Samedi, Alex Harvey a terminé neuvième au 50 km, à 32,4 secondes du vainqueur, le Suisse Dario Cologna (à sa gauche).

Alex Harvey 9e au 50 km d'Holmenkollen

Le scénario aurait été parfait : remporter le 50 km de ski de fond d’Holmenkollen, 30 ans après la victoire de son père!

Alex Harvey a bataillé avec le peloton de tête tout au long de la course, samedi, pour finalement prendre le neuvième rang de cette prestigieuse épreuve norvégienne présentée devant plus de 50 000 spectateurs.

Le médaillé d’or de PyeongChang, le Suisse Dario Cologna, l’a emporté au photo-finish devant le favori local, Martin Johnsrud Sundby, un mince bout de ski tranchant à la faveur du vainqueur. Le Russe Maxim Vylegzhanin, qui pouvait réintégrer la Coupe du monde après avoir été banni à vie des Jeux olympiques et destitué de ses trois médailles d’argent à Sotchi, a pris le troisième rang, au grand déplaisir de plusieurs.

À 5 km de l’arrivée, un groupe comptant sept fondeurs est parvenu à distancer quelques rivaux, dont Harvey.

«Je suis content. J’ai fini mon traitement aux antibiotiques, jeudi, alors si je compare ma progression par rapport au sprint de Drammen [54e], mercredi, c’est vraiment bon. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, et je pense n’avoir pas trop perdu la forme, ça me place bien pour les finales, la fin de semaine prochaine», notait Harvey.

Le fondeur de 29 ans de Saint-Ferréol-les-Neiges pouvait identifier le moment où les favoris ont effectué la dernière cassure. «Ça s’est joué sur la partie la plus surélevée du parcours dans le dernier tour, j’ai perdu le contact sur le groupe devant moi, j’ai perdu environ 15 secondes sur eux. Je n’ai pas pu donner le petit coup pour les suivre.»

S’il le pouvait, Harvey reverrait sa stratégie de changements de skis. Il a enfilé une nouvelle paire après le troisième tour, pratiquement à la mi-course.

«Le fait de pouvoir changer les skis rend les 50 km beaucoup plus intéressants. Sundby a changé une fois, comme moi, mais Dario l’a fait plus tard que nous. Il y a eu un party vendredi soir sur le site et la piste était sale. J’aurais peut-être pu changer plus tard pour avoir des skis propres pour finir, mais je n’aurais pas gagné pour autant. J’aurais pu faire un top 5», estimait-il.

Dernière chance l’an prochain

Harvey aimerait bien ajouter le fleuron d’Holmenkollen à son palmarès. En 1988, son père, Pierre Harvey, avait remporté le 50 km du 100e anniversaire de cette course mythique. Il pourra essayer de passer à l’histoire, l’an prochain, lors de son dernier passage à Oslo.

«À part les Jeux, les Mondiaux et le Tour, c’est la course la plus prestigieuse de la Coupe du monde de ski de fond. Le monde parle encore que le grand Bjorn Daehlie [Norvège] n’a jamais gagné le 50 km d’Holmenkollen. Mais c’est toujours tripant pour nous compétitionner ici, il y a tellement de fans, c’est bruyant tout le temps. Les gens encouragent tous les skieurs, sauf peut-être les Suédois...»

Harvey a terminé à 32,4 secondes du vainqueur. Il s’agissait de la quatrième fois de sa carrière qu’il perçait le top 10 de cette course, ayant terminé troisième en 2009, cinquième en 2011 et sixième en 2017.

Il s’offrira les finales de la Coupe du monde, à Falun, le week-end prochain, en guise de clôture à sa saison. Si les trois premières places du classement général ne sont plus accessibles, à moins d’une défaillance peu probable de Cologna ou de Sundby, il y visera un podium dans l’une des trois courses de ce mini-tour.