Alain Côté et Dave Pichette, deux des quatre anciens Nordiques avec Pierre Lacroix et Marc Fortier qui étaient au bar L'Inox mercredi pour entendre la décision de la LNH à l'invitation de la Nordiques Nation.

Alain Côté aurait aimé une réponse claire de la LNH

Les ex-Nordiques questionnés mercredi n'ont pas caché leur déception de voir la LNH passer son tour pour le retour d'une équipe à Québec. Au premier chef Alain Côté.
Le guerrier des Bleus dans les années 80 était déçu, mais aussi amer devant la position floue de Gary Bettman sur la demande de Québecor d'obtenir une nouvelle formation pour la Vieille Capitale dans le cadre du processus d'expansion. Côté aurait préféré entendre la LNH se positionner clairement sur son avenir à Québec.
«Honnêtement, j'aurais aimé ça qu'ils se compromettent», a affirmé l'ex-hockeyeur, reconnu pour sa franchise. «Qu'ils disent : oui, il y aura une équipe à Québec. Ou non, cibole, il n'y en aura pas! On joue un peu sur les sentiments de tout le monde à Québec. On mérite mieux que ça. [...] Je sens qu'on est comme utilisés. C'est ça qui m'enrage le plus.»
Cette zone grise entretenue par la LNH le «dérange en tabarouette». Elle donne l'impression que Québecor «court après un fantôme», a souligné le «Beu».
L'ancien no 19 y a cru jusqu'au bout. Questionné avant le début du discours du commissaire, il voyait d'un bon oeil la présence du président de Québecor, Pierre Dion, lors de l'annonce à Las Vegas. Mais les minutes suivantes ont ralenti ses ardeurs.
Pichette ne croit pas aux arguments
Les trois autres anciens Fleurdelisés présents au bar L'Inox, à l'invitation de la Nordiques Nation, ont été moins virulents dans leurs propos. N'empêche que Dave Pichette ne croit pas aux arguments évoqués par le commissaire de la LNH pour «reporter» la candidature de Québec, soit la faiblesse du dollar canadien et le déséquilibre dans le nombre d'équipes entre les deux associations. Avec Vegas, il y a maintenant 15 formations dans l'Ouest contre 16 dans l'Est.
«Les associations, ça s'arrange tout le temps, estime l'ex-défenseur. Tu peux toujours retourner un autre club de l'autre côté. Quand il y a une volonté, ça se fait. [...] Pour ce qui est du dollar, c'est sûr que ça devient plus compliqué parce que tes dépenses sont en américain et tes revenus en canadien. Mais tous les autres clubs [canadiens] de la Ligue fonctionnent comme ça. Alors pourquoi on ne serait pas capables?»
Confiance ébranlée, mais...
Déçu, l'ex-défenseur Pierre Lacroix a aussi indiqué être surpris par la position de la LNH. «Je m'étais imaginé au cours des derniers mois, étant donné qu'il y avait beaucoup de silence [autour du processus d'expansion], qu'il y aurait peut-être une nouvelle intéressante pour Québec», a-t-il affirmé.
Leur confiance est ébranlée, mais les hockeyeurs d'hier ne la perdent pas. La LNH reviendra un jour dans la ville qui l'a accueillie de 1979 à 1995, continuent-ils de croire. «Il faut être patient, a dit Marc Fortier. Et c'est peut-être le plus grand problème des gens de Québec présentement, notre impatience.»
Les quatre hommes savent très bien que les amateurs de hockey continueront de les interroger sur le sujet dans les prochains mois. «Ça va encore être la deuxième question qu'ils vont me poser le plus», a blagué Alain Côté. La première étant, bien sûr : «Est-ce que ton but était bon?»
Des anciens Nordiques partagés
Si les ex-Fleurdelisés sont sur la même longueur d'onde concernant Québec, c'est moins vrai à propos de la nouvelle venue dans la LNH, Las Vegas. Alain Côté a de la difficulté à accepter de voir une ville située dans le milieu du désert passer devant la capitale de la neige, passionnée de hockey. «Il y a déjà une équipe dans le désert, et ils mettent une autre équipe dans le désert», déplore Côté en parlant des Coyotes de Phoenix. «C'est pas ce coin-là qui va faire fonctionner le hockey, c'est sûr et certain.» Pierre Lacroix n'est pas du même avis. Selon lui, la capitale du jeu est une bonne prise pour la grande ligue, car elle est une ville de spectacles bien remplie en touristes. «Je pense que ça va fonctionner, a-t-il dit. C'est sûr que c'est pas l'amateur de hockey qui sera là, parce qu'il ne doit pas y en avoir beaucoup à Vegas.»
<p>L'ancien joueur des Nordiques Marc Fortier </p>
Un excellent plan B
En filigrane de l'annonce de mercredi planent toujours les ennuis financiers du propriétaire des Hurricanes de la Caroline, Peter Karmanos. Les ex-Nordiques ont eux-mêmes abordé le dossier. «Ce n'est pas toutes les équipes qui vont bien dans la Ligue nationale», a lancé Pierre Lacroix, qui croit toujours à une délocalisation. De son côté, Marc Fortier voit en Québec un excellent plan B pour la LNH si une de ses concessions devait connaître des problèmes impossibles à régler, à l'image des défunts Thrashers d'Atlanta, déménagés à Winnipeg en 2011. «C'est pas des journées très ensoleillées présentement en Caroline, avec le propriétaire de l'équipe qui a des ennuis financiers, poursuivi par ses fils. Si demain matin ce gars-là doit faire un chèque de 100 millions $ à ses fils, qu'est-ce qui va arriver avec la concession? Je crois que Québec devient une avenue intéressante. Et si ce n'est pas le cas, peut-être que dans quelques années, la Ligue nationale va regarder encore l'éventualité de donner une nouvelle franchise à Québec.»