Antoine Valois-Fortier note que le judo fait de grands efforts pour s’adapter et rendre la pratique du sport sécuritaire en contexte de pandémie.
Antoine Valois-Fortier note que le judo fait de grands efforts pour s’adapter et rendre la pratique du sport sécuritaire en contexte de pandémie.

Antoine Valois-Fortier impatient de reprendre la compétition

Marc Delbès
La Presse Canadienne
Cinq mois après le report des Jeux olympiques de Tokyo dans la foulée de la pandémie de coronavirus, de nombreux athlètes canadiens vivent toujours dans l’incertitude. Plusieurs, à l’instar du judoka Antoine Valois-Fortier, attendent impatiemment la reprise des compétitions afin de poursuivre le processus qui leur permettra de confirmer leur place en vue du grand rendez-vous quadriennal.

Depuis le mois de mars, le médaillé de bronze des Jeux de Londres avoue qu’il vit des montagnes russes d’émotions. Et même s’il ne tient pas à s’apitoyer sur son sort, il a hâte de retrouver un peu de normalité.

«C’est une année pleine de rebondissements, reconnaît d’emblée Valois-Fortier de retour à Montréal après un deuxième camp d’entraînement à Lethbridge, en Alberta. Mon moral n’est pas mauvais, mais je ressens un peu d’impatience et de frustration de ne pas savoir ce qui s’en vient. Nous avançons dans le brouillard, et c’est vraiment difficile.»

Contrairement à d’autres sports qui ont pu réintégrer leurs installations, les sports de combat n’ont toujours pas obtenu le feu vert de la Santé publique de la province pour reprendre les entraînements réguliers avec contacts. On espère que le plan de déconfinement basé sur celui de la Fédération française de judo et récemment soumis aux autorités permettra de relancer les activités au Québec.

«C’est mon plus grand souhait, a reconnu Valois-Fortier. D’autres sports sont allés de l’avant et nous espérons que notre tour viendra.»


« Nous avançons dans le brouillard, et c’est vraiment difficile »
Antoine Valois-Fortier

Le triple médaillé aux Mondiaux note que le judo fait de grands efforts pour s’adapter et rendre la pratique du sport sécuritaire en contexte de pandémie.

«Judo Canada travaille présentement avec une compagnie de Laval - ec3d - pour concevoir un masque que nous pourrions porter pendant nos entraînements de façon à respecter davantage les règles sanitaires», a-t-il révélé.

Guérir de «vieux bobos»

L’athlète originaire de Beauport, âgé de 30 ans, ne sait toujours pas ce que l’automne lui réserve en termes de compétitions. Dans les circonstances, il fait contre mauvaise fortune, bon coeur.

«Pour le moment, nous sommes toujours en attente, comme bien des sports. Nous n’avons pas vraiment de calendrier établi, souligne celui qui est classé cinquième au monde chez les moins de 81 kg. Normalement, nous étions censés reprendre les compétitions internationales à la mi-septembre. Au cours de la dernière semaine, j’ai appris que c’était repoussé à la mi-octobre.

«C’est comme ça depuis plusieurs semaines. Je tente de garder la tête froide, de me préparer de mon mieux pour être prêt lorsque le retour va se faire», résume-t-il.

Les athlètes carburent toutefois aux objectifs, et ce n’est pas évident d’établir des plans quand tout est appelé à changer rapidement.

«Il y a tellement d’incertitude à tous les niveaux que le plus difficile pour les athlètes en ce moment, c’est de se fixer des objectifs concrets, des objectifs motivants au quotidien», explique-t-il.

Souvent blessé ces dernières années, les derniers mois lui auront permis de soigner de «vieux bobos» et d’adopter une routine différente.

«De manière générale, j’essaie de profiter du fait que j’ai plus de temps. C’est un luxe que je n’ai pas eu souvent. Habituellement, l’été est la période la plus occupée. Nous sommes à l’extérieur, ou constamment en camp d’entraînement à Montréal. Le bon côté des choses, c’est que je profite de mon été», a-t-il conclu.