Anthony Duclair, «un vol en plein jour»

Si Anthony Duclair connaît une carrière à l'image de ses premiers matchs hors concours, les Rangers de New York se réjouiront de l'avoir choisi en troisième ronde au repêchage de la LNH en 2013. «Un vol en plein jour», estimait l'actuel entraîneur-chef des Remparts de Québec, Philippe Boucher, au sujet de la sélection tardive du «Duc», un surnom qu'a même utilisé Alain Vigneault à son endroit avec le sourire...
Anthony Duclair a inscrit un troisième but en autant de matchs avec les Rangers, mardi soir. «Je me surprends chaque jour. Le meilleur conseil qu'on m'a donné, c'est de rester calme. Ma vie change un peu, mais je dois demeurer le même joueur et travailler fort chaque fois que je me présente sur la patinoire», disait-il après la défaite de 4-2 des Rangers à Philadelphie.
Duclair a encore touché la cible, mardi soir, en marquant un but dans un troisième match de suite dans une défaite de 4-2, à Philadelphie. Les Rangers réduisent leur alignement à une trentaine de joueurs mercredi.
«Il a encore connu un bon match. Plusieurs choses me sautent aux yeux présentement, comme sa vitesse et son calme en possession de la rondelle. Il a énormément de vitesse et d'habiletés. Jusqu'à présent, il a capté l'attention de tout le monde dans l'organisation, il fait plusieurs bonnes choses», a indiqué l'entraîneur-chef des Rangers aux médias affectés à la couverture de l'équipe après la rencontre.
Peu importe réservé à Duclair, plusieurs équipes se mordront les pouces de l'avoir ignoré au terme d'une saison plus difficile à 17 ans. Le numéro 10 - qui enfile le 63 au camp des Rangers - s'est remis en marche à 18 ans, ce qui lui a valu une mise sous contrat et une campagne de 50 buts et 99 points dans la LHJMQ.
«Rien de ce qu'il fait ne me surprend. Il a joué tout un match [lundi], son tir dévastateur sur son but, on essaie de l'enseigner : côté court, coin supérieur, peu importe d'où tu lances, elle va rentrer, c'était spectaculaire à voir», a noté Boucher, qui n'est pas sans savoir qu'il est possible qu'un jeune de 19 ans se taille une place dans la grande ligue.
À Québec, les Remparts ont déjà perdu les services de Simon Gagné au profit des Flyers pour cette raison, en 1999. Il a lui-même été promu dans la LNH à cet âge avec les Sabres de Buffalo.
«Anthony est arrivé ici à 16 ans, il a grandi et appris beaucoup de choses. Sortir plus tard au repêchage alors que tu étais considéré comme un choix de première ronde, c'est une déception, mais il a très bien réagi. Il a pris beaucoup de maturité sur la glace, à l'entraînement et dans sa manière de se préparer. Il y a des choses que Tony a compris, il a trop de talent pour ne pas réussir. Comme tous les jeunes, il doit aller chercher de la constance, et s'il reste avec les Rangers, tant mieux.»
Un coup dur aux Remparts
Les Diables rouges se remettraient-ils d'une promotion hâtive? «Je comprends le sens de vos questions, on verra, mais nous n'avons aucun contrôle là-dessus. Nous sommes une ligue de développement, ça ferait mal aux Remparts s'il ne revenait pas, mais pour l'instant, je n'en suis pas là», a répondu le directeur général.
Selon Boucher, Duclair fait partie de ces rares hockeyeurs qui feront directement le saut du junior à la LNH, un luxe offert aux joueurs exceptionnels.
«C'est lui qui va décider, mais je pense qu'Anthony ne touchera pas à la Ligue américaine. S'il revient ici et connaît une saison à la hauteur des attentes, les Rangers vont lui faire une place, comme Tampa Bay en a fait une à [Jonathan] Drouin. La décision leur revient, mais il est assez bon pour jouer à ce niveau», ajoutait-il à propos de celui qui fait évidemment parti de ses plans pour la Coupe Memorial. Une participation au Championnat mondial junior serait aussi dans l'ordre des choses pour l'attaquant au coup de patin électrisant.
<p>Débarqué à Québec au même âge que son coéquipier, Adam Erne (photo) n'est pas du tout surpris par le succès d'Anthony Duclair au camp d'entraînement des Rangers de New York. </p>
Erne bien heureux pour son ami
Débarqué à Québec au même âge que son coéquipier, Adam Erne n'est pas du tout surpris par le succès d'Anthony Duclair au camp d'entraînement des Rangers de New York. «Je savais qu'il pouvait faire tout cela», a commenté le numéro 73 sur les exploits de son ami, mardi matin.
«Il a compté 50 buts avec nous, l'an passé, et il profite pleinement de sa chance avec les Rangers. Anthony est un joueur très talentueux et ça va bien pour lui, j'en suis très heureux. Il s'agit d'une aventure avec ses hauts et ses bas, le jour où ça va mal, tu penses revenir et quand ça va bien, tu veux rester. Quand j'étais à Tampa, on se parlait tous les jours, c'est plaisant de compter sur un ami qui vit la même chose que toi», a ajouté le joueur américain.
Erne et Duclair sont arrivés à Québec pour la saison 2011-2012, le premier via une transaction avec les Mooseheads de Halifax et le second par l'entremise du repêchage de la LHJMQ. Ils n'avaient que 16 ans, à l'époque, et ils ont progressé jusqu'à devenir des espoirs pour le Lightning et les Rangers.
Au fil des saisons, ils ont vécu de bons moments, mais aussi des passes plus difficiles comme celle de décembre 2012, quand l'entraîneur-chef Patrick Roy n'avait pas hésité à les critiquer publiquement malgré leurs 17 printemps. «Nos jeunes doivent apprendre à gagner et à faire la différence, mais [ce soir] Erne et Duclair nous côutent trois buts. S'ils n'apprennent pas, ils vont vivre des déceptions en juin», disait l'ancien Diable rouge en chef, ce jour-là.
«Le hockey junior est une ligue d'apprentissage, on apprend à tous les jours, d'où l'importance d'avoir de bons entraîneurs et des vétérans de qualité qui aident les jeunes à grandir et à se développer», a rappelé Erne, qui est devenu l'un des piliers de l'équipe par son jeu, bien sûr, mais aussi par l'attitude qu'il affiche.
Cela dit, le joueur retourné à son club junior par Tampa Bay, en fin de semaine, refuse de voir plus loin que le prochain match, qu'il s'agisse de celui des Remparts... ou des Rangers.
«Je sais qu'il veut rester à New York, on ne lui souhaite que du bien et on ne pense surtout pas à ce que ça nous ferait s'il ne revenait pas. De toute manière, on joue avec l'alignement qu'on a, et personnellement, mon unique préoccupation est ici. Nous avons des matchs à gagner.» 
Hayes courtisé à l'époque par Boucher
En visionnant le match des Rangers de New York, lundi soir, Philippe Boucher s'est souvenu pourquoi l'Océanic avait déjà tenté d'attirer l'ailier droit de 6 pieds 5 pouces Kevin Hayes à Rimouski. «Nous avions eu des discussions avec Marc Bergevin, qui était avec les Blackhawks à l'époque, et leur dépisteur-chef, mais la philosophie de Chicago était de laisser le jeune décider lui-même de son trajet vers la LNH», a raconté Boucher à propos du joueur de 22 ans, l'un de nombreux jeunes qui cognent à la porte du vestiaire des Rangers.
L'Océanic l'avait réclamé avec son choix de 12e et dernière ronde (208e) au repêchage de la LHJMQ de 2009, soit avant l'arrivée de Boucher comme directeur général. Hayes n'a jamais joué à Rimouski, passant plutôt les quatre dernières saisons à Boston College, où jouera cette saison le défenseur Noah Hanifin qui fait tant rêver les Remparts en cette année de Coupe Memorial.