Julian Alaphilippe espère se faire plaisir lors des classiques de Québec et de Montréal auxquelles il n’a pas pris part depuis plusieurs années.

Alaphilippe heureux de revenir au Québec

Avec la présence de l’actuel numéro 1 de la discipline, du vice-champion du Tour de France 2019 et du vainqueur de la grande boucle de 2014, le peloton qui débarque en ville est sûrement l’un des plus relevés de l’histoire des Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal.

À bord de l’avion qui transportait plusieurs des 147 coureurs qui seront au départ de l’épreuve de Québec, vendredi, le Québécois Guillaume Boivin (Israel Academy) était bien placé pour le constater.

«Chaque année, j’ai vraiment l’impression que c’est le top [des coureurs] qui est ici. J’ai eu la chance d’être en classe affaires, et quand je regardais autour de moi, je me disais qu’on allait avoir de belles courses», racontait celui qui pensait avoir eu droit à une petite faveur parce qu’il était le seul cycliste québécois sur le vol en provenance de Paris.

S’il fut le premier à franchir les douanes à l’aéroport international Jean-Lesage, difficile toutefois de prédire celui qui franchira le fil d’arrivée avant tout le monde, vendredi, à Québec, et dimanche, à Montréal.

Car le groupe regorge de favoris. À commencer par le Français Julian Alaphilippe, l’Anglais Geraint Thomas (Ineos) et l’Italien Vincenzo Nibali (Bahrein-Merida), qui étaient tous sur le même vol à destination de la capitale, mercredi.

Pour Nibali, vainqueur du Tour de France en 2014, il s’agit d’une première participation aux GPCQM. Il revendique la prestigieuse triple couronne, puisqu’il a aussi déjà remporté le Giro et la Vuelta au cours de sa carrière.

«Habituellement, je fais deux grands tours par saison, dont la Vuelta, qui tombe en même temps, mais cette année, j’ai fait le Giro et le Tour [de France], il s’agissait donc d’une belle occasion pour venir au Canada», disait l’Italien, dont la condition s’améliore depuis le Tour de l’Allemagne.

Point de mire

Alaphilippe, lui, sera l’un des points de mire de ses rivaux et des amateurs. Mardi, il était aussi attendu par les médias québécois. Tout coureur portant le maillot jaune du Tour de France pendant 14 jours ne peut plus passer inaperçu…

«Je vais encore plus le réaliser cet hiver, quand je vais terminer la saison. Forcément, ç’a été des moments exceptionnels et des souvenirs que je n’oublierai jamais. Voilà, on fait du vélo pour vivre des moments comme ça et cette année a été remplie de grandes émotions. C’est une saison exceptionnelle pour moi. Le Tour a beaucoup marqué les esprits, mais le corps aussi, alors j’ai fait un bon petit brake, j’ai repris l’entraînement et les courses sur le Tour d’Allemagne, où ça s’est bien passé. Ça va de mieux en mieux, j’espère me faire plaisir sur les classiques canadiennes qui m’ont manqué, parce que ça fait plusieurs années que je ne suis pas venu. Je suis très content d’être de retour», affirmait le membre de l’équipe Deceuninck-Quick Step.

La course de Québec se déroule sur un circuit urbain de 12,6 km que les coureurs se farcissent à 16 reprises pour couronner le gagnant au terme de 201,6 km. Outre Alaphilippe, Nibali et Thomas (gagnant du Tour de France en 2018 et deuxième en 2019), d’autres prétendants seront de la partie, comme le Slovaque Peter Sagan, qui pourrait devenir le premier à s’offrir trois victoires à Québec, et le Belge Greg Van Avermeat, champion olympique en titre, vainqueur à Montréal en 2016 et auteur de sept podiums aux GPCQM depuis 2012.

«Je suis un peu ici pour voir où j’en suis à quelques semaines du Championnat du monde. Mes deux objectifs de fin de saison sont les Mondiaux et le Tour de Lombardie, et ces courses [Québec et Montréal] qui sont très relevées sur des circuits exigeants, ça fait partie de ma préparation. Voilà, je vais voir où j’en suis, me faire plaisir et aller chercher un résultat pour l’équipe», ajoutait Alaphilippe, chou chou du Tour de France et créateur de la «Jujumania»…

Et on n’a pas encore parlé du Québécois Hugo Houle, qui vient de participer à son premier Tour de France, et du Canadien Michael Woods, troisième à la course sur route des Mondiaux, l’an passé. Un peloton relevé, disait-on!

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DE PLUS EN PLUS POPULAIRE

Les Grands Prix cyclistes de Québec et Montréal sont devenus des courses incontournables sur le circuit mondial. Encore plus que l’avait imaginé Serge Arsenault, le promoteur de l’événement qui célèbre son 10e anniversaire.

«Sincèrement, je n’avais pas prévu que l’on soit à un tel niveau à notre 10e année, autant sur les plans de la qualité de la course, de la participation des coureurs et des directeurs d’équipes et de l’appréciation», admettait le président des GPCQM, mercredi, venu accueillir les coureurs qui débarquaient dans la capitale en prévision de la course de vendredi.

L’ancien journaliste sportif n’oubliait cependant pas les gens qui se massent le long des parcours de Québec et de Montréal pendant ces épreuves d’une durée de cinq heures.

«Je le rappelle, et c’est une vérité de La Palice, les spectateurs sont le carburant des coureurs. Un parcours sans grand public est un parcours triste et encore plus difficile pour eux», ajoutait celui qui est fier de voir le chemin parcouru depuis 2010, année de la première présentation.

«Sans prétention, je pense que c’est un rendez-vous pratiquement obligatoire pour certains. Les grands veulent gagner Québec et Montréal pour ajouter cela à leur palmarès», estimait-il.

Face à la panoplie de coureurs de renom qui seront au départ des courses, le promoteur Serge Arsenault préférait se garder un devoir de neutralité lorsqu’on l’a appelé à identifier les favoris. Mais il admettait que le peloton était d’une grande qualité.

Face à la panoplie de coureurs de renom qui seront au départ des courses de vendredi, à Québec, et de dimanche, à Montréal, le promoteur préférait se garder un devoir de neutralité lorsqu’on l’a appelé à identifier les favoris. Mais il admettait que le peloton était d’une grande qualité.

«Je pense que c’est l’édition la plus relevée, mais en cyclisme, il y a toujours des circonstances. Les Championnats du monde [qui ont lieu dans deux semaines] ont amené plusieurs grands cyclistes à se présenter. Et le fait que nous ayons ajouté deux tours à la course de Montréal nous place maintenant dans des distances de monument. Si je donne une image comparative avec le ski alpin, plus la descente est difficile, plus les grands vont s’exprimer. C’est la même chose en cyclisme.»

Des projets

Arsenault caresse d’autres projets, comme la mise sur pied d’une série de courses d’un jour (classique) et il rêve de placer des espoirs québécois de 16, 17 et 18 ans, garçons et filles, dans des programmes de développement d’équipes professionnelles européennes parce que le Québec possède une «incroyable force dormante» inspirée par les Hugo Houle, Antoine Duchesne et Guillaume Boivin, entre autres. Mais le fil d’arrivée n’est pas encore atteint.

«Si nous avons 18 tours à Montréal, je dirais qu’on est rendu au 17e pour les séries classiques. Il y a eu un peu de surplace, ça arrive dans les sprints… Il y a beaucoup d’écueils, des visions différentes car ça veut dire de sortir le vélo de l’Europe pour attaquer les continents comme l’Afrique et l’Asie. On y travaille, et comme n’importe quelle négociation, il faut être ferme sur les principes de base pour ne pas revenir en arrière. Il y a des gens qui ont intérêt à ce que ça ne fonctionne pas, ils sont encore bien dans la vieille Europe. Mais ces gens sont en place depuis 80 ans et ça ne marche pas, donc, il faut changer d’acteur», indiquait celui qui aimerait aussi que le cyclisme féminin modifie son approche et soit plus professionnel.

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LE GP CYCLISTE DE QUÉBEC EN CHIFFRES

équipe nationale invitée (Canada)

heures de course

12,6 km par tour (16 au total pour 201,6 km)

18 équipes professionnelles

30 pays représentés

147 coureurs