de Québec en 2016 et en 2017 et du Grand Prix de Montréal en 2013, devrait rendre les deux courses plus ouvertes cette année, selon plusieurs coureurs de premier plan rencontrés mardi à leur arrivée dans la capitale. Le Slovaque participe présentement à la Vuelta, le Tour d’Espagne lancé le 25 août et qui prendra fin le 16 septembre. 

Troisième à Québec l’an dernier — derrière Sagan et le Belge Greg Van Avermaet — et huitième à Montréal juste devant Sagan, l’Australien Michael Matthews (Sunweb) était enthousiaste. «L’absence de Peter rendra la course plus excitante, plus ouverte. Ce sera plus excitant pour les coureurs et pour la foule», a-t-il déclaré à son arrivée à l’aéroport Jean-Lesage.

«C’est une de mes courses favorites et il y aura beaucoup de bons athlètes encore cette année. Moi, je vise davantage Québec que Montréal, même si je ne connais pas encore le secret de cette course et que j’ai toujours été battu au sprint», poursuit Matthews avec un clin d’œil.

Le champion cycliste de France, Anthony Roux (Groupama), abondait dans le même sens. «Le fait que Sagan ne soit pas là laisse une porte ouverte.» L’athlète de 31 ans ajoute que le maillot de champion de l’Hexagone amène avec lui des sentiments variés. «Oui, on peut dire que ça met de la pression, mais en même temps, ce n’est que du bonheur!»

Quatrième l’an dernier à Québec, son compatriote Alexis Vuillermoz (AG2R La Mondiale) considère les deux courses québécoises comme idéales pour son style de «puncheur». «L’an passé, ça m’a un peu frustré d’être au pied du podium», reconnaît-il, ajoutant cependant que son coéquipier belge Oliver Naesen devrait être la carte maîtresse de son équipe au GP de Montréal. «Il est un excellent grimpeur.»

Quant à l’Allemand John Degenkolb, gagnant du Paris-Roubaix et du Milan-San Remo en 2015, il considère aussi le Grand Prix de Québec comme une excellente opportunité. «Ça devrait être une course disputée dans l’une des températures les plus chaudes. Nous avons une bonne équipe et à chaque fois que nous venons ici, nous apprécions la culture et l’atmosphère.»

Membre de l’équipe Trek-Segafredo, il avoue que sa victoire à l’étape Arras-Roubaix du dernier Tour de France a été fort positive pour sa saison. «Disons que j’ai été très occupé après ça. Ça a vraiment fait augmenter ma confiance.»

L’Australien Simon Gerrans, unique double vainqueur à Québec et Montréal la même année, a pour sa part répété que ses courses de cette année, parmi ses dernières en carrière, serviraient davantage à aider son coéquipier Van Avermaet. «Ma préparation mentale est différente, car j’ai surtout un rôle de coéquipier pour Greg. Je suis toujours motivé cependant, car j’aime beaucoup la course ici. Tout le monde vient, car ce sont des classiques et que Québec est une belle ville.»

+

30 PAYS, 147 COUREURS

Ce sont 147 coureurs de 30 pays répartis en 18 «World Teams», deux équipes continentales professionnelles et une équipe nationale invitée qui prendront le départ du Grand Prix de Québec, vendredi, et du Grand Prix de Montréal, dimanche. Au total, 14 % des coureurs proviennent d’Amérique du Nord, incluant les Canadiens Guillaume Boivin et Benjamin Perry (Israel Cycling Academy) et Hugo Houle, qui évolue dans le World Tour depuis 2012, dans l’équipe Astana Pro Team. D’autres coureurs du Canada font partie de l’équipe américaine Rally Cycling Team, à savoir Ryan Anderson d’Alberta, Robert Britton de Saskatchewan, l’Ontarien Matteo Dal-Cin  ainsi que Nigel Ellsay et Adam De Vos de Colombie-Britannique.

La délégation canadienne est complétée par l’équipe nationale, dont fait partie le vétéran Bruno Langlois (39 ans), aux côtés des jeunots James Piccoli (26 ans), vainqueur du dernier Tour de Beauce, Alex Cataford (24 ans), Pier-André Côté, Adam Roberge et Edward Walsh, tous âgés de 21 ans, et du champion canadien de critérium 2018, Nicolas Zukowsky, cadet du groupe avec ses 20 ans.