Pour la première fois de sa courte, mais déjà fructueuse carrière, Anne-Marie Comeau s’attaque dimanche à son premier marathon.

Après le ski de fond, Comeau s'attaque au marathon

Pour la première fois de sa courte, mais déjà fructueuse carrière, Anne-Marie Comeau s’attaque dimanche à son premier marathon. Premier pas sur la distance mythique qui pourrait la ramener aux Jeux olympiques, ceux d’été cette fois et aussi tôt que l’an prochain.

Participante surprise aux Jeux olympiques d’hiver de 2018 en ski de fond, l’athlète de 22 ans de Saint-Ferréol-les-Neiges, elle aura 23 le 1er juin, a depuis mis une croix sur sa carrière sur neige. Une vieille blessure à l’épaule, qui l’avait d’ailleurs tenu loin du ski pendant deux ans avant son retour triomphal vers PyeongChang, nécessiterait une intervention chirurgicale. Ligaments déchirés et aucune assurance de rétablissement complet. Alors les doubles poussées, c’est fini.

Même si le ski de fond fera toujours partie de sa vie, Comeau se concentre dorénavant en compétition à 100 % sur la course à pied. Après avoir établi des records personnels sur 5 km (16 min 24 s) et 21,1 km (1h14 min 5 s) dans les dernières semaines, voilà qu’elle s’attaque à la prestigieuse épreuve de 42,195 km, ce dimanche matin, au Marathon d’Ottawa. Elle portera le dossard 67.

«Je suis plus énervée que je ne le pensais», a-t-elle confié au Soleil, vendredi, de la capitale fédérale. Elle y est en famille et sa maman, Hélène, s’élancera aussi pour son premier marathon. Leurs objectifs ne sont toutefois pas les mêmes. La fille attendra la mère à l’arrivée.

Car après avoir enregistré le meilleur temps (1:14 : 05) pour une Québécoise au demi-marathon en plus de 30 ans le 28 avril, à Montréal, deuxième dans l’histoire après les 1:12:29 de Carole Rouillard en 1987, une cible qu’elle a en vue sur 21,1 km, Comeau vise à compléter son premier marathon en 2h45. «Même qu’en bas de 2h50, je serais super contente», assure-t-elle avec humilité, disant vouloir adopter un rythme plus lent pour cette longue distance.

Mais son entraîneur se montre moins conservateur. Félix-Antoine Lapointe estime que «si tout se passe bien, on aimerait voir Anne-Marie compléter l’épreuve en moins de 2h40. Sous 2h40 cette année et sous 2h35 l’an prochain serait une progression logique».

Le standard olympique féminin au marathon pour 2020 sera de 2:29 : 30. Mais ce temps n’est plus le seul critère de sélection décrété par la fédération internationale d’athlétisme. Le classement mondial et les résultats aux marathons majeurs dans la prochaine année pèseront aussi dans la balance. Ce qui fait dire à coach Lapointe que «la qualification canadienne risque de se jouer autour de 2h31».

«Pour Anne-Marie, courir sous 2h32 pour aspirer à une qualification olympique est une grosse commande, mais ce n’est pas impossible. Ce sera plus facile de répondre à cette question lorsqu’elle aura participé à un ou deux marathons. Une qualification pour 2020 serait une surprise, mais pas impossible. Après tout, elle a déjà causé la surprise pour participer au JO d’hiver. Reste que 2024 au marathon serait en théorie plus probable», analyse-t-il.

Les Jeux d’été

Compétitrice jusqu’à l’os, Comeau avoue penser aux Olympiques d’été. «C’est sûr que je vais essayer. Le plus important pour me qualifier sera le marathon de Toronto [20 octobre], c’est le deuxième que je vais faire. Si ça réussit, tant mieux! Mais je suis encore jeune et il est plus réaliste de me donner cinq ans, pour les Jeux de 2024. De toute façon, je suis déjà allé aux Jeux en ski de fond, alors je ne suis pas aussi pressée», dit-elle.

Le Marathon d’Ottawa devrait être encore très rapide cette année, avec la présence de 12 Africaines dans le peloton. Dont neuf Éthiopiennes, parmi lesquelles la quatrième aux JO de 2016, Tirfi Tsegaye. L’an passé, quatre Éthiopiennes ont fini dans le top cinq, une Américaine se glissant au troisième rang. La gagnante avait arrêté le chrono à 2:22 : 17.

Après Ottawa, Comeau prendra le départ du demi-marathon à la 30e Universiade d’été, le 13 juillet, à Naples, en Italie. L’épreuve de 5000 m sur piste des championnats canadiens l’attend ensuite le 25 juillet, à Montréal, puis le demi-marathon du Mont-Tremblant, le 11 août. Ajoutez-y quelques 10 km sur route dans la région de Québec pour un été bien rempli.

Surtout qu’elle suit en même temps son stage en comptabilité chez Deloitte, à Québec, à raison de trois jours par semaine jusqu’à la mi-juillet. «C’est difficile de rester assise toute la journée! Mon entraînement du soir me fait du bien. Mais ça me stimule autrement. Ça me permet de vouloir bien faire ailleurs que dans le sport et ça me change les idées. Je suis moins stressée dans mes entraînements», explique la petite puce au gros moteur.

Le record québécois féminin au marathon de 2:29 : 28 appartient à la légendaire Jacqueline Gareau, temps bon pour une deuxième place au Marathon de Boston de 1983.