Antony Auclair, ancien du Rouge et Or de l’Université Laval, était de retour au PEPS, jeudi matin, pour y faire son bilan de saison.

Antony Auclair confiant pour son avenir à Tampa Bay...ou ailleurs [VIDÉO]

Sans prétendre qu’il est devenu un joueur établi dans la Ligue nationale de football (NFL), Antony Auclair estime avoir acquis la confiance nécessaire afin de poursuivre son aventure au-delà de son contrat de trois ans avec les Buccaneers de Tampa Bay qui prendra fin au terme de la saison 2019.

«J’ai assez confiance en moi pour dire que si je ne joue pas à Tampa, je vais me trouver une place ailleurs. Je pense que toutes les équipes ont besoin d’un joueur comme moi», soutient l’ailier rapproché de 25 ans.

L’ancien du Rouge et Or de l’Université Laval était de retour au PEPS, jeudi matin, pour y faire son bilan de saison. Si les Buccaneers ont fait du sur-place au classement, le Beauceron de Notre-Dame-des-Pins s’est senti beaucoup plus à l’aise dans un monde qui lui était inconnu avant de percer leur alignement en 2017.

«Pour ma deuxième saison, c’était un monde complètement différent. Je connaissais la ville, le cahier de jeux, mes coéquipiers, j’étais plus à l’aise et je me suis adapté à la vitesse du jeu. On avait du potentiel et du talent, mais on n’a pas réussi à bien exécuter après notre bon début, c’est ce qu’il y a de plus frustrant», expliquait-il, casquette des Bucs sur la tête.

Comme en 2017, les Buccaneers ont conservé une fiche de 5-11, ratant ainsi les séries éliminatoires. Pire, ils ont fait le grand ménage au niveau du coaching, nommant Bruce Arians à la place de Dirk Kotter. Et qui dit nouvel entraîneur-chef, dit aussi refaire ses preuves.

«Il faut comprendre que le football est une business. On est jugé uniquement sur notre fiche, les fans sont mécontents, ça fait en sorte d’apporter du changement. On a quand même le sentiment d’avoir laissé tomber nos entraîneurs», avouait le numéro 82 dont l’équipe avait pourtant connu un départ canon avec des victoires contre les Saints de la Nouvelle-Orléans et les Eagles de Philadelphie.

Il n’aura donc pas l’impression d’arriver devant un inconnu à la reprise des activités, en avril. En plus de sa réputation, Bruce Ariens dirigeait les Cards de l’Arizona quand Auclair avait visité cette équipe avant de signer avec les Buccaneers.

«J’avais rencontré son entraîneur des ailiers rapprochés, je les connais un, c’est déjà un pas en avant», souligne celui qui a capté sept passes pour 48 verges en 2018.

Échappée provoquée

Pour l’heure, Auclair s’assure d’être efficace au bloc. Son exploit personnel, jusqu’à présent, fut de forcer un ballon échappé sur un retour de botté ayant mené au placement décisif en prolongation d’un match remporté 26-23 contre les Browns de Cleveland.

«Je suis vraiment content d’avoir fait mon travail. J’ai fait de très bons blocs contre des joueurs très bien payés, j’ai répondu à l’appel. Mais à ce niveau, il fait accepter de perdre certains combats pour en gagner d’autres.»

Depuis deux ans, Auclair s’est fait des amis chez les Bucs. Les ailiers rapprochés forment une famille tricotée serrée même si chacun se bat pour un poste régulier. Cameron Brate, O.J. Howard et Alex Cross font désormais partie de son groupe d’amis.

«Ça facilite les choses d’avoir d’avoir des amis proches à qui se confier, on ne se sent pas tout seul dans le bateau. On a tellement des rôles différents, on n’a pas l’impression d’être en compétition. On avait chacun nos jeux.»

Pour l’heure, Auclair est en vacances. Il prévoit voyager un peu, «profiter de la belle température de Québec» et regarder le Super Bowl, autant par passion que par désir d’amélioration.

«Je n’ai pas l’impression d’avoir encore atteint mon plein potentiel. J’ai encore beaucoup à prouver, et mon objectif est de continuer à m’améliorer, de ne pas plafonner. Je vais de l’avant», disait-il à propos de sa progression dans le football américain.

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RÈGLEMENT CONTROVERSÉ 

Comme plusieurs, Antony Auclair pense qu’il est temps qu’on puisse réviser certaines situations de jeu dans la NFL. L’obstruction contre le receveur ignoré par les officiels dans le match de championnat de la conférence nationale en est un bel exemple. Au lieu d’être en vacances, les Saints de la Nouvelle-Orléans seraient peut-être en pleine préparation pour le Super Bowl, qui aura lieu le 3 février, à Atlanta.

«Ce qu’il y a eu, en fin de semaine, on l’a eu toute l’année... Ça aiderait qu’il y ait des reprises, surtout que ç’a complètement changé le match. Pour ce qui est du règlement de la prolongation, il a été fait pour épargner certains joueurs. Ce n’est pas nécessairement juste qu’une équipe ne touche pas au ballon, mais physiquement, ce serait trop dur qu’une prolongation dure aussi longtemps que dans la NCAA ou la Ligue canadienne.» 

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BETTS N'A BESOIN QUE D'UNE CHANCE

«Relaxe, man», dirait Antony Auclair à l’espoir qu’il était à l’hiver 2017. Avec deux saisons d’expérience dans la NFL, l’ailier rapproché est donc bien placé pour refiler quelques conseils à son ancien coéquipier du Rouge et Or Mathieu Betts, qui passe présentement dans le même processus qu’il a vécu avant de signer un contrat de trois ans avec les Buccaneers de Tampa Bay.

L’ailier défensif vient de participer et de faire écarquiller bien des yeux au East-West Shrine Bowl, en Floride, où les meilleurs espoirs du football collégial américain étaient réunis. Selon ce qu’il connaît maintenant de la NFL, Auclair voit-il Betts y faire aussi son nid prochainement?

«Mathieu a juste besoin de sa chance dans une équipe pour prouver qu’il est capable de jouer dans la NFL. S’il l’a, il peut arriver n’importe quoi. Un peu comme moi, quand j’ai eu ma chance en signant à titre de joueur autonome, j’ai pu performer au camp d’entraînement. Ce sera la même chose pour Matthieu, dès qu’il aura sa chance, il pourra faire de grandes choses», soutenait-il à propos du triple vainqueur du trophée J.P. Metras, remis au meilleur joueur de ligne défensive au Canada.

Betts et Auclair discutent souvent ensemble. L’ex-numéro 9 du Rouge et Or a posé beaucoup de questions au premier joueur de l’Université Laval à goûter à la NFL. L’actuel numéro 82 des Buccaneers lui a aussi offert son aide.

Trop de stress

«Il y a beaucoup trop de stress par rapport aux joueurs qui participent à des combines. Ce qui compte, c’est ta performance sur le terrain. Relaxe, joue au foot, t’es bon», refilerait-il comme conseil à ceux qui cherchent à suivre ses traces. Il est bien placé pour en parler, parce lors de sa journée «pro», il y a deux ans, une blessure l’avait empêché de pousser la machine à fond. Qu’importe, il a quand même atteint son but.

Selon lui, les joueurs canadiens sortent de plus en plus de l’ombre, même s’ils ont besoin d’une période d’adaptation lorsqu’ils évoluent au sud de la frontière canado-américaine.

«Le territoire des dépisteurs [de la NFL] s’agrandit de plus en plus au Nord. Les joueurs des États-Unis nous respectent aussi de plus en plus, plusieurs m’ont dit avoir déjà eu des coéquipiers canadiens au football collégial. Juste à Dallas, il y avait deux Canadiens, il y en a plus que je pensais dans la NFL. Il suffit qu’une équipe te donne le temps de te développer.»

Il a bénéficié d’une telle ouverture à Tampa Bay. «Ce qu’ils ont fait avec moi, c’est extraordinaire», admet-il.

Auclair est débarqué dans une jungle, où les plus forts sortent vainqueurs. La force mentale est un élément essentiel pour obtenir sa place au soleil.

«Au camp, c’est très difficile. Il y a de nouvelles choses à gérer, des entraîneurs qui te crient dessus. Les gars se battent pour mettre du manger sur leur table, pour payer leur maison, il y en a qui arrivent directement de la rue. Tu ne dois pas stresser avec cela, tu dois juste te concentrer à être meilleur chaque jour.»