Alex Beaulieu-Marchand a décroché le titre d’athlète de l’année pour la région de Québec.

Alex Beaulieu-Marchand couronné au Gala de l’athlète

Avec ses trois médailles aux X Games, du jamais vu, Alex Beaulieu-Marchand a repoussé les limites du ski en style libre, cet hiver. Le sportif de Saint-Augustin a ainsi décroché le titre d’athlète de l’année pour la région de Québec, mercredi soir, lors d’un gala marqué par plusieurs absences, dont la sienne.

«Je suis incroyablement content de recevoir cet honneur, évidemment!» a commenté celui que l’on reconnaît et nomme dorénavant par ses seules initiales, ABM. La petite entrevue avec le grand vainqueur a été réalisée par échange de messages, car Beaulieu-Marchand profite en ce moment de vacances sous le soleil du Mexique. Loin de la neige et du boulot, mais aussi du Complexe Capitale Hélicoptère, près de l’aéroport, où se tenait le rendez-vous annuel du milieu sportif régional.

«Je ne m’attendais pas à ça! Je suis content de ma saison et ça fait chaud au cœur de recevoir un tel titre. Ça me rend fier de pouvoir gagner un titre comme ça en pensant que mon parcours n’a jamais été un fardeau, mais seulement la réalisation d’un rêve d’enfance entouré de plaisir et d’expériences remarquables sur mon chemin.»

Avec la médaille d’argent en slopestyle (descente acrobatique) et en big air (grand saut), puis le bronze au concours vidéo Real Ski de ski urbain avec son acolyte vidéaste Antoine Caron, Beaulieu-Marchand est devenu fin janvier le premier athlète de l’histoire des X Games à obtenir trois médailles la même année dans ces épreuves. Il a aussi fini troisième en big air aux Championnats du monde, la semaine suivante. Tout cela après sa médaille de bronze olympique en slopestyle, en février 2018.

En l’absence d’Alex Beaulieu-Marchand, c’est son père Louis Beaulieu qui le représentait au Gala de l’athlète, mercredi soir.

Commotion pour Simone Boilard

Beaulieu-Marchand n’était pas le seul absent de marque. Trois des quatre vainqueurs de prix individuels majeurs n’étaient pas de la fête. Mathieu Betts (football) est en Illinois pour les activités présaison des Bears de Chicago et, comble de malchance, Simone Boilard (cyclisme) s’est blessée à l’entraînement dans la journée. Elle se serait fait frapper la roue arrière par un véhicule et souffrirait d’une commotion cérébrale.

Seul Mathieu Roy (softball) était sur place, lui qui part la semaine prochaine pour un camp de l’équipe canadienne à Toronto et les Championnats du monde, la semaine suivante, à Prague. Roy joue une centaine de matchs sur cinq mois avec quatre formations, dont celle de son village de Saint-Gervais, dans Bellechasse, et l’équipe de tournois les Gremlins de New York.

«Ce serait mentir de dire qu’on n’est pas déçus des absents», admet le président du comité de sélection, Denis Fortin. «Mais on compose avec ça chaque année. On l’a essayé en novembre, en décembre, en mai... Une année, il y en a un qui s’est excusé d’être présent! On aimerait que ce soit automatique pour les athlètes, mais on ne peut rien y faire. On a pensé remettre ça à l’automne, mais il nous manquerait tous les athlètes d’hiver. Le printemps, c’est la meilleure période... ou la moins pire.»

Les 335 personnes présentes au gala constituent tout de même un record de participation des récentes années. «Ceux qui sont là sont contents! Et si on attend que tout le monde soit là, on ne fera jamais rien», tranche celui qui est associé à l’événement pour une 30e année. 

Nouveau retraité du ski de fond, Alex Harvey (2009, 2010, 2011, 2015 et 2017), qui était lui aussi en vacances, a raté sa dernière occasion, à moins d’un éventuel retour à la compétition, de rejoindre la kayakiste Caroline Brunet (1995, 1996, 1997, 1998, 1999 et 2000) au sommet avec six titres. Harvey était parmi les trois finalistes en sport individuel de niveau international avec Beaulieu-Marchand et la jeune sensation du tennis Félix Auger-Aliassime.

La planchiste Dominique Maltais (2014) demeure la seule femme honorée au titre d’athlète de l’année à Québec en 12 ans, soit depuis le doublé de la patineuse courte piste Kalyna Roberge (2006 et 2007). 

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LA COURSE AU SOMMET

Élu athlète-étudiant de l’année, Jean-Simon Desgagnés poursuit ses études en médecine tout en étant un spécialiste de la course cross-country d’automne, du demi-fond à l’intérieur et du 3000 m steeplechase.

Si la course à pied gagne en popularité, la cote de l’élite de ce sport à Québec grimpe aussi en flèche. Trois des 12 prix remis au Gala de l’athlète mercredi ont été attribués à un coureur, des coureuses et leur entraîneur.

«Ça prend beaucoup de temps, d’effort et de discipline, mais je ne serais pas capable de faire juste l’un ou juste l’autre», a indiqué l’athlète-étudiant de l’année. Jean-Simon Desgagnés est un spécialiste de la course cross-country l’automne, du demi-fond à l’intérieur l’hiver et du 3000 m steeplechase l’été. Ah oui, il est aussi étudiant en médecine à l’Université Laval, où il maintient une moyenne de 3,79 sur 4,33. Juste ça.

Vice-champion canadien universitaire en cross-country, sur 3000 m et sur 1500 m sur piste intérieure, il est aussi médaillé d’argent des championnats canadiens civils au 3000 m steeple. Discipline où il vient en plus d’enregistrer le deuxième temps dans l’histoire du Québec, début mai, en Californie, à ce moment le sixième meilleur chrono au monde cette saison.

À 10 centièmes de seconde du standard des Championnats du monde d’athlétisme, cible qu’il tentera à nouveau d’atteindre la semaine prochaine, à Portland.

«Le sport et les études ont toujours été complémentaires, pour moi. Et l’un me sert avec l’autre. Par exemple, dans le sport, j’ai appris que tu ne peux pas tout faire la veille. Que l’entraînement d’il y a une semaine ou il y a un an compte encore», expose celui qui aura un été chargé avec l’Universiade, en Italie, et les Jeux panaméricains, au Pérou.

Son coach, Félix-Antoine Lapointe, a été pour sa part nommé entraîneur de l’année au niveau national. Celui qui a entre autres aidé Charles Philibert-Thiboutot à participer aux Jeux olympiques de 2016 sur 1500 m était jusqu’à septembre dernier en charge à la fois des clubs d’athlétisme et de cross-country du Rouge et Or de l’Université Laval.

Lapointe a gardé le cross-country à l’UL et dirige dorénavant le programme provincial de l’équipe du Québec en athlétisme.

Équipe de l’année

Porté par un quatuor d’enfer composé de Aurélie Dubé-Lavoie, Catherine Beauchemin, Anne-Marie Comeau et Jessy Lacourse, les femmes du club de cross-country du Rouge et Or sont devenues en novembre dernier la première formation québécoise à rafler le titre canadien universitaire. Après une saison de domination au Québec, Dubé-Lavoie (2e position), Beauchemin (3e), Comeau (6e) et Lacourse (7e) ont été encore une fois excellentes en finale nationale.

Ce qui leur a valu le titre d’équipe de l’année dans la région de Québec, au nez de leurs collègues du football Rouge et Or, champion canadien universitaire, et des cheerleaders des Corsaires de Pointe-Lévy, championnes québécoises.

Lapointe est au côté de tous ces jeunes coureurs très prometteurs pour le Québec dans les diverses épreuves de course à pied, comme Comeau, qui a réussi le deuxième meilleur temps féminin au demi-marathon en avril et qui vient de boucler son premier marathon, soit 42,2 km, en 2h43 min 59 s, dimanche, à Ottawa.

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BERNIER A RECONSTRUIT ROME

Après avoir mené des taekwondoïstes aux Jeux olympiques de 2008 et de 2012, l’entraîneur de l’année à Québec sur la scène internationale Alain Bernier dit être enfin parvenu à «reconstruire Rome» en vue des JO de 2020 et de 2024.

«Je dis tout le temps à mes athlètes que Rome ne s’est pas construit en un jour. Eh bien là, j’ai fini par rebâtir Rome!» illustre le pilote des clubs de taekwondo de Sainte-Foy et de Lévis. Il compte surtout sur ses étoiles Hervan Nkogho et Marc-André Bergeron, mais «d’autres les suivent aussi».

Bernier avait déjà gagné ce prix, en 2008, à la suite des Jeux olympiques de Pékin où il a épaulé la médaillée d’argent Karine Sergerie et Sébastien Michaud. Puis chaque année depuis, soit 10 ans, il avait toujours été parmi les finalistes, mais sans jamais remonter sur la scène.

«Je ne pensais vraiment pas gagner ce soir», a-t-il confié et on le croit. «Mais je suis quand même venu parce que c’est important. C’est important de soutenir l’excellence et le travail de mes athlètes. Parce que ma partie à moi là-dedans, au fond, elle est minime. Oui, j’ai sans doute un talent pour détecter le talent d’un athlète et le développer, mais c’est tout», explique celui que tous ses protégés appellent monsieur Bernier.

«Je suis aussi ici pour l’organisme Excellence sportive Québec-Lévis et son directeur général Côme Desrochers. Avec ce qu’ils nous fournissent en ressources de physiothérapeute, de massothérapeute et de préparateur physique, ils nous permettent de rivaliser un tant soit peu contre la Chine, la Corée, les États-Unis, l’Europe. Parce que dans notre domaine, on ne rivalise pas contre les autres provinces, mais bien contre les autres pays!» dit Bernier.

À 14 mois des JO de Tokyo, Bernier estime son groupe de retour au sommet et prêt à combattre avec les meilleurs. «On va être là. Je ne sais pas si on va gagner, mais on est là», se réjouit-il.  

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LES LAURÉATS

  • Athlète par excellence: Alex Beaulieu-Marchand, ski style libre
  • Sport individuel International: Alex Beaulieu-Marchand, ski style libre
  • National: Simone Boilard, cyclisme
  • Partenaire/coéquipier International: Mathieu Roy, softball
  • National: Mathieu Betts, football
  • Découverte Féminine: Liliane Gagnon, ski de fond
  • Masculine: Louis-David Chalifoux, ski de bosses
  • Entraîneur International: Alain Bernier, taekwondo
  • National: Félix-Antoine Lapointe, athlétisme et cross-country
  • Athlète-étudiant: Jean-Simon Desgagnés, athlétisme
  • Équipe: Rouge et Or cross-country féminin
  • Officiel: Simon Bordeleau, gymnastique
  • Bénévoles: Clermont et Jeannine Gingras, hockey