Fernando Alonso a bien apprécié son expérience aux 500 milles d'Indianapolis il y a deux semaines, notamment dans les paddocks, où les gens sont plus détendus qu'en F1 selon lui.

Alonso séduit par l'IndyCar

Fernando Alonso sera de retour derrière le volant de sa McLaren, cette fin de semaine sur le circuit Gilles-Villeneuve. Et ce sera peut-être la dernière fois qu'on le verra piloter au Grand Prix du Canada.
Il y a deux semaines, l'Espagnol de 35 ans - il en aura 36 le 29 juillet - s'est absenté du GP de Monaco afin de tenter sa chance pour la première fois de sa carrière aux 500 milles d'Indianapolis et il a apprécié l'expérience. Le vétéran a mené pendant un total de 27 tours avant que sa voiture Andretti Autosport Honda ne rende l'âme, au 179e tour.
«J'ai appris beaucoup de nouvelles choses. C'était très intense, parce que j'ai dû apprendre sur le tas, à partir de zéro», a-t-il raconté, jeudi. «Ç'a fait du bien d'interrompre ma saison de Formule 1 pendant quelques semaines, afin d'apprendre les rudiments du métier en IndyCar. [...] C'était une bonne décision que de se rendre là-bas.»
L'ambiance qui régnait dans les paddocks à Indianapolis s'est révélée être une véritable bouffée d'air frais pour Alonso. Des photos ont d'ailleurs circulé le montrant en train d'arpenter les paddocks en planche à roulettes. Pour le champion du monde de 2005 et de 2006, cette anecdote illustre parfaitement la différence entre la F1 et la série IndyCar.
«Tout d'abord, nous n'avons pas la permission de faire de la planche à roulettes ici, dans les paddocks... L'ambiance est totalement différente. Tout le monde est détendu, heureux d'être là. Je ne dis pas que ce n'est pas le cas ici, mais la "machine" entourant la F1 est là, et les dirigeants ne s'en cachent pas; ils veulent provoquer des guerres entre les pilotes.»
Alonso connaît une saison de misère en F1. Il n'a complété qu'une seule de ses cinq courses  : une 12e place au GP d'Espagne. «Ma priorité, c'est de gagner un championnat de F1», a-t-il mentionné malgré tout. «Je sais que je suis à mon meilleur derrière un volant en F1, car ça fait 16 ans que je fais ça. Mais je sais aussi que je peux sauter dans n'importe quelle autre voiture et être compétitif.
«Je ne suis pas effrayé par l'avenir. Si je ne gagne pas un troisième championnat du monde, je sais que je peux courir dans une autre série et connaître du succès», a-t-il lancé en répétant qu'il commencerait à songer à son avenir à compter de septembre.
25 courses? Oubliez ça!
Les probabilités qu'Alonso quitte carrément la F1 ont augmenté considérablement depuis que des rumeurs ont commencé à circuler sur un allongement du calendrier à 25 courses; cinq de plus que cette année.
«J'ai commencé en F1 à l'époque où il n'y avait que 16 courses au calendrier, en plus des essais. Les dirigeants ne cessent d'augmenter le nombre d'épreuves et je crois qu'en ce moment, la saison est déjà passablement exigeante. Donc c'est assez.
«À ce stade-ci de ma carrière, je considère que ma qualité de vie est plus importante que ma carrière professionnelle. Si ça reste comme c'est là, je serai heureux de continuer, mais si ça augmente - comme en NASCAR, où ils disputent 45 ou 50 courses -, alors ce sera terminé pour moi.»
Ce point de vue a également été partagé, dans une certaine mesure, par le pilote Mercedes Lewis Hamilton. «Je n'y ai jamais vraiment songé. Mais je comprends le point de vue de Fernando, et je suis plutôt d'accord avec lui.»
Alonso, qui a déjà gagné à Monaco, n'est toutefois pas à court de projets. Parmi ceux-ci, il faut compter la concrétisation de la prestigieuse triple couronne du sport automobile : GP de Monaco, 500 milles d'Indianapolis et 24 heures du Mans.
Seul le légendaire pilote britannique Graham Hill y est parvenu dans l'histoire (Monaco en 1962, en 1964, en 1965, en 1968 et en 1969; Indianapolis en 1966 et Mans en 1972). Victorieux à Indianapolis en 2000 et en 2015, et à Monaco en 2003, Juan Pablo Montoya est le seul pilote en activité à posséder les deux tiers de la couronne.
Toujours plus rapide à la maison, selon Perez
Sergio Perez a couru pour une première fois devant les siens lors du Grand Prix du Mexique en 2015, tout comme Lance Stroll (à droite) le fera en fin de semaine à Montréal.
Le pilote Force India Sergio Perez n'a peut-être pas de formule magique pour aider Lance Stroll à inscrire ses premiers points en carrière cette fin de semaine au Grand Prix du Canada, mais selon lui, il ne fait aucun doute qu'il sera plus rapide qu'à l'accoutumée.
Lors de la traditionnelle conférence de presse des pilotes, Perez est revenu jeudi matin sur sa première expérience devant ses partisans au Grand Prix du Mexique, en 2015. Le pilote âgé de 27 ans avait alors fini huitième.
À la différence de Stroll, Perez était toutefois déjà un pilote expérimenté lorsqu'il a disputé son premier Grand Prix à la maison. Il comptait quatre années d'expérience et plus de 75 courses avec Sauber (37), McLaren (19) et Force India (19).
«Quand tu cours chez toi, tu obtiens l'occasion de voir tes parents et tes amis - ce qui est très rare en temps normal -, donc ton niveau d'émotions est au maximum, à 100 %, tout le temps. Et puis, quand tu complètes la course, tu deviens très émotif.
«On dit souvent que lorsque tu es chez toi, tu es plus rapide de deux dixièmes de seconde, et je le crois», a ajouté Perez. «Tu as tellement d'énergie et de volonté de bien faire que plutôt que de ressentir de la pression, tu ressens une surdose d'énergie. [...] Ceci étant dit, c'est important de garder les deux pieds sur terre, de ne pas laisser les émotions prendre le dessus.»
«Reste calme»
Stroll prend part au Grand Prix du Canada pour la première fois de sa carrière. Vendredi, lors des essais libres, ce sera la première fois qu'il donnera des coups de volant sur le circuit Gilles-Villeneuve. Le pilote de Mont-Tremblant a été contraint à l'abandon dans quatre des six courses auxquelles il a participé jusqu'ici cette saison, et son meilleur résultat est une 11e place au Grand Prix de Russie.
Avant qu'il ne commence à s'en faire, Perez a prodigué au jeune Québécois un dernier conseil. «Reste calme et savoure le moment présent, parce que la fin de semaine va passer très rapidement», a-t-il déclaré, avant de lui donner une tape sur l'épaule.