L’ex-athlète olympique Ariane Fortin a bâti avec des enseignants le matériel pédagogique et les tutoriels de son programme Box’Éduc, axé sur l’entraînement et non sur les combats.
L’ex-athlète olympique Ariane Fortin a bâti avec des enseignants le matériel pédagogique et les tutoriels de son programme Box’Éduc, axé sur l’entraînement et non sur les combats.

Ariane Fortin: amener la boxe dans les écoles [VIDÉO]

Les écoles du Québec s’intéressent de plus en plus au programme Box’Éduc de l’ex-boxeuse de Saint-Nicolas Ariane Fortin.

L’ancienne championne du monde, qui a pris sa retraite après avoir participé aux Jeux olympiques de Rio en 2016, travaille en effet depuis près de deux ans à faire entrer l’entraînement de boxe dans le programme des cours d’éducation physique du primaire et du secondaire.

Cette semaine, Ariane dispensait pour la première fois des formations de Box’Éduc aux professeurs d’éducation physique de l’Académie Saint-Louis et de l’École secondaire Saint-Jean-Eudes de Québec de même qu’à l’école secondaire Pointe-Lévy de Lévis. «Il se fait de la boxe en para­scolaire à certains endroits, mais pas dans les cours d’éducation physique. Pourtant, c’est l’entraînement le plus complet qu’un athlète puisse avoir», résume Ariane, qui avoue que le noble art est toujours une passion pour elle.

«Mon idée, qui est devenue pour moi un emploi depuis deux ans, c’est de former les professeurs d’éducation physique pour qu’ils puissent faire de la boxe dans leurs cours avec un programme qui respecte les trois compétences exigées par le ministère de l’Éducation qui sont agir, interagir et développer un mode de vie sain et actif», explique-t-elle, ajoutant qu’il n’est toutefois pas question de faire la promotion de la violence. «Il n’y a pas de coups qui sont donnés entre les élèves et l’objectif n’est pas de les faire monter dans un ring! C’est de l’entraînement de boxe et, même s’il n’y a pas de combat, ce sont les vraies techniques de boxe qui sont enseignées.»

Réticences

De plus en plus d’écoles sont attirées par le programme d’Ariane même si certaines sont encore réticentes à faire entrer ce sport entre leurs murs. «Il y a encore des enseignants qui me disent : “Nous, la boxe, la commission scolaire l’interdit!” Moi, je trouve ça terrible que cette façon de penser existe encore en 2020!» poursuit-elle.

Ariane a bâti avec des enseignants le matériel pédagogique et les tutoriels de son programme et dispense les formations avec son ancienne partenaire d’entraînement, l’entraîneuse de l’équipe du Québec élite femmes Ève Fortin. «Le programme est jeune : je l’ai lancé en 2018 au primaire et en 2019 au secondaire. C’est né après ma retraite, quand j’ai eu bien du temps et que j’ai dit oui à tout. Un de mes partenaires, qui était étudiant en enseignement de l’éducation physique, voulait que je l’aide à développer une formation pour son stage. J’ai travaillé là-dessus et ça a été la base de Box’Éduc», explique-t-elle.

Elle a ensuite présenté le programme au congrès de la Fédération des éducatrices et éducateurs physiques enseignants du Québec (FEEPEQ). «C’est là que j’ai réalisé que je pouvais pousser ça plus loin et que j’ai décidé d’offrir le programme aux commissions scolaires en tant que travailleuse autonome», poursuit celle qui se tient également occupée en étant analyste de boxe à la station de radio montréalaise 91.9 Sports.

Diversifier

Ancienne élève de l’école secondaire L’Aubier, Ariane avoue aussi que son programme se veut une façon de diversifier les formations données en éducation physique. «Quand j’étais au secondaire, mon école n’offrait pas une très grande diversité dans les sports et c’est souvent le cas pour certaines écoles en région. En proposant ce programme aux enseignants, on peut remédier à ça en leur donnant une formation qu’ils peuvent présenter à leurs élèves durant neuf semaines.»

Ariane n’aurait jamais pensé travailler dans le domaine de la boxe récréative, elle qui s’intéressait surtout à la stratégie en situation de combat. «Mais quand je vois des jeunes améliorer leur forme physique et regagner leur estime de soi grâce à ce sport, ça me motive à continuer. J’aime l’impact que je peux avoir dans la vie des gens», résume l’athlète de 36 ans qui combat le «blues» de la retraite en faisant connaître et en transmettant sa passion pour son sport.

«Je ne regrette pas de m’être retirée après Rio. Je sentais que j’avais atteint mes objectifs. J’avoue cependant qu’il y a toujours un petit quelque chose à l’approche des compétitions comme les Jeux du Commonwealth,les Jeux panaméricains, les championnats du monde et les Olympiques», termine celle qui a été sacrée championne du monde de boxe amateur chez les super mi-moyens en 2006 et 2008.