Le gardien des Mooseheads de Halifax Alexis Gravel est né à Berlin, en Allemagne, il a grandi à Asiago et Cortina d’Ampezzo, en Italie, et il s’est développé à Toronto.

Alexis Gravel, le trotteur des Mooseheads

HALIFAX — Le gardien des Mooseheads de Halifax Alexis Gravel se dirige habituellement vers le vestiaire de son équipe pendant les entractes, profitant de l’occasion pour se réhydrater et se concentrer en vue de la période suivante.

Ce n’était pas vraiment la même routine lorsqu’il a commencé à pratiquer son sport, à six ans, dans une Italie où le café est très important.

«Entre les périodes, on s’arrêtait pour boire un thé chaud, a affirmé Gravel. Ça semble anodin, mais quand je pense à l’Italie, je pense au thé chaud.»

Gravel est un jeune homme qui a beaucoup voyagé et lors de cette représentation du tournoi de la Coupe Memorial, il a aidé les Mooseheads à s’assurer d’au moins une place en demi-finale.

Le gardien de 19 ans estime qu’Asbestos est son chez lui, mais il est né à Berlin, en Allemagne, il a grandi à Asiago et Cortina d’Ampezzo, en Italie, et il s’est développé à Toronto.

Gravel est né durant la deuxième saison de son père François dans la ligue élite allemande. Sa famille a déménagé en Italie alors qu’il n’était qu’un bambin et son père a disputé six saisons dans la Série A d’Italie.

Alexis ne se souvient pas de beaucoup de moments pendant ses six années en Italie sauf quand le gagnant de la coupe Stanley Matt Cullen a joint l’équipe de Cortina pour la saison 2004-05, alors que la LNH était en lock-out. Cullen et son père sont devenus de bons amis pendant la saison et Alexis avait l’occasion de sauter sur la glace avec eux.

François, qui est originaire de Québec, mais qui a aussi la citoyenneté française, a été sélectionné en troisième ronde par le Canadien de Montréal lors du repêchage de 1987. À cette époque, il était gardien pour les Cataractes de Shawinigan.

Alexis a grandi en posant beaucoup de questions à son père afin d’améliorer son jeu. Un jour, François a vu que son fils était habile des deux mains et il l’a persuadé de prendre une décision, lui disant même de penser à attraper de la droite.

«C’est drôle parce que mon père m’a demandé si j’étais droitier ou gaucher. Il m’a ensuite dit que les gardiens qui attrapent de la droite étaient plus rares alors j’ai pratiqué ce côté», a fait savoir le gardien des Mooseheads.

Alexis a travaillé sur son jeu au Québec avant de déménager à Toronto, en 2014, quand l’entreprise pour laquelle sa mère travaillait l’a relocalisée. Alexis a ensuite disputé deux saisons avec les Senators de Mississauga, croyant que la visibilité et l’occasion d’apprendre l’anglais allaient l’aider à obtenir une bourse d’études dans une université américaine.

«J’ai pensé aller jouer dans une université américaine et que l’anglais allait m’aider, a déclaré Gravel. J’ai visité quelques universités, mais j’ai décidé de jouer à Halifax.»

Alors que ses parents sont à Halifax pour le regarder, Gravel a amorcé le tournoi de la Coupe Memorial en stoppant 56 des 59 tirs dirigés vers lui lors de ses deux premiers matchs. Il a battu les Raiders de Prince Albert, champions de la Ligue de l’Ouest, et le Storm de Guelph, champion de la Ligue de l’Ontario.

L’entraîneur-chef des Mooseheads, Éric Veilleux, n’est pas du tout surpris de voir ce que Gravel accomplit pour son équipe après la saison qu’il a connue.

«Il a été très bon pour nous pendant toute la durée des séries et lors des deux premiers matchs du tournoi», a-t-il indiqué.

Repêché par les Blackhawks

Mesurant six pieds trois pouces et pesant 220 livres, Gravel a connu la meilleure saison de sa carrière dans la LHJMQ, montrant un dossier de 33-13-3 en 49 parties, avec une moyenne de buts alloués de 2,49, un pourcentage d’arrêts de ,913 et cinq blanchissages.

L’amélioration dans son jeu vient de la confiance qu’il a gagnée après avoir été sélectionné par les Blackhawks de Chicago en sixième ronde du repêchage de 2018.

«C’était la plus belle journée de ma vie. Je crois que cette année, après avoir été repêché, je commence à réaliser que je pourrais avoir une carrière comme gardien, a-t-il dit. Et après cette saison, il n’y a aucun doute que je peux jouer chez les professionnels.»

Gravel n’a toujours pas signé un contrat professionnel et il espère en faire assez au tournoi de la Coupe Memorial pour persuader les Blackhawks de lui offrir un contrat d’entrée dans la LNH.

Les Mooseheads croiseront le fer avec les Huskies de Rouyn-Noranda, les champions de la LHJMQ, mercredi. Une victoire enverrait la formation de la Nouvelle-Écosse directement en finale.

Quand le tournoi se terminera, Gravel envisage de retourner à Berlin pour y faire une première visite en 19 ans.