Lance Armstrong, ancien champion déchu de ses sept titres du Tour de France en raison d’un scandale de dopage, versera 5 millions $ au gouvernement américain, qui le poursuivait pour 100 millions $. Floyd Landis (à droite), lui aussi convaincu de dopage, touchera une partie de ce montant. Il réclamait réparation à son ancien coéquipier pour fraude.

Armstrong en a fini avec la justice américaine

LOS ANGELES — L’étoile déchue du cyclisme Lance Armstrong en a fini avec la justice américaine. Il a accepté jeudi de payer 5 millions $ d’indemnisation à l’un de ses anciens commanditaires qui lui réclamait 100 millions $, au titre de dédommagement pour avoir eu recours au dopage.

«Je suis heureux d’avoir résolu cette affaire et de pouvoir avancer dans ma vie.» À 46 ans, cinq ans après ses aveux face à la prêtresse de la télévision américaine Oprah Winfrey, Armstrong a sans doute définitivement tourné la page de ses années de dopage.

Sa réputation restera à jamais ternie et son palmarès amputé de ses sept victoires consécutives, entre 1999 et 2005, dans le Tour de France, mais l’ancien boss du peloton s’en tire à bon compte. À quelques semaines d’un procès devant un tribunal fédéral de Washington qui aurait pu le ruiner et exposer à nouveau ses agissements les plus sombres, il a trouvé un accord avec le ministère américain de la justice.

L’ancien meneur de l’équipe US Postal (1998-2005) a accepté de verser 5 millions $ aux autorités fédérales américaines qui le poursuivaient pour fraude. Il était en effet commandité par la Poste américaine alors qu’il avait mis en place, selon l’agence antidopage américaine (Usada), «le programme de dopage le plus sophistiqué jamais vu dans l’histoire du sport».

«Personne n’est au-dessus de la loi. [...] Cet accord démontre que tous ceux qui fraudent le gouvernement sont sanctionnés», a insisté Chad A. Readler, avocat qui représentait le gouvernement. Armstrong s’est également engagé à verser 1,65 million $ à son ancien coéquipier Floyd Landis pour le remboursement de ses frais d’avocats.

Landis, lui aussi convaincu de dopage et déchu de sa victoire dans le Tour de France 2006, avait été à l’origine de la chute d’Amstrong avec ses révélations et avait déposé plainte en 2010 pour fraude, avant d’être rejoint ensuite par le gouvernement. Selon le New York Times citant son avocat, 1,1 des 5 millions $ payés par Armstrong reviendront à Landis.

«C’est choquant que le gouvernement se satisfasse d’aussi peu», a déploré Betsy Andreu, la femme d’un ancien coéquipier d’Armstrong à l’origine de nombreuses révélations sur le cycliste banni à vie en 2012. «J’aurais aimé témoigner, il a essayé de me détruire.»

Satisfait et repenti

Armstrong, qui aurait cumulé durant sa carrière terminée en 2011 près de 125 millions $ grâce à ses primes de course, ses salaires et ses contrats de partenariat, a fait part de son soulagement, tout en se présentant comme un repenti qui assumait pleinement ses erreurs.

«Je suis particulièrement satisfait d’avoir fait la paix avec US Postal. Même si je trouvais la procédure injustifiée et injuste, j’essaie depuis 2013 d’assumer mes responsabilités pour mes erreurs et de faire amende honorable quand c’est possible», a-t-il expliqué.

«J’ai hâte de pouvoir me consacrer aux choses importantes dans ma vie, mes cinq enfants, ma femme, mes podcasts, mes projets d’écriture et de film, mon travail comme survivant du cancer et ma passion pour le sport et la compétition», a conclu Armstrong, qui avait été condamné en février 2015 à verser 10 millions $ à un de ses anciens parraineurs, la société SCA Promotions.