André Lacroix arrivera à Québec jeudi et retrouvera le quartier d’enfance de Lauzon, vendredi soir, dans l’aréna qui porte son nom depuis 1990.

André Lacroix, 60 ans depuis Bienville

Il a été le coéquipier des Harvey, Howe, Hull, Mikita. Il fait partie des quatre seuls joueurs LNH/AMH auteurs d’au moins 100 aides en une saison avec Gretzky, Orr et Lemieux. Mais les meilleurs souvenirs de hockey d’André Lacroix remontent à ses années midgets, à Lévis.

«J’ai toujours dit que j’ai eu une bonne carrière, mais mes plus beaux souvenirs restent mes trois années midgets à Bienville», a affirmé l’homme de 73 ans, mercredi, quand Le Soleil l’a joint à sa résidence de Cleveland.

Lacroix arrive à Québec jeudi et retrouvera le quartier d’enfance de Lauzon, vendredi soir, dans l’aréna qui porte son nom depuis 1990. À l’occasion du 50e Tournoi atome de Lévis, on célèbre le 60e anniversaire du premier des trois championnats provinciaux midgets consécutifs remportés par l’équipe du secteur Bienville, voisin de Lauzon, en 1959, 1960 et 1961.

«J’étais dans l’équipe les trois années, avec l’entraîneur Robert Guay», qu’il a d’ailleurs bien hâte de retrouver vendredi. «Ç’a vraiment été quelque chose d’unique! Trois de suite, ça ne s’était jamais fait avant et ça ne s’est jamais refait après non plus», souligne Lacroix.

«On avait déjà du succès avec l’équipe, mais Bienville n’était pas favorite pour gagner un championnat», se rappelle-t-il. «J’ai toujours été très fier de cette équipe-là venant d’une petite place comme Bienville à Lauzon, Lévis, alors qu’on jouait contre des grosses équipes de Québec, Montmorency, Beauport. La première année, tout le monde disait qu’on avait été chanceux. On a gagné les deux autres années après ça», se souvient-il encore avec satisfaction.

Malgré trois campagnes de 20 buts ou plus à ses débuts à Philadelphie, les Flyers expédient Lacroix à Chicago dès 1971.

Broad Street Bullies

Le petit joueur de centre a ensuite quitté Lévis pour se joindre aux As junior B de Québec, puis aux Citadelles juniors, au Canadien junior à Montréal et aux Petes de Peterborough dans la ligue junior majeur de l’Ontario. Où il a été champion marqueur à ses deux années et a pu déjà mesurer l’immense talent d’un jeune défenseur du nom de Bobby Orr.

Ensuite retour à Québec avec les As de la Ligue américaine, avant de faire le saut dans les grandes ligues pour 13 prolifiques saisons partagées entre sept clubs de la LNH et de l’AMH, de 1967 à 1980.

Malgré trois campagnes de 20 buts ou plus à ses débuts à Philadelphie, les Flyers expédient Lacroix à Chicago dès 1971 dans une transaction qui jettera les bases des Broad Street Bullies.

Lors de sa saison de 106 passes et 147 points, André Lacroix a participé au Match des étoiles de l’AMH le 21 janvier 1975, au Colisée d’Edmonton. Lacroix avait obtenu trois aides dans une victoire de 6-4 des étoiles de l’Ouest, préparant entre autres un but de Gordie Howe, ici avec Lacroix et le défenseur des Nordiques de Québec Jean-Claude Tremblay.

«Dans le temps, St. Louis avait Noel Picard et les frères Plager [Barclay, Bob et Bill], des toughs, alors les Flyers ont décidé de changer style de jeu, d’amener des joueurs beaucoup plus gros et plus physiques», explique celui qui a été échangé contre Rick Foley, auteur de 168 minutes de pénalité à sa première, et seule, campagne chez les Flyers.

Lacroix, lui, avec les Blackhawks, a connu une saison de misère de seulement 11 points. Ce qui l’a poussé vers l’Association mondiale (AMH), circuit naissant où il connaîtra un succès monstre avec 798 points en 551 matchs réguliers, ce qui fait de lui le meilleur pointeur dans la courte histoire de l’AMH.

Comme frapper pour ,400

Autre exploit de Lacroix, sa fameuse saison de 106 passes en 1974-1975, avec les Mariners de San Diego. Seuls Wayne Gretzky (11 fois!), Orr et Mario Lemieux, une fois chacun, ont réussi pareil exploit dans la LNH. Lacroix a été le seul à atteindre ce plateau en sept ans d’existence de l’AMH.

«Comme joueur de centre, je m’étais toujours dit que j’aimerais avoir 100 passes dans une saison. Pour moi, c’est pareil comme un joueur de baseball qui frappe pour ,400 dans une saison. Et l’année où j’ai eu 106 passes, j’ai aussi compté 41 buts», indique celui qui se dit surtout fier d’avoir fait produire ses deux ailiers à la hauteur de 25 à 30 buts chacun durant toutes ces années.