Le Sud-Africain Kevin Anderson, qui s'est qualifié pour la finale vendredi, devra maintenant venir à bout du numéro 1 mondial, Rafael Nadal, s'il veut remporter son premier titre du Grand Chelem en carrière.

Anderson à un grand pas d'un premier Grand Chelem

Du haut de ses 6'8", Kevin Anderson peut encore rêver à un improbable premier sacre en Grand Chelem après sa qualification pour la finale des Internationaux des États-Unis, vendredi.
Le Sud-Africain de 31 ans a mis fin au parcours d'un autre invité-surprise dans le dernier carré du tournoi new-yorkais, l'Espagnol Pablo Carreno Busta (19e mondial), qu'il a submergé en quatre sets (4-6, 7-5, 6-3 et 6-4). Avec son puissant service et ses incessantes montées au filet, Anderson a fait plier en 2h49 minutes de jeu un adversaire qui n'avait pas perdu un seul set jusque-là.
Avec cette victoire, Anderson (32e mondial) est devenu le joueur le moins bien classé à accéder à la finale de Flushing Meadows et le plus grand... en taille. Il sera opposé pour le match le plus important de sa carrière à un joueur autrement plus renommé que lui : le no 1 mondial Rafael Nadal, qui a dominé en demi-finales l'Argentin Juan Martin Del Potro 4-6, 6-0, 6-3, 6-2.
«Je suis au septième ciel», a lancé Anderson. «Il y a neuf mois, on m'a dit que je devais me faire opérer à une hanche et maintenant, je suis en finale dans l'un des plus grands tournois du monde. Nous avons la chance de jouer avec certains des meilleurs joueurs de l'histoire, merci à eux de nous laisser notre chance», a-t-il plaisanté en référence à la cascade de forfaits, avant le tournoi, de favoris comme Novak Djokovic, Andy Murray ou le tenant du titre Stan Wawrinka.
En plus de l'absence de nombreux favoris, Anderson et Carreno Busta ont profité de la défaillance des principales têtes de série dans leur partie de tableau (Marin Cilic, Alexander Zverev, Grigor Dimitrov). L'Espagnol a ainsi affronté quatre joueurs issus des qualifications lors de ses quatre premiers matchs, du jamais-vu en Grand Chelem.
Le premier depuis 1965
«C'était incroyablement dur et j'étais nerveux au début, et j'imagine que Pablo l'était aussi. J'ai dû puiser loin pour remporter ce match», a avoué Anderson, qui s'est installé aux États-Unis à 18 ans et qui est passé par le système universitaire américain.
Il est le premier Sud-Africain en finale des Internationaux des États-Unis depuis 1965, quand Cliff Drysdale s'était incliné face à l'Espagnol Manuel Santana. Le dernier sacre d'un Sud-Africain en Grand Chelem remonte à 1981 lorsque Johan Kriek avait remporté les Internationaux d'Australie.
Anderson affiche à son palmarès trois titres ATP (Johannesburg, Delray Beach, Winston-Salem) et son meilleur résultat en Grand Chelem était jusque là son quart de finale perdu lors des Internationaux des États-Unis de 2015. Redoutable serveur, il avait grimpé à la 10e place mondiale en octobre de cette année-là, mais avait ensuite collectionné les blessures, notamment à une hanche qui l'a privé de compétition jusqu'à mars dernier.
Il a reculé jusqu'à la 80e place mondiale, avant de grimper petit à petit au classement ATP, grâce notamment à sa finale du tournoi de Washington fin juillet et son quart de finale du Masters 1000 de Montréal en août.
L'Espagnol tentera de décrocher le 16e titre du Grand Chelem de sa carrière, le deuxième en 2017 après Roland-Garros en juin, son troisième à Flushing Meadows après 2010 et 2013.
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Les héritières des soeurs Williams
Inspirées par Venus et Serena Williams, les Américaines Sloane Stephens et Madison Keys vont disputer samedi le match le plus important de leurs carrières freinées par des blessures. Amies dans la vie, elles vont disputer leur première finale du Grand Chelem grâce à un parcours à Flushing Meadows qui les surprend elles-mêmes.
Dans une finale toute Américaine, Madison Keys (photo) affrontera Sloane Stephens, samedi.
Tenue loin des terrains pendant 11 mois à cause d'une blessure à un pied, elle pointait au-delà de la 900e place mondiale pour son retour en compétition, en juillet. Depuis sa défaite au premier tour à Washington, elle a aligné 14 victoires en 16 matchs et peut remporter son premier titre majeur en étant 83e mondiale! Keys a, elle, été opérée à deux reprises d'un poignet depuis le début de l'année, ce qui a repoussé en mars le début de sa saison  «Qui aurait pensé en janvier alors qu'on venait chacune d'être opérée et de manquer les Internationaux d'Australie qu'on serait toutes les deux en finale de ceux des États-Unis. C'est vraiment spécial de vivre cela ensemble après tout ce qu'on a vécu», a reconnu Keys.
Et ce n'est pas leur seul point commun : Stephens (24 ans) et Keys (22 ans) incarnent le renouveau du tennis américain, une génération de joueuses afro-américaines qui doivent beaucoup aux soeurs Williams. Soixante ans après le premier sacre aux Internationaux des États-Unis d'Althea Gibson, très engagée dans la lutte contre la ségrégation raciale, c'est tout un symbole de voir une nouvelle génération prendre le pouvoir, sans vouloir toutefois pousser les Williams vers la sortie. «Nous marchons, Madison et moi, sur les traces de Venus, c'est une ambassadrice de notre sport et des femmes afro-américaines, c'est un honneur pour nous de jouer en même temps qu'elle, de tenter de faire comme elle», a insisté Stephens.