Julian Alaphilippe se dit au bord de l’épuisement après 13 jours en jaune, un record pour un Français depuis Bernard Hinault.

Alaphilippe «prêt à recevoir les coups» en montagne

GAP — Un maillot jaune à l’épreuve des Alpes : Julian Alaphilippe, en tête du Tour de France, défend jeudi sa position dans le premier des trois actes alpestres, au lendemain du succès de l’Italien Matteo Trentin dans la 17e étape à Gap.

Très fatigué, au bord de l’épuisement, à la sortie des Pyrénées, «Alaf» espère s’être refait une santé pendant les trois journées qui ont servi d’intermède, malgré la chaleur, au Tour.

«Je suis prêt pour recevoir des coups dans les Alpes, a souri le Français. Je suis fatigué comme tous les autres, j’essaye de récupérer au maximum, de canaliser mon énergie, de me détacher de tout ce qui se passe actuellement, car c’est incroyable.»

Gardera-t-il son avance, au moins en partie, sur les pentes de l’Izoard et surtout du Galibier? Ses adversaires prendront-ils le risque de lancer tôt la bataille? Pour le numéro un mondial, tout dépendra de son degré de récupération après 13 journées en jaune, un record pour un Français depuis Bernard Hinault.

Son avance, plus d’une minute et demie sur le Britannique Geraint Thomas, lui octroie une marge de sécurité. «C’est beaucoup et peu à la fois», répète cependant Alaphilippe, conscient que tout peut s’effondrer à n’importe quel moment lors des sept grandes ascensions (première ou hors catégorie) restant au programme jusqu’à samedi et l’arrivée à Val Thorens.

Trentin en solo

Derrière lui, Thomas, le vainqueur sortant, mise sur la régularité et la constance. Son équipe dispose d’un autre atout majeur, le jeune colombien Egan Bernal (22 ans), à quelques secondes seulement de leurs deux autres adversaires, le Néerlandais Steven Kruijswijk et le Français Thibaut Pinot, qui s’est montré le plus fort dans les Pyrénées.

«C’est mieux d’avoir deux cartes à jouer, souligne Bernal. Nous verrons ce que Pinot et Alaphilippe feront, ce seront les deux garçons à suivre. Si je dois rouler pour Geraint, je le ferai.»

Tous ont passé «une journée relativement tranquille, qui fait du bien», selon les mots d’Alaphilippe. «Il y avait une grosse échappée [33 coureurs] mais sans coureurs dangereux au classement. On a essayé de se mettre en mode économie, pour passer la journée dans les meilleures conditions possibles.»

L’échappée s’est transformée pour finir en un solo de Trentin. Le champion d’Europe a réalisé un beau numéro pour enlever son troisième succès d’étape dans le Tour (après 2013 et 2014), le quatrième pour l’équipe australienne Mitchelon depuis le départ

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HOULE PREND DU MIEUX AVANT LES ALPES

À l’aube de leur passage dans les Alpes, les 160 cyclistes encore en lice au Tour de France avaient 200 kilomètres à parcourir entre le pont du Gard et Gap, mercredi, dans la 17e étape. C’est l’Italien Matteo Trentin (Mitchelton-Scott) qui a été sacré vainqueur en solo. «C’était relativement tranquille», a raconté le Québécois Hugo Houle. Le porte-couleur d’Astana, qui a perdu son leader danois Jakob Fuglsang mardi, a pris le 121e rang, terminant à 25 minutes 55 secondes de Trentin.

Trois de ses coéquipiers, Omar Fraile, Gorka Izagirre et Magnus Cort Nielsen, se sont retrouvés dans l’échappée du jour, qui regroupait 33 coureurs. Izagirre a été le meilleur des Astana en terminant sixième, dans le même groupe que celui qui a fini troisième, Greg Van Avermaet (CCC), à 41 secondes de Trentin.

«Il tenait le coup à l’avant, mais il y avait plus forts que lui aujourd’hui. Ça va être la façon dont nous allons courir d’ici la fin du Tour, être agressifs et prendre les échappées.» Autre membre d’Astana dans l’échappée, Magnus Cort Nielsen a été repris par le peloton. «Magnus Cort a été victime d’une crevaison et il est revenu dans le peloton, car il n’a pas pu être dépanné assez rapidement. C’est dommage, parce que c’était notre meilleur coureur aujourd’hui sur cette arrivée.»

Houle, qui se remet d’un rhume, a passé la journée parmi le peloton. «J’étais beaucoup mieux qu’hier. Je me sentais bien», a-t-il assuré.Jeudi, une longue étape de 208 kilomètres au départ de Embrun avec une arrivée à Valloire est au programme. Les cyclistes auront quatre cols à franchir, dont deux classés hors catégorie. «Il y a à peu près 5000 mètres de dénivelé… Ça sera une grosse journée sur le vélo!» a affirmé le Québécois.  Sportcom