En plus de faire carrière dans le domaine de l’immobilier, Angelo Esposito travaille au Hockey Etcetera où il est entraîneur spécialisé dans le développement des habiletés des hockeyeurs

Angelo Esposito: il n’y a pas que le hockey dans la vie

Il y a maintenant deux ans qu’Angelo Esposito a accroché ses patins. Considéré comme l’une des futures grandes vedettes de la Ligue nationale après sa première campagne avec les Remparts, il a longtemps eu comme objectif d’évoluer dans la grande ligue. Mais même s’il fut un choix de première ronde en 2007, le 20e au total, il n’y disputa pas un seul match.

«Mon rêve, c’était de jouer dans la Ligue nationale», explique le Montréalais. «Mais je m’en éloignais à chaque année. À ma dernière rencontre avec le HC Cesque Budjovice [République tchèque], j’ai subi une sévère commotion cérébrale. Dans l’ambulance qui m’emmenait à l’hôpital, j’ai demandé à ma copine si j’avais bien joué. Elle m’a répondu que oui. Par la suite, je lui ai reposé la question à toutes les deux minutes. C’est elle qui me la raconté, parce que je ne m’en souvenais pas.

«C’est à la suite de ça que je me suis dit que j’étais rendu à 28 ans, que mes chances d’aller dans la LNH étaient bien minces et que je pouvais commencer une autre vie à Montréal. Je ne voulais pas arriver à 35-36 ans et me retrouver au même point que j’étais à 28. Il n’y avait pas que le hockey dans la vie.»

Même si sa décision était réfléchie, Esposito avoue que son retour à Montréal fut difficile. N’ayant pas fait son deuil de sa carrière, il ne savait pas non plus quelle tangente il donnerait à sa vie. Et bien qu’il ait rêvé, plus jeune, d’étudier en médecine, il était un peu tard pour le concrétiser. Déjà propriétaire d’un édifice à logements, il décida de gagner sa vie dans le domaine de l’immobilier. 

«Je n’achète pas des bâtisses uniquement pour collecter des loyers. J’acquiers des édifices qui ont besoin de beaucoup d’amour et je les rénove. Au début, j’étais le gars qui transportait les sacs de poubelle. Depuis, j’ai appris toutes sortes de choses. Quand les ouvriers ont besoin de moi, je les aide. Et je continue à apprendre.»

Esposito n’est pas demeuré loin de la patinoire bien longtemps. Les dirigeants du complexe Hockey Etcetera l’ont engagé comme spécialiste du développement des habiletés des hockeyeurs. Le complexe étant aussi le quartier général de Quartexx Management, un cabinet d’experts-conseils, il a aussi travaillé avec des espoirs de la LHJMQ, dont Hendrix Lapierre et Xavier Bourgault.

«Retourner sur la glace a facilité mon deuil. J’ai trouvé une façon de transmettre ma passion aux jeunes. Et j’adore ça. Je suis aussi entraîneur à Selwyn House, l’école secondaire où j’ai étudié. C’est vraiment le fun de voir la progression des jeunes.»

Avec les Remparts

Plus bel espoir midget au repêchage de 2005, Esposito avait annoncé qu’il désirait poursuivre sa carrière de hockeyeur dans une université américaine. Les Remparts avaient surpris tout le monde en le choisissant au 11e rang et en le convainquant de jouer à Québec

«Mes trois ans à Québec sont parmi les trois plus belles années de ma vie. J’étais dans une organisation de première classe, j’avais une bonne famille de pension et les partisans étaient incroyables. L’équipe a tout fait pour moi, à tous les jours. Les Remparts et Patrick [Roy] mettaient vraiment tout en œuvre pour permettre aux joueurs de connaître du succès.»

Repêché par Pittsburgh après sa seconde campagne à Québec, le joueur de centre passa moins d’un an dans l’organisation des Penguins qui l’échangea aux Trashers d’Atlanta. 

«Je me souviens comme si c’était hier du moment où j’ai été repêché et de la première fois que j’ai rencontré les joueurs des Penguins. De beaux souvenirs qui vont toujours demeurer en moi et que je peux partager avec mes amis ou les jeunes que je coache

Esposito termina son stage dans la LHJMQ avec le Junior de Montréal. À son retour du Championnat mondial, il se déchira le ligament croisé du genou. Et après une longue réhabilitation, il se blessa au même genou la saison suivante. Il s’exila ensuite en Europe où il ne put jouer une seule saison complète à cause de blessures de toutes sortes.

«Je pourrais dire que c’est à cause des blessures que je n’ai pas fait la Ligue nationale. Elles ont joué un rôle majeur, mais elles ne sont pas l’unique raison. Il y a plein de choses qui ont fait que je n’y suis pas arrivé. Mais si je retourne constamment dans le passé pour essayer de trouver pourquoi ça n’a pas marché, je vais être malheureux pour le reste de mes jours. Je suis fier de la manière dont j’ai refait ma vie. J’ai trouvé du succès en dehors du hockey et j’ai mis les bases nécessaires pour bien vivre dans le futur.»

Interrogé à savoir comment il le voyait ce futur, Esposito indique qu’il aimerait continuer à acquérir des immeubles et que son plus grand rêve était de devenir promoteur immobilier. Mais comme sa passion pour le hockey est toujours aussi grande, il prendrait peut-être la voie du coaching si l’occasion se présentait.

«J’ai informé mon ancien agent que je serais ouvert à devenir entraîneur et je lui ai demandé d’être attentif aux opportunités. Pour l’instant, j’apprends beaucoup en coachant. Les choses vont tranquillement, pas vite. Un petit pas un à la fois.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q  Faits marquants

R  Quand j’ai gagné la Coupe Memorial avec les Remparts (2006) puis quand j’ai fait l’équipe de Team Canada et que l’on a remporté la médaille d’or aux championnats du monde (2009). Deux événements qui m’ont marqué et où je me sentais que ça serait difficile de ressentir un tel feeling de nouveau.

Q  Pire moment

Le jour où j’ai décidé d’arrêter de jouer et de venir à Montréal. Je mettais fin à ma carrière alors que je n’avais pas accompli des choses que je voulais accomplir. Et la seconde fois que je me suis déchiré le ligament croisé intérieur. À ce moment-là, je savais ce qui m’attendait pour les six prochains mois. 

Q  Personnalités marquantes

R  Mes parents, mais aussi toute ma famille, comme mes oncles, ont joué un rôle dans ma carrière. Mon père et ma mère étaient toujours là pour moi, peu importe la situation.

Q  Entraîneurs marquants

R Pascal Vincent, Joël Bouchard et Dominique Ducharme, mes coachs avec le Junior de Montréal. Je venais de connaître une année so-so, je n’avais pas été invité au camp d’été d’Équipe Canada et je n’étais pas certain de vouloir jouer ma dernière année junior. Ils m’ont aidé à tourner la page et à ressortir plus fort. Et Patrick Roy. Il avait tout gagné. Quand les gens me demandent ce qu’il m’a montré, je réponds : le désir et la volonté de gagner.